L’un de mes oncles maternels est décédé laissant derrière lui six enfants.. Puis-je prendre en charge l’un d’eux ? Les proches parents doivent-ils être exclus d’une telle prise en charge ? L’acte serait-il valable si je me trouvais dans un pays arabe autre que celui où réside l’enfant, et si je me contentais de lui envoyer une somme une fois par mois et de lui apporter des cadeaux pendant les visites que je rends à la famille au cours de mon congé annuel ? L’argent envoyé peut-il consister en deux tranches (une par semestre) ?
Louanges à Allah
Nul doute que la prise en charge d’un orphelin fait partie des grandes
actions de bienfaisance les plus louables. Allah l’a ordonné dans Son livre.
Et notre Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) en a mentionné le
mérite dans sa Sunna.
Allah le Très Haut a dit : «Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé.
Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins,
les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur,
et les esclaves en votre possession, car Allah n’ aime pas, en vérité, le
présomptueux, l’ arrogant, » (Coran, 4 : 36) et a dit : « Mais
la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre
et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu’ amour qu’ on en ait, aux
proches, aux orphelins…» (Coran, 2 : 177).
D’après Sahl ibn Saad, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
a dit : « Celui qui prend en charge un orphelin sera logé à mes
côtés au paradis comme ça (il fait un geste de ses doigts : l’index et
le majeur) (rapporté par al-Boukhari, 5659).
D’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : « celui qui prend en charge un orphelin, des
siens ou des autres, sera logé au paradis à mes côtés comme ces deux :
(il fait un geste de ses doigts, l’index et le majeur) (rapporté par Mouslim,
2983).
La prise en charge ne doit pas profiter exclusivement aux étrangers,car
proches et étrangers doivent pouvoir en bénéficier également. La récompense
attribuée pour la prise en charge d’un orphelin proche est doublée de celle
liée au bon entretien des liens de parenté. Ceci s’atteste dans le hadith
d’Abou Hourayra (P.A.a) cité plus haut.
Al-Hafiz dit dans al-Fateh : « l’expression « des
siens » renvoie au cas où l’auteur de la prise en charge est un grand
père, un oncle paternel, un frère ou un proche parent du bénéficiaire. C’est
aussi le cas de la mère qui se substitue au père décédé ». (10/436).
An-Nawawi dit : « Quant à l’expression : des siens ou des
autres », elle renvoie aux cas respectifs de celui qui se trouve être
un proche de l’orphelin comme son grand père, sa mère, sa grand mère, son
frère, sa sœur, son oncle paternel, son oncle maternel, sa tante paternelle,
sa tante maternelle ou d’autres proches parents, et celui qui est étranger
à l’orphelin ». Charh Mouslim, 18/113.
Cela dit, vous pouvez envoyer les frais
de la prise en charge d’un pays à un autre ; vous pouvez encore effectuer
le transfert en deux tranches ou plus, pourvu de tenir compte de l’intérêt
de l’orphelin et de faire en sorte qu’il ne se retrouve pas dans le besoin.
Une fois l’argent arrivé dans le pays de résidence de l’orphelin, celui
qui est chargé de sa gestion doit le dépenser avec parcimonie pour l’entretien
vital du bénéficiaire.
Ô frère, sachez que l’un des aspects
les plus importants de la prise en charge de l’orphelin consiste à lui assurer
une bonne éducation islamique ; veuillez donc a adapter son éducation
aux étapes de sa croissance, de manière à employer les moyens les plus efficaces
comme de petits livres, des cassettes, tout en vous occupant de lui pendant
votre congé, afin de laisser un bon impact sur lui. – avec la permission
d’Allah – et de l’entourer de compassion et de tendresse pour compenser ce
qu’il a perdu .
Nous demandons à Allah de confirmer votre récompense et de multiplier
vos pareils au sein de la Umma. Voir la
question n° 5201.
