J’ai entendu que des hadiths indiquent la légalité de psalmodier le Coran… Comment comprendre ces hadith ?
Louange
à Allah
Psalmodier
le Coran signifie ceci :
1/
Le réciter à haute voix tout en s’efforçant à embellir sa vois et à s’imposer
l’humilité, la douceur et l’attrition sans que cela soit artificiel on exagéré.
Psalmodier c’est réciter à haute voix d’après
un hadith du Sahih de Mouslim rapporté par Abou Hourayra selon lequel
le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Allah
n’a rien autorisé mieux qu’Il autorisé à un prophète à Psalmodier le Coran
à haute voix. Le terme « adhan » dérive de « idhn »
une version a utilisé ce dernier terme. Ce qui implique une exhortation à
la belle récitation.
Le
hadith précise la signification du vocable « taghnanni ».L’expression
« lire à haute voix » l’explique. Le terme « djahr »
signifie : réciter à haute et belle voix de façon naturelle non artificielle
; il s’agit de chantonner agréablement. Avant la révélation du Coran, les
Arabes chantonnaient le hudaa (cahant de chemalier) quand ils voyageaient
à dos de chameau, histoire d’agrémenter leurs déplacements, etc…
Après
la révélation du Saint Coran, le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) préféra qu’ils s’en occupassent, élevassent et embellissent leurs voix
en le récitant de façon à substituer cela au chant (profane), tout en veillant
à l’exactitude de la récitation.
Aussi
leur substitua-t-on la joie découlant de l’écoute des chants par celle procurée
par l’audition du Coran. De la même manière, tout ce qui leur avait été interdit
avait été remplacé par une chose meilleure.
C’est
ainsi que la consultation d’Allah (istikhara) se substitua à la divination
à l’aide de « azlam » (flèches ) et le mariage prit
la place du sifah (union libre) etc.
2/
Par taghanni, on peut entendre le fait d’égayer et de susciter l’admiration
des autres sans méditation ni utilisation ni révérence, comme l’indique le
hadith évoquant les signes de l’Heure.
3/
Il est inconcevable que l’on entende par « taghanni » le
fait de se passer des gens (les exégètes) pour se contenter du texte du Coran
du fait des divergences sur le sens et l’inacceptabilité linguistique du sens
(proposé par certains ?)
Le fait de psalmodier
le Coran doit se passer de façon naturelle et ne doit viser la reproduction
des notes musicales pour les utiliser dans l’enseignement et l’entraînement.
Ibn al-Quayyim a mentionné que psalmodier le
Coran naturellement, sans un effort artificiel et sans vouloir enseigner ou
entraîner sur une façon particulier de psalmodier, est permis, même si le
don facilite l’embellissement de la voix.
&A ce propos, Abou Moussa al-Ash’ari avait dit au Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) : « Si j’avais su (que tu m’écoutais),
je l’aurais bien améliorée pour toi ». Ceci ne fait l’objet d’aucun inconvénient.
Si,
en revanche, il s’agit de psalmodier de façon artificielle arrangée et rythmée,
cela a été réprouvé par les ancêtres pieux ; ils l’ont sévèrement critiqué.
Il est bien connu cependant que les ancêtres pieux récitaient le Coran avec
attrition mais de façon agréable ; ils embellissement leurs voix de façon
à exprimer tantôt la tristesse , tantôt la nostalgie, tantôt le plaisir.
Ceci est ancrée dans la nature humaine.
La
bonne explication de la signification de la lecture psalmodiée du Coran.
a) Je dis : certes le
hadith évoquant dans ses différentes versions les signes de l’Heure, ajouté
à l’avis émis par l’imam Malick à leur égard (?) et l’allusion à l’interdiction
de la récitation mélodieuse conduite selon les règles du rythme et de sorte
à dépasser les limites de la récitation (normale) et la pratique exacte et
en opposition à la vénérabilité du Coran, tout cela imlique (disons-nous une
interdiction qui ne fait l’objet d’aucune divergence de vues.
b)
Quant aux hadith rapportés par Anas, Abou Dharr et d’autres (P.A.a), ils décrivent
la façon de réciter des Rebels, (Khawaridj). Ceux-ci récitaient le Coran jour
et nuit, mais leur récitation ne dépassait pas leurs gorges ; ils ne
possédaient aucune connaissance de la Sunna explicative. Car ils avaient été
privés de la compréhension du Coran et de la récompensée réservée à sa récitation.
Les hadith (en question)
indiquent qu’ils allaient sortir de la religion comme une flèche qui transperce
sa cible .Ils impliquent aussi l’ordre de les tuer et les qualifient «
de pires créatures » et révèlent que l’on serait tenté de sousestimer
sa propre prière comparée à la leure. Voilà la description des Rebels et ceux
qui ont suivi leurs pas.
Ibn
Taymiyya a dit : « Le hadith relatif aux Rebels a dix versions authentiques
citées par Mouslim dans son Sahih. Boukhari en a cité une partie. Les
Rebels considéraient les musulmans auteurs de péchés comme des mécréants.
Ils étaient des hérétiques qui avaient leur propre interprétation des textes
qui les exclut de la communauté. Nous demandons à Allah de nous accorder le
pardon et la sécurité pour notre religion et dans notre vie ».
Voilà une description qui concernent spécifiquement
les Rebels et ceux qui leur ressemblent. Les lecteurs (du Coran) de nos jours
n’en font pas partie, à ce que nous sachions.
c)
L’avis émis par l’imam Ahmad s’applique à la production de lettres et de mouvements
superflus résultant d’une prolongation exagérée des lettres de sorte à violer
les critères de la bonne lecture. Cet avis exprime une réprobation poussée
à l’extrême. A ce propos, al-Qadi Abou Ya’ala dit : « L’avis
s’applique à celui qui effectue une lecture défectueuse ; celui qui ajoute
une lettre comme le waw ou le alif au mot « Muhammad »
en disant Mouhaamad. Ceci est interdit unanimement ».
À l’époque de l’imam, les gens utilisaient la poésie
dans leurs chansons et manipulaient les lettres comme il l’entendaient. C’est
dans ce cadre que se situent les critiques adressées par Ishaq al Mawsili
à Ibrahim ibn al-Mahdi. Car ce dernier avait tendance à s les mots.
Formuler de telles critique à l’endroit de celui qui utilise le Coran dans
ses chansons est beaucoup plus pertinent. Mais cela n’existe pas à notre époque.
Allah soit loué.
d) Ibn Taymiya a dit
: « La musique dont les ulémas desapprouvent l’utilisation pour accompagner
la lecture du Coran est celle qui nécessite le raccourcissement des lettres
prolongées, la prolongation des lettres raccourcies, la vocalisation de ce
qui ne devrait pas l’être ou la non vocalisation de ce qui devait l’être.
On agissait ainsi pour suivre les mouvements de la musique. Si cela aboutit
à la modification du régime du Coran et à la transformation des accents en
lettres, il devient interdit.
Réconcilier les arguments
de l’interdiction et ceux en faveur de la permission
Il
n’y a pas de contradiction entre les arguments en faveur de l’interdiction
et ceux en faveur de la permission. Car l’interdiction concerne le cas où
l’on s’écarte des règles de la bonne lecture à cause d’un ajout ou d’une diminution
ou du non respect d’une disposition nécessaire ou obligatoire ou pour la violation
du consensus portant sur la manière de livre.Est encore interdit ce qui est
lu sur la base des règles de la musiques, même si cela ne s’accompagne pas
de l’usage d’un instrument qui permet d’agir sur la voix dans le sens de son
amplification ou de sa diminution et ne s’accompagne pas d’un fredonnement
exprimant états spécifiques de l’esprit du récitateur.
La
permission porte sur tout ce qui est conforme à la bonne lecture et à l’embellissement
de la voix .Si l’embellissement consiste à ajouter, à diminuer ou à violer
le consensus reconnu en matière de lecture, elle est alors prohibée.
Si,
en revanche, il ne s’agit que d’égayer l’auditeur, de l’attrister, de l’assouplir
ou de susciter sa sympathie tout en méditant et en restant révénrencieux ,
cela est recommandable, pourvu de n’affecter ni le sens ni la morphologie
des mots et de ne pas se soumettre au règles d’un rythme.
As-Souyouti
dit : « La récitation du Coran avec accompagnement musical et embellissement
et manipulation de la voix qui ne dépasse pas l’ordinaire est une belle pratique.
Si cela s’écarte de l’ordinaire, il devient abominable donc prohibé ».
L’auteur
du Commentaire de la Rissala dit : « Des propos des imams se dégage
ceci : l’embellissement de la voix accompagnée de l’observance des spécificité
de la mélodie en plus de l’observance de la manière de réciter constitue l’objet
de la divergence.
Certains
ulémas pensent que cela est contraire à la pratique des ancêtres pieux et
que le lecteur peut se dévier de la bonne manière de lire. C’est pour cela
qu’ils soutiennent la non permission pour barrer la voie (a tout dérapage).
Quant
à l’embellissement de la voix dans la récitation du Coran sans se soucier
des exigences du rythme, c’est indiscutablement une exigence.
Ibn
Qudama dit : « Les ulémas sont unanimes à soutenir qu’il est recommandé
de réciter le Coran avec attrition, ralentissement (tartil) et embellissement
de la voix.
Je
dis : ceci est emprunté au hadith de Bourayda « Récitez le Coran avec
attrition car il a été révélé dans la tristesse »et le hadith d’Ibn Abbas
: « Celui qui récite le Coran le mieux est celui qui le fait de manière
à traduire son attrition ». Ces deux hadiths sont faibles et le premier
l’est très.
