Au départ, je n’observais pas la prière. Puis je me suis repentie et me suis remise à prier. Allah en soit loué. Maintenant mon problème est que j’oublie souvent et je commets beaucoup d’erreurs au cours de la prière. Je vais vous en citer quelques unes afin que vous me disiez ce qu’il en est des prières qui en sont entachées. Par exemple, je récite la sourate Fatihah puis un mot ou deux lettres ou trois d’une autre sourate avant d’interrompre la récitation pour aller commencer la récitation d’une autre..Est-ce permis? Encore, m’est il permis de réciter la même sourate dans chaque prière? Parfois, quand je me relève de la prosternation pour me remettre debout afin d’entamer la deuxième rak’aa, je me rends compte que je lève ma main par inadvertance en prononçant le takbiir puis je ramène ma main immédiatement sur ma poitrine…Cette manière de prier est il exacte? Parfois, il m’arrive au moment où je me redresse de l’inclinaison de lever ma main et de la baisser ensuite sans la mettre sur ma poitrine, mais quand je me ressaisis je la ramène à sa juste position sur ma poitrine. Est-ce permis? Est-il permis, soit quand on observe la posture assise entre les deux prosternations précédent l’invocation du milieu de prière, soit quand on observe celle de fin de prière, de dresser les deux pieds et de mettre son derrière dessus (tantôt je joins les deux pieds tantôt je les sépare un peu et j’adopte la même posture quand je me prosterne)?

Parfois, il m’arrive au cours de la récitation d’oublier une lettre en disant par exemple at-tahiyyaatou lillahi as-salawatou at-tayybaatou lillah  vous remarquez que je n’ai pas dit wa as-salwatou at-tayybaatou. Il en est de même quand j’en arrive à la prière abrahamique car je dis parfois: allahoumma salli ala muhammad wa alaa aali Muhamamd kama salayta alaa Ibrahimam wa alaa aali Ibrahima innaka hamiidoun madjiidoun wa baarik alaa Muhammad wa alaa aaliMuhammd kama baarakta alaa Ibrahima wa alaa aali Ibrahima innaka hamiiddoun madjiid. Il m’arrive parfois d’en oublier un fragment..Est-ce permis?

Est-il permis de rectifier ses erreurs de récitation commises au cours de la prière, quelle que soit leur objet? Est-il permis d’orienter son regard vers autre chose que son point de prosternation? S’agissant de la manière de s’habiller pendant la prière, je porte une tenue dotée de boutons qui laissent découvert le cou et une petite partie de la poitrine. Je mets dessus un grand foulard qui couvre la poitrine et le cou. Mais au moment de me prosterner ou de m’incliner mon cou et ma poitrine peuvent être visibles par celui qui me regarderait du derrière ou du bas. Est-ce permis? Si ma manière de prier est erronée, cela signifie-t-il encore que mon jeûne devient invalide? Désolée d’avoir été longue! Puisse Allah vous récompenser par le bien.

Réponse

Louanges à Allah

Premièrement, il est préférable de terminer la sourate que
vous avez commencée. Si vous vous déplacez à une autre sourate avant de la
terminer, vous n’encourez rien. Votre prière demeure juste.

Deuxièmement, se lever les mains au cours de la prière fait
partie de ses aspects recommandés par al Sunna. Ce n’est donc pas une erreur
comme vous le croyez. Si vous vous en absteniez, cela n’aurait aucun impact sur
votre prière. Il en est de même pour le fait de replacer la main sur la
poitrine après l’avoir levée. Voir la réponse donnée à la question n°
3267 qui comprend l’explication des
moments où l’on doit lever les mains.

Troisièmement, concernant la manière de s’asseoir, voir la
réponse donnée à la question n° 103886. Voir
la description de la manière de prier du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) (13340).

Quatrièmement, la récitation de la prière abrahamique est
une sunna (acte recommandée). En omettre une lettre ou deux ne vous expose à
rien et votre prière n’en est pas moins valide, s’il plaît à Allah Très-haut.

Cinquièmement, si une erreur est commise dans la récitation
de la Fatihah, il faut la corriger car la correcte
récitation de cette sourate constitue un pilier de la prière qui en conditionne
la validité. Si l’erreur est commise dans la récitation d’une autre sourate, il
faut encore la corriger mais sa non correction au cours de la prière n’en entraîne
pas la nullité. Il n’ y a aucun inconvénient non plus à passer d’une sourate à
une sourate, même s’il est préférable de compléter la sourate déjà entamée. De
même, aucun inconvénient à répéter la même sourate après avoir récité la Fatihah dans le cadre de la même rak’aa
ou de la même prière, si cela est plus facile pour vous, ou si vous mémorisez
mieux la sourate répétée.

Sixièmement, la Sunna enseigne qu’en prière on oriente son
regard vers le point de prosternation. Voir la réponse donnée à la question n°
25848. Il est surtout réprouvé de se
retourner en priant. Voir des détails dans la réponse donnée à la question n°
160647.

Septièmement, si votre prière s’annule à cause d’un facteur
apte à en entraîner la nullité, cela ne s’étend pas à votre jeûne car aucun
lien n’existe entre les deux pratiques.

Huitièmement, il faut cacher les parties de son corps  dont la couverture est requise dans la
prière. Si une femme prie tout en les laissant découvertes, sa prière n’est pas
valide. Tout le corps de la femme en prière est à couvrir, exception faite des
mains et du visage. Pour en savoir davantage, voir la réponse donnée à la question n°
135372 et la réponse donnée à la question n°
126265

Neuvièmement, si le vêtement que vous portez est tel que
chaque fois vous vous inclinez ou vous prosternez une partie de votre corps (le
cou, la poitrine ou d’autres) se découvre, votre prière n’est pas valide en
raison de ce qui est déjà dit sur la nécessité de se couvrir le corps.

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit :«Si on priait vêtu d’une chemise largement ouverte du côté
supérieure au point qu’on voit les parties intimes de son corps à partir de
cette ouverture pendant ses inclinaisons, ses prosternations ou autres gestes
de la prière, celle-ci ne serait pas valide car il faut fermer les boutons de
la fente ou se ceindre à l’aide d’une ceinture ou couvrir la coupure à l’aide
quelque choses à se mettre sur les épaules ou consort.» Extrait de Rawdatou Talibiine (1/284).

Si une partie de la région à couvrir se découvre
accidentellement, comme cela arrive quand un pan du vêtement se soulève
involontairement et laisse apparaître un organe intime, le musulman en prière
doit s’empresser à la couvrir dès qu’il en a conscience. Sa prière n’en sera
pas invalidée et partant il n’aura pas à la reprendre. Voir la réponse donnée à
la question n° 135372.

Quant aux prières entachées d’erreurs que vous avez déjà
accomplies, vous n’encourez rien car vous étiez ignorante. Vous n’êtes pas
tenue de les rattraper. Vous devez plutôt faire de votre mieux tout de suite
pour vous instruire et viser avant tout la connaissance de la sunna
authentique. Ne vous laissez plus emporter par des obsessions et des
intrigues  susceptibles de gâter vos
pratiques cultuelles.

Allah le sait mieux.