Je souffre de la présence d’acides dans l’estomac qui provoque la remontée de liquides acides vers le haut de l’œsophage. Considère-t-on cela comme un facteur de la rupture du jeûne ?

Louanges à Allah

Le refoulement de liquides se manifeste involontairement. On peut sentir la
présence de l’acide ou de l’amertume dans l’œsophage sans que cela remonte vers
la bouche. Dans ce cas, le phénomène n’entraîne pas la rupture du jeûne
puisqu’il ne fait sortir rien de la bouche. Si des aliments sortent de la
bouche de l’intéressé, le phénomène devient assimilable au vomissement ou au
brusque rejet d’aliments. Pour certains, les deux reviennent au même, le
premier terme renvoyant à une grande quantité et le second à une petite
quantité. D’autres établissent une différence entre le faible vomissement et le
violent vomissement qui résulte du trop-plein de l’estomac. Voir al-Madjmou d’an-Nawawi (4/4).

Si on ravale de tels aliments tout en ayant la possibilité de les cracher,
on provoque la rupture de son jeûne. Si on les ravale à cause de
l’impossibilité de les cracher, cela n’aurait aucune incidence sur le jeûne. Se
référer à la question n°

12659.
L’auteur d’ach-charh as-saghir
(1/700) dit à propos du faible vomissement : «Si on ne peut pas
laisser sortir les aliments puisqu’ils n’ont pas dépassé la gorge, cela
n’entraîne rien. »

Ibn Hazm dit dans al-Mouhalla
(4/335) :«Le faible vomissement qui passe à travers la gorge n’invalide le
jeûne que si l’intéressé ravale les aliments qui lui parviennent à la bouche
tout en pouvant les cracher. »Il poursuit plus loin : «A propos du
faible vomissement et du sang qui se dégage des gencives et qu’on ravale vers
la gorge, nous ne sachions rien qui s’oppose à ce qu’ils n’annulent pas le
jeûne. A supposer que la question fasse l’objet d’une controverse, on n’en
tiendrait aucun compte car aucun texte n’en fait des causes de la rupture du
jeûne. » (4/348).

L’auteur d’al-Mountaqa, charh
al-Mouwatta
(2/65) dit : «On a rapporté de Malick qu’il a dit : «Si des aliments refoulés
parviennent à la bouche et qu’on les ravale, on n’est pas tenu de rattraper le
jeûne du jour. » Pour Ibn Qassim, Malick a changé d’avis pour dire que si les aliments
parviennent à un niveau qui permet de les cracher si on le veut et qu’on les
ravale, on est tenu de rattraper le jeûne. Si on les ravale avant qu’ils
n’atteignent à un tel niveau, on n’encourt rien. »

L’auteur d’al-Insaf dit : «Si des
aliments lui remontaient à la bouche et qu’il les ravale, son jeûne serait
rompu selon une précision faite par l’imam Ahmad, quelle que soit la quantité
des aliments puisqu’il peut éviter leur absorption. »

L’auteur de Haciyatoul Adwi (1/448) dit après avoir mentionné ce qui a été dit
à propos du vomissement : «Le vomissement, fort ou faible, proviennent
d’un estomac trop rempli. »