L’année dernière , je souffrais de quelques problèmes de santé qui ont entraîné une grande perte du poids au point que je n’ai pas jeûné durant tout le mois de ramadan compte tenu du conseil de mon médecin. Cette année, les problèmes ont disparu mais je n’ai pas retrouvé mon poids idéal. Mes père et mère et amis intimes m’ont conseils de ne pas observer le jeûne. J’ai engagé une âpre discussion avec eux sur le sujet car je sens que j’ai assez recouvré mes forces pour pouvoir jeûner. Ma mère a appelé l’imam de la mosquée du district pour lui expliquer mon cas. Il a répondu qu’il ne convenait pas que j’observe le jeûne aussi long temps que mon poids restera en deçà de l’idéal. Devrais-je écouter leur conseil, quitte à rattraper le jeûne quand j’aurais complètement recouvré ma santé ou faudrait-il que je jeûne quelle que soit la situation?

Louanges

à

Allah

Nous demandons

à

Allah Très-haut de vous
accorder un prompt et parfait
rétablissement . Il faut solliciter
l’avis du
médecin spécialiste qui a veillé

sur votre
traitement. S’il confirme votre
capacité

de supporter le jeûne et exclut
qu’il ait un

impact négatif sur votre
santé

 ou constitue une

entrave

à votre rétablissement, ce serait rassurant pour vos père et mère, s’il plait

à

Allah. C’est alors que vous
vous mettrez

à

jeûner après avoir sollicité

l’assistance d’Allah.

Si, en revanche, le médecin pense que le jeûne vous sera pénible et
susceptible de provoquer quelques problèmes de santé, il vaut mieux ne
pas l’observer dans ce
cas. Vous le rattraperez plus tard, quand vous serez guéri avec la
permission d’Allah.

Le malékite, ad-Dardiri, (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde- a dit:

« Il est
permis , sur la base de l’avis d’un médecin , de ne pas
observer le jeûne en présence d’une maladie
qu’on craint voir s’aggraver ou guérir plus lentement.
C’est aussi le cas
quand le jeûne entraîne peine et
souffrance pour le malade. »

Extrait de

ach-charh al-kabir qui accompagne le
commentaire marginal d’ad-Doussouqui (1/535).

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde)

 

a dit:

« Ce qui justifie la
non observance du jeûne, c’est la maladie qui
risque de s’aggraver ou de guérir plus
lentement . Voilà

un justificatif (de
l’abandon du jeûne). En effet, si
on craint l’aggravation de la
maladie ou le retard de la guérison ou que le
jeûne

n’entraîne

une peine pour le malade, dans
tous ces cas, on permet

à

celui-ci de ne pas
observer le jeûne.

Quant aux souffrances sans rapport

avec le jeûne comme le mal
au dent ou au doigt,
elles ne justifient pas l’abandon du
jeûne

à

moins qu’il y ait d’autres conséquences. Un simple
mal au dent ne permet pas
de ne pas observer le jeûne. Si toutefois le dentiste
disait au patient:

« si tu te nourris
bien,

ça va atténuer ta souffrance,
nous dirions
qu’il n’y a pas d’inconvénient car parfois la
sous alimentation est susceptible de
prolonger une maladie et une souffrance. Il en est de même pour le mal aux
yeux

 en ceci
que s’il s’aggrave

à

cause du jeûne, on s’en abstient. Autrement, on l’observe.»

Extrait de

taaliqaat
alla al-kaafi
d’Ibn Qudama (3/123) suivant la
numérotation
automatique de la

chamilah

 La seule baisse du
poids par rapport

à

la normale ne
justifie pas la non observance du
jeûne. Car il faut en
plus envisager les conséquences du jeûne en fait de
fatigues ou de préjudice et voir la possibilité

de compenser dans
la nuit le déficit nutritif dû

au jeûne
observé. Aussi faut-il
prendre l’avis d’un
médecin sûr
et s’y conformer. Pour en savoir
davantage, se référer

à

la fatwa n°140246.

Allah le sait mieux.