Le Coran étant complet, à quoi sert la Sunna?

Louanges
à Allah

Premièrement,

 Les ennemis de la religion ne cesseront de
s’attaquer à la religion d’Allah Très-haut sous diverses formes et méthodes.
Ils distillent de fausses objections au sein de la masse musulmane. Des gens à
la foi faible et des musulmans ignorants les suivent. Pourtant, si l’un d’entre
eux prenait le temps de réfléchir, il comprendrait que les dites objections
sont vides et le prétendues preuves ne tiennent pas debout.

Fait
partie des réponses les
plus faciles que l’homme du commun pourrait opposer à ces objections futiles,
le fait de se poser cette question: combien de rakaa dois-je accomplir lors de la première prière de l’après midi? Quel est le minimum imposable en matière de zakat? Voilà deux questions faciles que le musulman ne peut
éviter de se poser. Pourtant, il ne trouvera pas leur réponse dans le livre d’Allah
Très-haut. En revanche, il trouvera qu’Allah a donné l’ordre de prier et de
donner de la zakat. Comment appliquer ces ordres sans étudier la sunna prophétique?

C’est
impossible. C’est pourquoi le besoin du Coran de la Sunna est plus grand que le
besoin de cette dernière du premier. A ce propos, l’imam al-Awzaai
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Le
besoin du Coran de la Sunna est plus pressant que le besoin de la Sunna du
Coran.» Voir al-Baher al-mouhit
par Zarkachi (6/11) et cité par Ibn Mouflih al-Hanbali dans al-Aadab ach-chariyya (2/307)
d’après Makhoul, un homme de la génération venue
immédiatement après les Compagnons.

Nous
ne pensons que du bien de l’auteur de la question. Nous pensons qu’il n’a posé
sa question que pour comprendre comment répondre à ces objections dont les
auteurs prétendent glorifier le saint Coran.

Deuxièmement, fait partie des approches à adopter pour
répondre à ceux qui disent que les musulmans n’ont pas besoin de la Sunna
honorée et qu’il faut se contenter du saint Coran (le fait de souligner ceci): ceux
qui tiennent un tel discours réfutent la parole d’Allah Très-haut dans son
saint Coran où Il a émis de nombreux ordres allant dans le sens de l’exécution
des ordres du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui), de l’abandon de
ses interdits, en somme, de lui obéir et d’accepter ses sentences. Fiat partie de ces versets la parole du Très-haut:« Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il
vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en
punition.» (Coran,59:7) et:« Dis: « Obéissez à
Allah et obéissez au messager. S’ils se détournent, …il (le messager) n’est
alors responsable que de ce dont il est chargé; et
vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez
bien guidés ». Et il n’incombe au messager que de transmettre explicitement
(son message).» (Coran,24:54) et:« Nous n’avons envoyé
de Messager que pour qu’il soit obéi par la permission d’Allah.» (Coran,4:64) et :« Non!… Par ton Seigneur!
Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger
de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu
auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement (à ta sentence).»

Que
ferait ce prétentieux 
de ces versets puisqu’il prétend pouvoir se contenter du Coran de
manière à se passer de la Sunna? Comment conçoit il l’exécution des ordres
qu’Allah Très-haut y donne?

Ceci
s’ajoute à ce que nous venons d’exprimer succinctement, à savoir comment
accomplir la prière ordonnée par Allah Très-haut dans son saint Coran? Comment connaître le nombre de ses rakaas, ses heures, ses conditions et facteurs de nullité? Vous pouvez en dire de même à propos de la zakat,
du jeûne , du pèlerinage et des autres rites et
dispositions religieux.

Comment
appliquer la parole du Très-haut:« Le voleur et la
voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis,
et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage.» (Coran,5:38)? Quel est le montant dont le vole
justifie l’application de la présente disposition?
Comment couper la main? La quelle
des deux mains faut il amputer?
Quels sont les critères de définition de l’objet volé?
Vous pouvez en dire de même de l’application de la peine de la fornication, de celles
de la diffamation, du désaveu de paternité et d’autres peines.

Badre ad-dine az-Zarkachi (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde)

Chafii
écrit dans le chapitre d’ar-Rissala intitulé
:

le caractère obligatoire de l’obéissance au Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui):

«
Allah Très-haut dit:« Celui qui obéit au Messager
obéit à Allah.» Aucune des pratiques prescrites dans le livre d’Allah Très-haut
comme le pèlerinage, la prière et  la zakat n’aurait pu être bien connue
sans l’explication du Messager. Il serait impossible de les mettre en
application. Si le Messager occupe un tel rang dans la charia, son obéissance
est, en réalité, indissociable de celle d’Allah.» Voir al-Baher al-mouhit (6/7/8).

Le
musulman raisonnable constate que celui qui prétend glorifier le livre d’Allah
Très-haut  tout
en s’écartent le plus du Coran  se
dérobent à la religion puisqu’ils estiment que  le Coran à lui seul suffit pour pouvoir
appliquer les dispositions religieuses. Pourtant, de deux choses l’une, soit on
refuse résolument d’appliquer les enseignements de la Sunna, soit on les
applique. Dans le premier cas, on tombe dans la mécréance. Dans le second cas,
il se contredit.»

Troisièmement,
Allah Très-haut a envoyé Son prophète (Bénédiction et saluts soient sur lui)
porteur de l’islam. Ce grand bienfait ne se limite pas au Coran et à la Sunna.
Quand Allah compta à la Umma
la grâce qu’Il lui a faite, notamment à travers le parachèvement de la
religion, qui constitue un comble de grâce, Il ne visait pas la seule révélation
du Coran, mais plutôt le parachèvement des dispositions contenues dans le Coran
et dans la Sunna. Il en suffit pour preuve que des versets du saint Coran
furent révélés après qu’Allah compta à Ses serviteurs le parachèvement de la
religion et l’abondance des bienfaits qu’Il leur accorda et qu’Il exprima en
ces termes:« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous
votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme
religion pour vous. Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclination
vers le péché… alors, Allah est Pardonneur et
Miséricordieux.» (Coran, 5:3).

Bader
ad-Dine az-Zakachi (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:« La parole
du Très-haut:« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion…»
signifie: j’en ai complété les dispositions (législatives) non tout le texte
car des versets sans rapport avec lesdites dispositions furent révélés plus
tard. Voir al-Manthour fil qawaadi
(1/142).

Allah,
le Transcendant, a exprimé et fait exprimer par l’entremise de Son Messager
tout ce qu’Il a ordonné, tout ce qu’Il a interdit, tout ce qu’Il a rendu
licite, tout ce qu’Il a rendu illicite et tout ce qu’Il a pardonné. Ce qui
explique la perfection de Sa religion dont Il dit:«
Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon
bienfait.» Voir ilaam al-mouwaqqiin (1/250).

Quatrièmement,
le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a expliqué que la Sunna qu’il
a apportée  est
comme le Coran parce qu’inspirée par Allah Très-haut et devant servir d’argument
à accepter obligatoirement par les fidèles. Il a mis en garde contre le fait de
se limiter à l’application des seuls ordres et interdits mentionnés dans le
Coran. Il a donné l’exemple d’un interdit cité dans la Sunna mais non évoqué
dans le Coran. Bien plus, ce dernier fait allusion à sa licéité. Toutes ses
explications sont comprises dans le même hadith authentique (que voici):

D’après
al-Miqdaam ibn Madi Kari, le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur
lui) a dit:«Attention! J’ai
reçu le Coran et son équivalent en surplus! Attention! Il en faut de peu pour qu’un homme bien rassasié,
installé sur son balançoire, vous dise: occupez-vous
(strictement) du Coran; considérez comme licite ce qu’il déclare licite et
comme illicite ce qu’il juge comme tel. Attention! La
viande de l’âne domestique et de toute bête féroce dotée de dents incisives ne
vous est pas licite.» (Rapporté par Abou Dawoud
(4604) et jugé authentique par al-Albani dans Sahihi
Abou Dawoud.

Voilà
ce que les Compagnons avaient compris de la religion d’Allah Très-haut:


Abdoullah dit: «Puisse Allah maudire les tatoueuses,
les tatouées, celles qui se font  enlever
les poils ou limer les dents à une fin esthétique et de sorte à changer la
création d’Allah.

Quand
une femme issue de la tribu Assad, surnommé Oum Yaqoub
entendit cela, elle alla dire à Abdoullah:

-«Il
m’est parvenu que tu as dit 
telle et telle choses?»

-«Comment
ne maudirais-je pas celles que le Messager d’Allah a maudites et qui le sont
dans le livre d’Allah?»

-J’ai
lu ce qu’il y a entre les deux planchettes (le Coran d’un bout à l’autre) sans
y trouver ce que tu dis.»

-«Si
tu le lisais bien, tu l’y 
trouverais.» N’as-tu pas lu:« Prenez ce
que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en….»
(Coran,59:7).

-«Si.»

-«Il
l’ a certes interdit.»

-«Ta
femme le fait (les pratiques interdites)!!»

-«Va
vérifier.» Vérification faite, elle ne vit rien de ce qu’elle prétendait.

-«Si
elle le faisait , elle ne cohabiterait plus avec
nous.» (Rapporté par al-Bokhari,4604 et par
Mouslim,2125).

Voici
ce que la génération qui a succédé aux Compagnons et les imams de la religion
d’Allah Très-haut ont compris. Ils n’avaient rien compris  en dehors du fait qu’il n’y a aucune
différence entre le livre et la Sunna à propos de la valeur des arguments et de
leur caractère contraignant ainsi que de la vocation explicative de Sunna par
rapport au Coran.

Al-Awzaai a rapporté que Hassan ibn Atiyya
a dit: «Gabriel transmettait la révélation (divine) au
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) et la Sunna expliquait
le Coran.»

Ayyoub as-Sikhtiyani dit: «Si on parle de la
Sunna à quelqu’un et qu’il dise: faites-moi grâce de ça et parle-moi du Coran,
sachez que vous avez affaire à un égaré,  qui cherche à égarer d’autres.»

Selon
al-Awzaai, Allah Très-haut a dit:«Celui qui obéit au Messager, obéit à Allah…»
et :«Prenez ce que le Messager vous a apporté.»

Al-Awzaai a rapporté d’après al-Qassim
ibn Makhimra a dit: «Ce qui
était déclaré illicite au moment du décès du Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) le restera jusqu’au jour de la Résurrection. Et ce qui
était déjà jugé licite, le restera jusqu’au jour de la Résurrection.» Voir al-Aadaab ach-chariyaah (2/307).

Selon
Bader ad-Dine az-Zarkachi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde):« al-Hafez
ad-Darami, a dit: «Le Coran m’a été donné ainsi que
son équivalent» signifie qu’il y a des éléments de la Sunna qui ne
correspondent pas à un texte du Coran mais ils ne font qu’expliquer la volonté
d’Allah. C’est le cas de l’interdiction de la consommation de la viande  de l’âne
domestique et de celle de toute bête féroce dotée de dents incisives, éléments
qui ne figurent pas textuellement dans le livre.

Quant
au hadith reçu par la voie de Thawban et véhiculant
l’ordre de valider les hadith en en examinant le contenu à la lumière du Coran,
Chafii en dit dans sa Rissala:«Aucun
traditionniste sûr ne l’a rapporté.» Mieux, l’imam en hadith, Yaya ibn Maine,
l’a jugé apocryphe. Il est inventé par des athées.»

Ibn Abdoul
Barr dit dans un livre intitulé: djaami’bayan
al-ilm
: Abdourrahman
ibn Mahdi a dit:« Les athées et les kharidjites ont inventé ce hadith:
«Examinez tout ce qui vous vient de ma part à la lumière du livre d’Allah; s’il
y est conforme, c’est moi qui l’ai dit. Autrement, je ne l’ai pas dit.»

Al-Hafez
a dit: «Ce n’est pas authentique. Des gens se sont
opposé à lui et dit:« Nous l’avons examiné à la lumière
du livre et avons découvert qu’il lui est contraire car nous n’y avons pas
trouvé qu’on n’accepte un hadith que quand il est conforme au Livre! Bien au
contraire, nous avons trouvé l’ordre d’obéir au Prophète et la mise en garde
contre le rejet de toute sentence découlant de son ordre.»

Dans
son Sahih, Ibn Hibban
dit à propos de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui): «Transmettez de moi, ne serait-ce qu’un verset.» :cela
implique que la Sunna aussi est comprise dans le terme verset.» Voir al-Baher al-mouhit (6/7/8).

Cinquièmement,
les ulémas ont évoqué plusieurs façons dont la Sunna explique le Coran. Parfois
elle en confirme le contenu. Parfois, elle en retreint la portée. Parfois, elle
en réduise la généralité, ou en détaille ce qui parait succinct ou en abroge
une partie pour lui substituer une nouvelle. Certains ulémas résument ce qui
précède en évoquant trois stations.

A ce
propos, Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) écrit: «Ce que tout musulman doit croire
, c’est que la Sunna vérifiée du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) ne contient rien qui soit contraire au livre d’Allah. Bien au
contraire, le rapport entre 
la Sunna et le livre d’Allah se décline en trois stations. La
première station consiste dans la sunna qui confirme et véhicule le même
contenu que le livre révélé.

La
deuxième station consiste dans la sunna qui explique le livre et indique
clairement la volonté d’Allah qu’Il exprime et en restreint la portée.

La
troisième station correspond à la sunna qui apporte une disposition qui ne
figure pas dans le livre et en donne une explication originale.

Il
n’est permis de réfuter aucune des trois catégories. La Sunna n’occupe pas
auprès du livre d’Allah une quatrième station. L’imam Ahmad a contesté l’avis
de celui qui dit: «La sunna abroge le livre.» Pour
lui, elle l’explique et le clarifie.

Ce
qu’Allah et son Messager attestent, c’est qu’aucune sunna vérifiée reçue du
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) ne contredit ni ne
s’oppose absolument au livre d’Allah. Comment en serait-il autrement alors que
le Messager d’Allah est celui qui explique le livre d’Allah. C’est à lui qu’il
a été révélé. C’est grâce à lui qu’il a été guidé. Il est de surcroit tenu de
l’appliquer. Il est celui de toutes les créatures  qui en connait le mieux
l’interprétation et la portée.

S’il
était permis de rejeter la sunna du Messager à la lumière de ce que l’on tire
de son sens apparent , on rejetterait la plus part des
sunnas (enseignements prophétiques) et les réduirait à néant.

Chaque
fois qu’on oppose une sunna  authentique à quelqu’un pour contredire
sa doctrine ou sa secte, il pourrait évoquer le sens général d’ un verset en se
disant: voici une sunna qui s’oppose à la généralité du sens du verset. Aussi doit-elle être rejetée.

 C’est si vrai que les rafidites
(Puisse Allah les rendre laids) qui ont adopté cette même approche pour rejeter
des sunnas (enseignements reçus par des voies concordantes), ont rejeté
la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):«On ne nous hérite
pas car notre héritage est une aumône.» en disant que ce hadith se heurte au
livre d’Allah où le Très-haut dit:« Allah vous enjoint à propos de vos enfants:
le mâle le double de la part de la femelle.»

Les djahmites, à leur tour, ont rejeté une grande quantité de
hadiths authentiques  confirmant les attributs (divins) en
évoquant le sens apparent de la parole (divine):«Rien n’est comme Lui»

Les
Kharidjites ont rejetés les hadiths relatifs à l’intercession et à la sortie
des auteurs de péchés majeurs de l’enfer sur la base de ce qu’ils ont compris
du sens apparent du Coran.

Les Djahmites ont rejeté des hadith évoquant la Vision
(d’Allah), en dépit de leur abondance et leur véracité, en se fondant sur le
sens apparent de ce qu’ils ont compris de ce verset du Coran:
«Les regards ne Le saisiront pas.»

Les
Qadarites ont rejeté des hadiths évoquant le Destin sur la base de ce qu’ils
ont compris du sens apparent du Coran. Tout groupe a rejeté une partie de la Sunna  sur la base de
ce qu’il a compris du sens apparent du Coran. Ou bien on adopte une approche
exclusive applicable à toutes les sunnas ou bien on procède à l’inverse et les
accepte toutes sans exclure aucune partie sur la base de ce qu’on aurait
compris du sens apparent du Coran. Car rejeter une partie pour accepter une
autre en justifiant les deux attitudes par la compréhension du sens apparent du
Coran est une flagrante contradiction.

Toute
personne qui rejette une sunna sur la base de ce qu’elle aurait compris du sens
apparent du Coran en accepte une autre pareille toute aussi susceptible d’être
rejetée pour le même argument.

Les
imams Ahmad et Chafii et d’autres ont condamné ceux
qui réfutent le hadith qui interdit la consommation de la viande de toute bête
féroce dotée de dents incisives en évoquant le sens apparent de la parole du
Très-haut: «Dis: je ne trouve dans la révélation que j’ai reçue
un interdit…»

Puisque
le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a condamné celui qui rejette sa
sunna non mentionnée dans le Coran sans prétendre son opposition à  ce livre, que dirait il de celui qui allègue
que sa Sunna contredit le Coran et s’y oppose?» At-Tourouq
al-hakima
(65-67).

Cheikh
al-Albani (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a écrit un traité intitulé: manzilatou as-sunnati fil islam wa bayaani annaho laa youstaghnaa anhaa bil qour’an
(=la place de la sunna en islam et l’explication du fait  que le Coran ne pourrait s’y substituer). On
y lit: «Vous savez tous qu’Allah le Béni et Très-haut
a choisi Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) en lui conférant la
prophétie et le message (divin). Puis Il lui révéla Son livre saint et lui y
donna des ordres ,notamment celui de le communiquer
aux gens qu’Il a exprimé en ces termes: «Nous t’avons fait parvenir le Rappel
pour que tu expliques aux gens ce qu’on leur a révélé.» (Coran,16:44). Je pense que l’explication évoquée dans ce noble verset
comporte deux types d’explications:

La
première consiste à expliquer le texte, à transmettre le Coran, à ne pas
l’occulter et à le mettre à la disposition de la Umma
telle que révélé par Allah le Béni, le Très-haut au cœur de Muhammad
(Bénédiction et salut soient sur lui). C’est cette explication qui est visée
dans la parole du Très-haut: «Ô Messager,
transmets ce que ton Maître t’a révélé.» (Coran,5:67).

La
dame Aicha (P.A.a) dit dans l’un de ses discours: «Si quelqu’un te dit que Muhammad a dissimulé une
partie de ce qu’il a reçu l’ordre de transmettre, il aura imputé une grosse
mensonge à Allah.» Puis elle récita le verset ci-dessus cité.» (Cité par les
Deux Cheikhs). Selon la version de Mouslim:«Si le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur
lui) était prêt à dissimuler une quelconque partie de ce qu’il a reçu l’ordre
de transmettre ,il aurait dissimulé la parole du Très-haut:« Quand tu disais à
celui qu’Allah avait comblé de bienfait, tout comme toi-même l’avais comblé:
« Garde pour toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme
ce qu’Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Allah qui est
plus digne de ta crainte.» (Coran,33:37).

L’autre
(type d’explication) porte sur le sens des termes ou phrases ou versets que la Umma désire voir expliquer.
Elle s’applique le plus souvent soit aux versets concis ou ouverts ou généraux
pour lesquels la Sunna vient clarifier ce qui est succinct ,
réduire la portée de ce qui parait ouvert ou restreindre ce qui semble général.
La sunna ayant de telles vocations peut revêtir la forme d’une parole, d’un
acte ou d’une approbation tacite.

La
parole du Très-haut :«Quant au voleur et la voleuse,
coupez-leur la main.» (Coran, 5:38) est un exemple illustratif. Les terme voleur et main ont une porté
générale. La sunna verbale a réduit la généralité de leur portée en expliquant
qu’il s’agit du voleur coupable d’avoir volé une somme égale à un quart de dinar: «On n’ampute (la main du voleur) qu’au cas où ce qui
est volé a la valeur d’un quart de dinar ou plus.»
(Cité par les deux cheikh)

Une
autre explication provient de la pratique du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) ou de la pratique de ses compagnons validée tacitement par lui.
Cette pratique consistait à couper la main à partir de la  poignée. Ce qui est bien connu dans
les livres de hadith. La sunna verbale explique encore le sens de la main en
question dans le verset portant sur la purification à l’aide du sable: «Massez vos visages et vos mains.» (Coran,4:43; 5:6). La parole du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) :«La purification à l’aide du sable consiste à frapper le sable
une fois pour masser le visage et la frapper encore pour masser le visage » a
permis de comprendre que par mains on entend désigner les poignets.
Ce hadith est cité par Ahmad, les Deux cheikh et d’autres  à partir d’un hadith d’Ammar Ibn Yaasir (P.A.a).

Voici
d’autres versets qui n’auraient pu être correctement compris selon le sens
voulu par Allah sans le concours de la Sunna:

1.
La parole du Très-haut:« Ceux qui ont cru et n’ont
point troublé la pureté de leur foi par quelqu’inéquité
(association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés.» (Coran,6:82). Les compagnons du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) avaient compris que ‘quelqu’inéquité’
était à prendre au sens général qui inclut toute injustice majeure ou mineure.
Ce qui les empêcha de saisir le sens juste du verset et les fit dire:

-«Ô
messager d’Allah, qui est celui d’entre  nous qui n’aurait pas commis une
injustice tout en étant croyant?

-«Non ,il ne s’agit pas de cela! Il ne s’agit que du
polythéisme. N’avez-vous pas entendu Loqman dire:« Certes, le chirk (le
polythéisme) est une énorme injustice.» (Coran,31:13).
Cité par les deux cheikh et d’autres.

2.
La parole du Très-haut:« Et quand vous parcourez la
terre, ce n’est pas un péché, pour vous de raccourcir la prière, si vous
craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve, car les mécréants
demeurent pour vous un ennemi déclaré.» (Coran,4:101).

Il
est clair que selon ce verset le raccourcissement de la prière en cas de voyage
est soumis à la condition de l’existence de la peur. C’est pourquoi l’un des
compagnons du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) lui lança:

-«Pourquoi
continuer de raccourcir la prière alors que nous sommes en sécurité?»

-«C’est
une aumône qu’Allah vous a faite. Acceptez-la.» (Rapporté par Mouslim)

3.
La parole du Très -haut: «Vous sont interdits la bête
trouvée morte, le sang…» (Coran,5:3). La sunna
verbale a expliqué que le criquet, le poisson, le foie, la rate contiennent du
sang dont la consommation est licite car le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit:« Deux cadavres et deux types de
sang nous ont été rendus licites: pour les cadavres, il s’agit du criquet et du
poisson. Pour les sangs, il s’agit du foie et de la rate.» Cité par al-Bayhaqui et d’autres et tantôt assortis d’une haute
attribution tantôt arrêtés à un niveau inférieur. La chaîne de la version
arrêtée est authentique et son contenu assimilable à ce qui est hautement
attribué dans la mesure où il ne peut provenir d’un avis personnel.

4.La
parole du Très-haut:« Dis: « Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve
d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le
sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc – car c’est une souillure – ou ce
qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah ».. La sunna vint par
la suite interdire d’autres choses non mentionnées dans le verset puisque le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit:«
Sont interdit les viandes de toute bête féroce dotée de dents incisives et de
tout oiseaux munis de griffes.»

Ce
chapitre contient d’autres hadiths allant dans le sens de l’interdiction. C’est
le cas de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) prononcé
le jour de la conquête de Khaybar:« Certes, Allah et
Son Messager vous interdisent la consommation de la viande de l’âne domestique,
cet animal étant souillé.» (Cité par les deux Cheikh).

5.
La parole du Très-haut:« Dis: « Qui a interdit la
parure d’Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs ainsi que les bonnes
nourritures? » (Coran,7:32).

La
Sunna explique encore qu’il existe des parures interdites. En effet, il a été
prouvé que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) se présenta un
jour pour à ses compagnons porteur d’un morceau de soie dans une main et d’une
pièce d’or dans l’autres et dit:« Ces deux sont
interdits aux mâles de ma communauté et autorisés à leur femelles.» (Cité par
al-Hakim et jugé par lui authentique)

Les
hadiths abondant dans ce sens sont nombreux et bien connus dans les deux Sahih et ailleurs. Il existe de nombreux autres exemples
bien connus chez les ulémas spécialistes du hadith et du droit musulman.

Ce
qui précède nous montre clairement, ô chers frères, l’importance de la Sunna
dans la législation islamique. Si nous réexaminions les exemples précités, pour
ne citer que ceux-là, nous serions plus sûrs que jamais qu’on ne peut
comprendre le saint Coran sans passer par le Sunna.» Voir Manzilatou
as-sunna fil islam
(p.4-12).

Nous
recommandons la consultation du traité du cheikh al-Albani (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) qui aborde le fond de la question et permet de clarifier:


qu’il n’est permis à personne de séparer le Coran de la Sunna quand il s’agit
d’établir les dispositions ayant un caractère contraignant pour toute personne
religieusement responsable et que celui qui tente de le faire  fait partie des plus grands opposants au contenu
du Coran en matière d’ordres incitant à obéir au Messager (Bénédiction et salut
soient sur lui), à appliquer sa sunna et à abandonner ce qu’il interdit. La
sunna prophétique ne fait que confirmer le Coran, l’expliquer, restreindre ce
qui semble avoir une portée générale , préciser ce qui
en a besoin ou instituer de nouvelles dispositions. Le Musulman doit appliquer
tout cela.

Une
ultime chose!

Supposons
qu’il n’y ait  là
qu’une dispute nous opposant à nos adversaires qui pensent pouvoir se contenter
du Coran. Nous dirions quand même que nous avons tous reçu l’ordre donné dans
le saint Coran de nous référer au Coran et à la Sunna en cas de dispute! En effet, le Très – haut dit:«
Ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre
vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce
soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour
dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et
aboutissement).»(Coran,4:59).

Qu’est-ce
que nos adversaires vont faire de cet argument coranique?
S’il l’accepte, il se réfère à la Sunna et admet la fausseté de sa thèse. S’il
le rejette, il s’écarte du Coran qu’il disait apte à nous permettre de nous
passer de la Sunna.

Louanges
à Allah , le Maître des mondes.