En tant que mère musulmane, j’essaie de donner à mes enfants une éducation islamique, quels conseils me donnez-vous si j’avais à fouiller les effets personnels des enfants ?

Si je découvrais quelque chose d’interdit, aurais-je le droit de le prendre pour le détruire tout en sachant que l’objet concerné est une propriété des enfants ?

Louange à Allah

Notre conseil est que la mère ou le père fouille
périodiquement les bagages de leurs enfants parce que Satan peut embellir aux
enfants l’acquisition d’un objet interdit qu’il n’est pas permis de regarder
ou d’écouter. C’est une responsabilité qu’Allah a prescrit aux parents par rapport
à leurs enfants.

La vigilance des parents, leur bonne protection
de leurs enfants et leur éradication du mal dès son apparition, ont été à l’origine
de la bonne conduite des enfants et de leur abandon des mauvais actes et des
péchés.

 Il est facile de les
amener à se méfier d’une mauvaise compagnie dès le début, mais il est très difficile
de convaincre les enfants de se débarrasser des mauvais compagnons après une
longue compagnie.

Dans beaucoup de cas, on peut connaître ce que
les enfants cachent en fouillant leurs sacs ou en lisant leurs livres ou en
faisant la connaissance de leurs copains…

Que de jeunes ont souhaité que leur famille
eût surveillé leur comportement et fouillé leurs bagages dès le début de leur
vie avant que la perversion ne s’installe dans leur cœur !

C’est pourquoi nous formulons ce conseil. Que
la fouille se passe périodiquement et à leur insu, afin d’éviter qu’ils soient
au courant et cachent les objets suspects qui se trouvaient dans leurs bagages.

Ces fouilles ne se justifient que si l’on décèle
des signes de déviation chez l’enfant. Si celui-ci reste apparemment droit et
s’éloigne des mauvais actes, personne n’a le droit de le surveiller ou de fouiller
ses affaires personnelles puisque cela relèverait de la conjuration et de l’espionnage.
Or Allah le Très Haut les a interdits en ces termes : «Ô vous qui
avez cru! Évitez de trop conjecturer (sur autrui) car une partie des
conjectures est péché. Et n’ espionnez pas..» (Coran, 49 : 12).

Si le père ou la mère découvre un objet interdit,
ils doivent le détruire et donner des conseils à son détenteur.

Abou Said al-Khoudri a dit : « J’ai
entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dire :
« Que celui d’entre vous qui constate un mal le change par sa main. S’il
ne le peut pas qu’il le change par sa langue. S’il ne le peut pas qu’il le désapprouve
en son cœur, cela étant la plus faible manifestation de la foi ». (rapporté
par Mouslim, 49).

Al-imam an-Nawawi a dit : « La parole du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) : « qu’il le change » exprime une impérative
selon l’avis unanime des membres de la Umma. En effet, le Livre, la Sunna et le Consensus de l’Umma confirment la nécessité d’ordonner le bien et de défendre
le mal. Agir dans ce sens relève de l’échange de bons conseils recommandé par
la religion.

Ordonner le bien et interdire le mal est une
obligation communautaire. Si certains l’acquittent, les autre en sont dispensés.
Si personne ne l’acquitte, tout ceux qui s’en abstiennent, sans excuse ni crainte,
tombent dans le péché…

Cela peut devenir une
obligation personnelle pur celui qui se trouve dans un endroit où il est le
seul à connaître le mal ou à être capable de l’éradiquer. C’est le cas de celui
qui voit son épouse, son enfant ou son domestique entrain de faire du mal ou
de négliger le bien.

Al-Qadi Iyadh (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit : ce hadith traite de la manière de
changer. Celui qui veut changer doit s’y prendre à l’aide de tout moyen efficace ;
qu’il s’agisse de la parole ou de l’acte consistant à casser les instruments
du faux et à déverser les substances enivrantes ou à donner l’ordre de procéder
à ces actes  ou à retirer l’objet usurpé pour le restituer à son propriétaire
ou à donner un ordre dans ce sens, si on peut le faire.

Le changement doit se faire doucement quand
on traite avec un ignorant ou avec un injuste puissant et redoutable puisque
c’est plus à même de faire accepter la parole de celui qui veut changer. Charh
Mouslim, 2/22-25. Allah le sait mieux.