Est il permis de donner des animaux à sacrifier au profit de nos frères de la Somalie en utilisant la voie du chèque à sacrifice délivré par la Banque d’Egypte et compte tenu de la famine qui sévit dans ce pays, ou est il préférable d’égorger le sacrifice sur place?

Louanges à Allah

Il est préférable qu’on
égorge soi-même son sacrifice, en vertu de ce qui a été rapporté d’après Anas
selon lequel le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a sacrifié deux
béliers blancs porteurs de tâches noires. Je l’ai vu placer son pied sur leurs nuques , prononcer le nom d’Allah et dire Allah akbar avant de les égorger de sa propre main.»
(Rapporté par al-Bokhari,5558
et par Mouslim,1966).

Il est permis de se
faire remplacer pour égorger l’animal à sa place ,
même en l’absence d’une excuse. En effet, Djaber a
rapporté que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a égorgé
soixante trois bêtes de sa propre main. Puis il laissa Ali égorger le reste des
bêtes.» (Rapporté par Mouslim,1218).

Dr Wahbah
az-Zouhayli (Puisse Allah le protéger) dit: «Il est
recommandé à celui qui veut sacrifier des bêtes de les égorger lui-même, s’il
le peut, puisqu’il s’agit d’un acte entrepris pour se rapprocher d’Allah. Or il
est préférable de faire un tel acte soi-même au lieu de s’y faire remplacer. Si
on ne sait pas égorger, il vaut mieux le faire faire par un musulman capable de
le faire correctement. Dans ce cas, il est recommandé au principal intéressé
d’assister à l’acte conformément à la parole du prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) adressée à Fatimah (P.A.a): «Ô Fatimah! Va
assister à l’égorgement de ton sacrifice.» Ceci fait l’objet d’un consensus au
sein des écoles juridiques musulmanes. Extrait de al-Fiqh
al-islami wa adillatouh
(4/273).

Quant au sacrifice fait
hors son pays, il fait l’objet d’une divergence de vues au sein des ulémas. Dr Wahbah az-Zouhayli dit dans son
ouvrage susmentionné (4/282): «Quant à son transfert (du sacrifice) d’un pays
vers un autre, les hanafites soutiennent qu’il est réprouvé  de transférer un sacrifice d’un pays vers un
autre, à moins que cela ne profite à son village natal ou à des gens qui en
éprouvent un plus grand besoin par rapport 
à ses compatriotes. Le transfert est jugé suffisant mais réprouvé.

Pour les Malikites, il
n’est pas permis de faire ledit transfert sur une distance justifiant le
raccourcissement de la prière (85km) ou plus loin, à moins qu’il ne vise à
privilégier des gens qui en éprouvent un plus grand que celui des gens du lieu
de provenance. Dans ce cas, il faut transférer la majeure partie de la zakat et
distribuer  le reste  aux siens.

Les hanbalites et les chafiites emboitent le pas aux
malikites mais soutiennent le transfert de la zakat du pays de collecte sur une
distance inférieure à celle justifiant le raccourcissement de la prière.
Toutefois, il est interdit de transférer un sacrifice vers une destination
égale à ladite distance. Si on le fait, l’acte suffit. Un groupe de
contemporains ont choisi la permission de transférer le sacrifice hors de son
pays pour en faire profiter des musulmans qui en éprouvent le plus grand
besoin.

Cheikh Ibn Djabrine (Puisse Allah lui accorder  Sa miséricorde) a été interrogé en ces
termes: «L’Organisation Islamique Internationale de Secours(OIIS) basée en Arabie Saoudite présente ses
compliments  à votre éminence et demande
à Allah de permettre aux musulmans de profiter éternellement de votre savoir et
de vous accorder la meilleure récompense pour vos efforts.

Je me réfère à votre
fatwa autorisant la dite Organisation à percevoir les prix des sacrifice auprès
des fidèles pour acheter des animaux à sacrifier au moment opportun et les
distribuer aux musulmans démunis des pays les plus pauvres donc qui en
éprouvent le plus grand besoin. Etant donné que certaines associations
saoudiennes mènent des activités dans ce domaine  depuis des années en se fondant sur ladite
fatwa alors que l’Organisation est gênée dans ses rapports avec les  musulmans pauvres de l’Etranger en raison de
la cessation de sa distribution des sacrifices dans leurs pays. Voilà pourquoi
j’espère que votre éminence daigne me fournir le texte religieux relatif à
cette affaire.

Voici sa réponse: «Nous
avons reçu votre message dans lequel vous nous demandez de vous expliquer le
statut de l’envoi de la valeur des sacrifices pour qu’on les égorge à
l’Etranger et les distribuer aux musulmans pauvres puisque vous aviez appris
notre fatwa autorisant l’Organisation Islamique Internationale de Secours
(OIIS) à percevoir les prix des sacrifices auprès des fidèles pour acheter des
animaux à sacrifier au moment opportun et les distribuer aux musulmans infortunés
des pays les plus pauvres donc qui en éprouvent le plus grand besoin.

Nous nous
sommes certes exprimés comme nous l’avons fait en tenant compte de la sagesse
qui sous tend  l’égorgement des
sacrifices, à savoir la revivification de la Sunna et la facilitation de la vie
aux musulmans au cours des jours de fête qui sont des journée de joie et de
réjouissance.

Nous  avons encore tenu compte du fait que le
Royaume d’Arabie Saoudite abrite des gens aisés très attirés par la
bienfaisance qui recommandent souvent la multiplication des sacrifices au point
qu’on trouve dans le même foyer de nombreuses recommandations portant sur des
sacrifices et offrandes alors qu’il demeure rare de trouver des pauvres ayant
besoin de les consommer pendant les jours de fête.

C’est pourquoi nous
avons jugé plus approprié d’en envoyer la valeur à des pays pauvres afin qu’on
y achète des animaux et les sacrifie pendant les jours de la Fête au nom des
donneurs et les distribuer aux musulmans pauvres issus de la communauté des
fidèles à la Sunna. C’est mieux que de les congeler pour permettre aux auteurs
de sacrifices de consommer la viande durant plusieurs mois.

Si toutefois il y a des
pauvres locaux, ils méritent plus que les autres qu’on leur fassent
bénéficier des sacrifices de manière à couvrir leurs besoins et à les
réhabiliter (socialement). Voilà ce que nous pensons. Vous pouvez solliciter
une fatwa auprès d’autres. Puisse Allah veiller sur nous tous. Puisse-t-Il bénir et saluer Muhammad, sa famille et ses
compagnons.» Extrait du site web du Cheikh.

Il a encore été
interrogé (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) en ces termes: «Est il
permis d’envoyer la viande des sacrifices à l’extérieur du Royaume d’Arabie
Saoudite pour en faire profiter des pauvres et des nécessiteux comme ceux de la
Bosnie Herzégovine, du Soudan, des pays africains et de tous les pays
islamiques vu les besoins ressentis dans ces zones? Dites nous ce qu’il en est.
Puisse Allah vous protéger.»

Voici sa réponse : «Il
est préférable d’égorger les animaux à sacrifier dans le pays où se trouve
l’auteur du sacrifice afin que l’opération se passe en sa présence et qu’il
puisse prononcer le nom d’Allah, manger de la viande en offrir une partie aux
autres et faire aumône d’un autre tiers. Si toutefois le pays est tellement
riche qu’on y trouve pas de pauvres et si les gens qui reçoivent de la viande
en cadeaux les conservent pendant des jours alors qu’ils possédaient déjà de la
viande suffisante pour leur consommation annuelle, si tel est le cas, il est
permis d’envoyer de la viande à ceux qui en ont besoin dans les pays pauvres et
n’en trouvent que rarement. Mais il faut alors s’assurer que les animaux soient
égorgés pendant les jours prévus à cet effet et vérifier les normes d’âge, d’ intégrité physique des bêtes et de l’honnêteté des
personnes chargées d’exécuter l’opération. Allah le sait mieux.» Extrait du
site web du Cheikh (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde).

On trouve dans le Site
du musulman
supervisé par le Dr Nassir al-Omar (Puisse Allah les protéger) une fatwa sur l’envoi  des sacrifices à  un endroit autre que le lieu de résidence du
sacrifiant

 Voici comment la question est formulée: le
statut de l’envoi d’un sacrifice  par son
auteur afin qu’on l’égorge ailleurs, soit à l’intérieur du territoire de son
pays ou dans un autre pays compte tenu de la présence dans le pays de
destination de musulmans qui éprouvent un plus grand besoin des cette viande
comparés aux musulmans de son pays?

Louanges à Allah, Maitre des univers. Bénédiction et salut sur Son noble
messager, sur sa famille et sur tous ses compagnons. Cela dit, sachez, ô cher
auteur de la question, que figure parmi les intérêts majeurs que la Charia vise
à réaliser comme l’un de ses plus grands objectifs, l’établissement d’un ordre
de priorité pour bien s’occuper  des
musulmans nécessiteux et pauvres. Figure parmi les intérêts bien réels qui
s’inscrivent dans ce chapitre la permission de transférer de la viande d’un
pays vers un autre, étant donné l’absence dans le livre d’Allah et dans la
Sunna de Son messager (Bénédiction et salut soient sur lui) d’une disposition
s’y opposant et étant donné que la chose est en principe permise.

Si la zakat, considérée
par consensus comme une obligation religieuse, peut être transférée d’un pays
vers un autre compte tenu d’un intérêt et d’un besoin, que dire du sacrifice
qui n’est que recommandé?! Cependant des ulémas l’interdisent en évoquant la
perte du rituel dont Allah Très haut dit: «Nous vous avons désigné les chameaux
(et les vaches) bien portants pour certains rites établis par Allah. Il y a en
eux pour vous un bien. Prononcez donc sur eux le nom d’Allah, quand ils ont eu
la patte attachée, (prêts à être immolés). Puis, lorsqu’ils gisent sur le
flanc, mangez-en, et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. Ainsi
Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants.» (Coran,22:36).Le fait de tirer un argument de ce verset est
discutable pour deux considérations:

La première est que les
gens  ne sont pas tous d’accord sur
l’envoi de leurs sacrifices pour qu’ils soient égorgés hors de leurs pays. Il y
a toujours des gens qui font leurs sacrifices chez eux pour perpétuer le rituel
sus-indiqué.

La deuxième est que , à supposer que tout le monde fasse faire le sacrifice
hors de leur pays, l’essentiel du rituel demeure et se maintient tout en
s’exportant  remarquablement ailleurs, dût cela entraîner une diminution de l’observance du rite
dans le pays du sacrifiant, diminution justifiée par des besoins et des
intérêts. Il s’y ajoute que la finalité du sacrifice est de répandre
l’observance du rite dans tous les pays et d’en faire profiter à tous les
musulmans pauvre. Allah le Puissant et Majestueux dit: «Ni leurs chairs ni
leurs sangs n’atteindront Allah, mais ce qui L’atteint de votre part c’est la
piété» (Coran,22:37).

Il est rapporté dans les
Deux Sahih d’après Abou Assim
d’après Yazid ibn Abou Oubayd
qui le tenait de Salamah ibn al-Akwah
(P.A.a) selon lequel le Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : «Que celui d’entre vous qui fait un sacrifice
n’en conserve pas la viande chez lui plus de trois jours.» L’année suivante les
gens lui dirent : «Ô Messager d’Allah! Devons nous faire comme l’année
passée?» Il dit: «Mangez en une partie et faites en manger et conservez en (une
partie). L’année écoulée était marquée par une disette et j’ai voulu y favoriser
l’entraide.»

Tenant compte des
besoins des gens, le législateur leur a interdit la conservation de la viande
au-delà de trois jours. Puis l’interdiction fut levée, sa cause  ayant disparue. Dès lors, nous n’éprouvons
aucune gêne quand nous émettons une fatwa autorisant le transfert de la viande
d’un pays vers un autre pour répondre aux besoins des musulmans. Il est
vrai  qu’un immense nombre de ces
derniers se couchent à même le sol et n’ont pour couverture que le ciel et ils se
tordent de faim.

Le besoin se fait sentir
de se tenir à leurs côtés, de les secourir grâce aux recettes de la zakat, aux
aumônes et au transfert des sacrifices vers eux. En effet, il n’est pas dit que
le sacrifice ne doit être fait qu’au pays de son auteur. Si ce dernier rate la Sunna
qui veut qu’il mange de la viande de son sacrifice, il ne rate pas l’intérêt
que représente le secours apporté à des musulmans pauvres pour couvrir leurs
besoins. Allah le sait mieux. Puisse Allah bénir et saluer notre prophète,
Muhammad, sa famille et ses compagnons.

http://almoslim.net/82242

Cela étant, il n’ y aucun
inconvénient à ce qu’on donne de l’argent à quelqu’un pour faire égorger son
sacrifice en Somalie, à condition que le mandataire soit digne de confiance et
qu’il égorge le sacrifice pendant les jours prévus à cet effet.

Allah le sait mieux.