L’évanouissement entraîne-t-il la nullité du jeûne ?
Louange à Allah
Selon les écoles hanbalites et chafiites, il
y a deux cas d’évanouissement à distinguer : le premier est l’évanouissement
qui dure toute la journée. C’est-à-dire qu’il commence avant l’aube et prend
fin après le coucher du soleil. Dans ce cas, le jeûne de la victime est invalide
et elle doit rattraper ce jour après le Ramadan. L’invalidité de ce jeûne est
fondée sur le fait que le jeûne consiste à s’abstenir d’utiliser les facteurs
de rupture du jeûne avec l’intention de jeûner. Ceci s’atteste dans la parole
du Très Haut dans un hadith saint concernant le jeûneur : « Il abandonne
la nourriture et le plaisir charnel eu égard à Moi » (rapporté par al-Boukhari,
1894 et par Mouslim, 1151). L’abandon est attribué ici au jeûneur. Or on ne
peut pas en dire de même de l’évanouis.
Le caractère obligatoire du rattrapage du jeûne
est fondé sur la parole du Très Haut : « Et quiconque est malade ou
en voyage, alors qu’ il jeûne un nombre égal d’ autres jours.» (Coran, 2 :
185). Le deuxième cas est l’évanouissement brièvement interrompu au cours de
la journée. Dans ce cas, le jeûne de la victime est valide. Que l’interruption
de l’évanouissement ait lieu au début, au milieu ou à la fin de la journée.
Evoquant la divergence de vues qui oppose les
ulémas sur cette question, An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit : « L’avis le plus correct est qu’il faut que l’évanouissement
soit interrompu [dans la journée] ».
C’est-à-dire que la validité du jeûne de l’évanouis
requiert l’interruption de l’évanouissement pendant une partie de la journée.
L’argument de la validité du jeûne dans ce cas
est que le jeûneur s’est abstenu des facteurs de rupture du jeûne dans l’ensemble.
Voir Hashiatou Ibn Qassim ala-ar-Rawd al-mourbi,
3/381. En somme, si l’on reste évanouis pendant toute la journée c’est-à-dire
du début de l’aube jusqu’au coucher du soleil, son jeûne n’est pas valide et
on doit le rattraper. Si l’évanouissement cesse à une partie quelconque de la
journée, le jeûne de la victime est valide. C’est l’avis des imam Chafii et
Ahmad choisi par Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde).
