Comment nous éloigner du phénomène de la tricherie à l’école au cours des examens. Nous trichons pour avoir d’importantes notes. Ce sont nos pères qui nous incitent à le faire. Certes, nous craignons l’échec et l’obtention de notes insuffisantes qui nous exposent à l’humiliation et à la sanction. Il est vrai que nous ne trichons pas toujours mais nous y avons recours chaque fois que nous éprouvons le besoin d’avoir des notes honorables. Malheureusement, la pratique a fini par prendre l’allure d’une habitude difficile à abandonner. Que nous conseillez-vous ?

Pour une raison ou une autre, une institutrice a autorisé à l’une de mes amies de terminer les examens chez elle et pris sur elle l’engagement de ne dire à personne qu’on lui a donné cette autorisation. Mon amie s’est rendue à la maison et a terminé les examens grâce à la tricherie puisqu’elle a recopié (ses réponses) à partir d’un livre et obtenu une bonne note qui pourtant n’est pas honorable.

Elle s’est comportée comme elle l’a fait sous prétexte que l’institutrice n’avait pas pris sur elle l’engagement de ne pas tricher mais seulement celui de ne pas informer les autres (de la faveur qui lui a été faite). Pourtant elle reste inquiète et craint de subir une sanction divine en plus de celle pouvant lui être infligée par sa famille. Que devrait-elle faire ?

Louanges à Allah

La tricherie est interdite aussi bien dans les
ventes, les achats, les examens ou ailleurs, compte tenu de la portée générale
de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) (rapporté par Mouslim, 102) à partir d’un hadith d’Abou Houyrayrah (P.A.a).

Cheikh Ibn Outhaymine
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « La tricherie
dans les examens est interdite. Pire, elle fait partie des péchés majeurs. Cela
est plus particulièrement le cas quand la tricherie entraîne des conséquences
dans le futur comme la perception d’un salaire, l’occupation d’un poste et
d’autres moyens de réussite. » Extrait abrégé de fatawa
nouroune alaa ad-darb (24/2). Pour connaitre
les dégâts que provoque la tricherie, se référer à la réponse donnée à la question n°
95776.

Il n’est pas permis de tricher pour donner
satisfaction au père ou à la mère car il n’est pas permis de chercher à les satisfaire par un acte de désobéissance envers Allah en
aucun cas. Ceci s’atteste dans ce hadith rapporté par Ibn Hibban
dans son Sahih (276) d’après Aicha (P.A.a) selon laquelle le Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) a dit : « Quiconque cherche à satisfaire les
gens au point de mécontenter Allah fera l’objet du dépit d’Allah et Allah
rendra les gens mécontents de lui. » (Hadith jugé authentique par al-Albani dans sahih at-targhib, 2/271).Al-Bayhaqui
a rapporté dans Chou’ab al-iman
(209) qu’Ibn Massoud (P.A.a)  a dit : « Le vrai motif de
satisfaction est de ne pas chercher à satisfaire les autres au point de
mécontenter Allah. »

Nul doute que les père et mère n’aiment pas que
leurs enfants s’habituent à la tricherie dès leur jeune âge. Ils n’aiment pas
non plus qu’ils obtiennent de bonnes notes grâce à la tricherie. Ils veulent
plutôt qu’ils réussissent grâce à leurs propres efforts pour acquérir le
savoir.

Celui qui veut réussir et obtenir de très bonnes
notes doit travailler sérieusement et réviser sans tricher. La tricherie est
détestée et les gens détestent le tricheur. C’est tout le contraire de la
sincérité et de l’honnêteté et le synonyme du mensonge et de la trahison.
L’homme raisonnable doit l’éviter.

Quand le musulman saisit cette description de la
tricherie dans les examens et quand il prend exemple sur  les gens qui révisent sérieusement, il se
détourne  résolument de cette mauvaise
pratique.

S’agissant de l’autorisation donnée par une
institutrice à une élève de terminer les examens chez elle, elle constitue une
trahison par rapport à la confiance placée en elle et une injustice à l’égard
des autres élèves qui n’ont pas eu la même faveur, à supposer que les
dispositions réglementaires le permettent- ce qui ne saurait être
absolument  pas le cas. En plus, cela
revient à faciliter la tricherie à l’élève concernée et à lui permettre
d’obtenir des notes, un résultat et un rang qu’elle ne mérite pas.

Cheikh Ibn Baz (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé sur la tricherie dans les
épreuves scolaires au su des enseignants ?

Voici sa réponse : « La tricherie dans
les épreuves scolaires est interdite comme elle l’est dans les transactions. Il
n’est permis à personne de tricher dans une matière. Si un enseignant
l’approuve, il est le complice de l’élève et partage son péché et sa
trahison. » Extrait de Madjmou’ fatawa Ibn Baz (6/397). Voir
la réponse donnée à la question n° 136774.

Allah Très haut le sait le mieux.