J’entends souvent des prêcheurs chrétiens critiquer l’Islam et l’accuser d’avoir autorisé l’esclavage qui constitue une atteinte à la liberté de l’homme et à ses droits. Comment pourrions nous leur répondre ?
Louanges à Allah
S’engager dans
un débat autour de l’esclavage et susciter des questions sur ce sujet par
des évangélistes qui oeuvrent pour détourner les gens de l’Islam exaspèrent
l’homme raisonnable et poussent à pointer un doigt accusateur à propos des
desseins inavoués qui se cachent derrière ses interrogations. En effet, le
judaïsme et le christianisme ont connu des formes injustes d’esclavage .Leurs
livres regorgent de détails sur la question notamment sa nette approbation.
La première chose qui attire l’attention est : comment les évangélistes cherchent
ils à prêcher le christianisme qui reconnaît la légitimité de l’esclavage?
En d’autres termes, comment dénoncent ils une affaire dans laquelle ils sont
largement impliquées?
Quant à l’attitude de l’Islam face à l’esclavage,
elle est complètement différente comparée aux deux (religions juive et chrétienne)
et à la situation qui prévalait à l’avènement de l’Islam.
C’est pourquoi nous allons nous étendre un peu
sur le sujet tout en évoquant la conception qu’en avaient les Juifs et les
Chrétiens et sa place dans la civilisation contemporaine avant de l’aborder
sous l’angle de l’Islam. Car celui-ci a souvent été mensongèrement accusé
alors que les doigts accusateurs ont soigneusement ménagé- malheureusement-
des criminels avérés…
L’Islam et l’esclavage
L’Islam affirme qu’Allah Puissant et Majestueux
a créé l’homme, l’a rendu entièrement responsable et lui a donné des charges
religieuses dont l’exécution ou l’inexécution dépendent de son libre arbitre
et qui lui vaudront soit la récompense ,soit le châtiment.
Aucun être humain ne peut retreindre cette volonté
ou annuler injustement cette liberté de choisir. Quiconque essaie de le faire
est on ne peut plus injuste..
Voilà un des
principes clairs de l’Islam concernant ce chapitre. .Si on pose la question:
Comment l’Islam a-t-il autorisé l’esclavage? Nous disons énergiquement et
sans honte: certes, l’esclavage est autorisé en Islam. Cependant un regard
objectif nous oblige à examiner en détails les dispositions de l’Islam relatives
à l’esclavage notamment ses origines, ses causes, la manière de traiter l’esclave,
son égalité en droits et en devoirs avec les personnes libres, les multiples
voies légales permettant le recouvrement de la liberté et les nouvelles formes
d’esclavage répandues dans le monde dominé par la civilisation contemporaines
et le progressisme..
A l’avènement de l’Islam, l’esclavage avait
beaucoup de causes notamment la guerre, les rapts (enlèvements) la pauvreté
et la dette écrasante…
L’esclavage ne se serait pas si terriblement
répandu dans les continents n’eût été la traite des esclaves qui est sa grande
source en Europe et en Amérique au cours des siècles derniers.
Grâce à ses textes,
l’Islam a adopté une attitude ferme. A ce propos, Allah Très Haut dit dans
un hadith sacré: «Au jour de la Résurrection, je serai l’adversaire de trois
personnes. Et quiconque est mon adversaire sera vaincu. Parmi les trois personnes,
Il a cité un homme qui a vendu une personne libre et utilisé son prix.» (Rapporté
par al-Boukhari,2227)
Il est remarquable que l’on ne trouve aucun
texte dans le Coran et la Sunna qui véhicule l’ordre de réduire des gens à
l’esclavage. Bien au contraire, les versets du Coran et les hadith du Messager
(bénédiction et salut soient sur lui) comportent des dizaines de textes qui
exhortent à la libération et à l’affranchissement des esclaves.
A ‘avènement de l’Islam, ‘esclavage avait des
sources nombreuses, et les voies et moyens d’y mettre fin quasiment inexistantes.
Dans ses dispositions législatives, l’Islam a inversé la vision (traditionnelle)
des choses, multiplié les moyens libération des esclaves et fermé les portes
qui conduisaient à l’esclavage et émis des recommandations dans ce sens.
L’Islam a limité
les sources de l’esclavage qui existaient avant l’avènement du message mouhammadien
et n’en a retenu qu’une seule,à savoir la captivité consécutive à une guerre
et concernant des prisonniers mécréants , leurs familles et leurs enfants.
Cheikh ach-Chinquiti (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «La
réduction d’une personne à l’état d’esclave résulte de la mécréance qui pousse
le mécréant à livrer combat à Allah et à Son Messager. Si Allah permet aux
combattants musulmans, qui sacrifient leurs vies et leurs biens pour élever
le mot d’Allah, d’avoir le dessus sur les mécréants, ils deviennent leurs
propriété dès leur captivité, à moins que l’imam ne les gracie ou leur permette
de se racheter, compte tenu de l’intérêt (général) des musulmans.» Extrait
de Adhwa al-Bayan,3/387.
Il a dit encore:«Si
on dit: si l’esclave est musulman, comment justifier le maintien de son statut,
malgré l’absence de la mécréance et de la lutte contre Allah et Son Messager
qui sont les causes de la réduction des gens à l’état d’esclave?» La réponse
est: la règle bien connue chez les ulémas et les gens raisonnables est qu’un
droit déjà acquis ne peut être annulé par un droit postérieur. Car le premier
est évident et sans ambiguïté .Quand les musulmans ont capturé les mécréants,
ils ont acquis sur eux un droit de propriété fondé sur la législation de leur
Créateur à tous, le Sage et Bien informé. Si, après l’établissement de ce
droit, l’esclave se convertit à l’Islam, son droit à s’affranchir est supplanté
par le droit du combattant qui le possédait avant sa conversion. Or il n’est
pas juste d’annuler le premier droit par celui acquis grâce à la conversion,
comme le connaissent les gens raisonnables.
Il est vrai cependant
qu’il convient que le maître de l’esclave converti le libère. Car le Législateur
a donné un ordre dans ce sens, y a exhorté les gens et ouvert de nombreuses
portes y conduisant. Gloire au Sage Bien informé! «Et la parole de ton Seigneur
s’est accomplie en toute vérité et équité. Nul ne peut modifier Ses paroles.
Il est l’Audient, l’Omniscient…» (Coran, 6:115) Le terme «vérité …» renvoie
aux informations et le terme «équité » aux jugements. Nul doute que la propriété
qui résulte de l’esclavage comme les autres dispositions du Coran sont justement
fondées.
«Que de fois on met en cause une parole
Pour la seule
raison de ne l’ avoir pas bien comprise!»
(Extrait de Adhwa al-Bayan,3/389.
La captivité
résultant de la guerre était une des plus fréquentes apparences de l’esclavage.
Car toute guerre laissait des captifs et la coutume répandue voulait que les
captifs ne pussent jouir ni de droits ni de respect. Et leur sort variait
entre l’exécution et la réduction à l’état d’esclave.
Quant à l’Islam, il leur offrit deux autres
choix: le pardon et le rachat. A ce propos, le Très Haut dit: «…Ensuite,
c’est soit la libération gratuite, soit la rançon.» (Coran, 4:47)
A l’issue de la bataille de Badre, le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) accepta le rachat des prisonniers païens
et les libéra à ce prix. A la suite d’autres batailles, il libéra de nombreux
captifs sans aucune contrepartie. A l’occasion de sa conquête de La Mecque,
il déclara (aux habitants): «Allez-vous en; vous êtes libres.»
Au cours de l’expédition
dirigée contre les Bani al-Moustaliq, le Messager d’Allah (bénédiction et
salut soient sur lui ) épousa une prisonnière de guerre issue des rangs des
vaincus, afin d’élever son statut. Car elle était la fille de l’un des dirigeants.
Il s’agissait précisément de la mère des croyants, Djouwayriyya fille de al-Harith
(P.A.a).Cette union poussa les musulmans à libérer tous les captifs.
L’Islam n’est
pas assoiffé du sang des captifs ni obsessionnellement désireux de les réduire
à l’état d’esclave…Ceci permet de voir l’image précise et les passerelles
très étroites que l’Islam laisse à l’esclavage; il ne l’a pas complètement
annulé. Car le prisonnier mécréant était injuste quand il combattait la vérité
et l’équité ou aidait à perpétrer l’injustice ou était l’instrument de son
exécution et de sa consolidation. En agissant de la sorte, sa liberté lui
permettait de faire régner la tyrannie, la domination, l’entrave à la vérité
et la prévention de sa diffusion.
Certes, la liberté est un droit fondamental
de l’homme. Et il ne peut en être privé que pour une cause accidentelle…Quand
l’Islam autorisa l’esclavage dans les limites que nous avons expliquées, il
l’a réservé à l’individu qui fait de sa liberté la pire exploitation. Quand
un tel individu tombe en captivité au cours d’une guerre qu’il a perdue, il
est juste de le garder un temps tout en le traitant de façon décente. En outre,
de nombreuses possibilités de recouvrer la liberté sont accordées par l’Islam
à tous ceux qui se retrouvent dans cette situation.
Les bases du
traitement islamique de l’esclave renferment justice, bienveillance et clémence.
Parmi les moyens de libération figurent l’affectation d’une partie de la zakate
au rachat des esclaves, la dépense sur ce chapitre des recettes générées par
les expiations consécutives aux homicides involontaires, au zihar (injure
consistant à assimiler sa femme à sa propre mère pour ne plus avoir un rapport
sexuel avec elle) à l’abjuration, à l’acte sexuel commis dans une journée
du Ramadan. A quoi s’ajoute un appel pathétique adressé à tous pour l’affranchissement
des esclaves afin de complaire à Allah.
Voici un aperçu de certaines règles relatives
à une gestion islamique de l’esclavage marquée par l’équité et la bienveillance:
1/ Assurer la nourriture et l’habillement dans
les mêmes conditions que les maîtres.
D’après Abou
Dharr (P.A.a) le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui ) dit:
«Ils (les esclaves) sont vos frères qu’Allah a placés entre vos mains. Quand
Allah place entre les mains de l’un d’entre vous son frère, qu’il le nourrisse
de sa propre nourriture et l’habille comme il le fait pour soi-même et ne
lui impose pas un labeur qui dépasse ses forces. Si toutefois il le faisait,
qu’il l’aide..» (rapporté par al-Boukhari,6050)
2/ La sauvegarde de leur dignité
Abou Hourayra
(P.A.a) affirme avoir entendu Aboul Qassim (le Prophète) dire : «Quiconque
accuse injustement son esclave d’adultère, sera flagellé au jour de la Résurrection,
à moins qu’il ne dise la vérité.» (rapporté par al-Boukhari,6858)
Après avoir affranchi
un esclave, Ibn Omar prit un fragment de bois ou un objet et dit: « cet acte
ne me procurera pas l’équivalent de celui-ci en termes de récompense. Car
j’ai entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dire:
« Quiconque gifle ou frappe son esclave, doit l’affranchir pour expier son
acte.» (rapporté par Mouslim,1657)
3/ Traiter l’esclave avec
équité et bienfaisance
Il a été rapporté
qu’Outhmane ibn Affan (P.A.a) a frotté durement l’oreille de son esclave pour
le punir à la suite d’un acte de désobéissance qu’il avait commis. Puis lui
a dit: « Avance et frotte mon oreille.» L’esclave refusa malgré l’insistance
d’Outhmane avant de se mettre à frotter son oreille légèrement. .Outhmane
lui dit : «Frotte la bien .Car je crains le châtiment du jour de la résurrection.
Et l’esclave lui dit : «Maître ! Moi aussi je crains ce que vous craignez.»
Quand Abdour Rahmane ibn Awf marchait avec ses
esclaves on ne pouvait pas les distinguer, car il ne les devançait pas et
ne s’habillait que comme eux-mêmes.
Omar ibn al-Khattab passa un jour auprès d’un
groupe de gens et se rendit compte que des esclaves se tenaient à l’écart
et ne mangeaient pas avec les autres. Ce qui le mit en colère et lui fit dire
aux maîtres : «Pourquoi vous préférez vous à vos domestiques?! Puis ils invita
ces derniers à aller manger avec eux.»
Un homme entra
chez Salman (P.A.a) alors émir (chef).Comme il le trouve en train de confectionner
une pâte, il lui dit: « ô Abou Abdoullah! Qu’est ce que tu fais?» Nous avons
envoyé notre domestique pour régler une affaire et voulons lui éviter un cumul
de travail.»
4/ L’esclave peut passer
avant l’homme libre dans certains cas
Il s’agi de choses religieuses et profanes à
propos desquelles l’homme libre est préférable d’ordinaire. La direction de
la prière par l’esclave est valide. Car Aîcah, la mère des croyants (P.A.a)
avait un esclave qui lui dirigeait la prière. Mieux, l’ordre a été donné aux
musulmans d’écouter et d’obéir, même si leur chef était un esclave.
5/ Il a la possibilité
de se racheter
Si, après coup, l’esclave s’amende, oublie son
passé et devient un homme de bien, peut on lui permettre de recouvrer sa liberté?
L’Islam pense qu’on doit répondre favorablement
à sa demande. Certains pensent que c’est une obligation; d’autres soutiennent
que c’est une recommandation!
L’Islam donne
à cette opération l’appellation de : Contrat écrit engageant un esclave
et son maître (aux termes duquel l’esclave se rachète en donnant une somme
par tranches à son maître) A ce propos, le Très Haut dit : «…Ceux
de vos esclaves qui cherchent un contrat d’affranchissement, concluez ce contrat
avec eux si vous reconnaissez du bien en eux; et donnez-leur des biens d’Allah
qu’Il vous a accordés..» (Coran, 24:33)
Voilà l’équité avec laquelle l’Islam traite
l’esclave en toute bienveillance
Le résultat de l’application de ces recommandations
est que l’esclave devient souvent l’ami de son maître. Mieux, il lui arrive
d’être traité comme un fils. A ce propos, Saad ibn Hachim al-Kahalidi dit
dans la description de son esclave:
« Il n’est pas un esclave,mais un fils
Que le Dominateur qui se suffit à Lui-même m’a
donné.»
Il me seconde grâce à ses bons services
Il est ma main, mon bras et mon épaule.»
Le bon traitement que les musulmans réservent
aux esclaves a poussé bon nombre de ceux-ci à rejoindre la famille musulmane
et à devenir en son sein comme des frères qui s’aiment mutuellement, comme
s’ils faisaient partie de ses membres d’origine.
Dans son ouvrage intitulé: La civilisation des
Arabes (p.450-460), Gustave le Bon écrit: «Ce que je crois vrai, c’est que
l’esclavage chez les musulmans est meilleur que ce qu’il est chez les autres
, et le statut des esclaves en Orient est meilleur que celui des domestiques
en Europe, et les esclaves en Orient font partie de la famille (du maître)
et ceux d’entre eux qui veulent recouvrer leur liberté l’obtiennent dès qu’ils
en manifestent le désir. Mais il ne font pas usage de ce droit.»
Comment les non musulmans traitent ils les esclaves?
L’attitude des Juifs vis-à-vis de l’esclave
Les Juifs divisent les êtres humains en deux
groupes: les fils d’Israël et les autres. Une partie des membres du premier
groupe peut être réduite à l’état d’esclave aux termes de certains enseignements
de la Bible. Quant au deuxième groupe, il est constitué de races inférieure
selon les Juifs. Par conséquent, il est possible de les dominer pour les exclure
du fait qu’ils font l’objet d’une éternelle condamnation du ciel. A ce propos,
il est dit dans Exode, chapitre 21, 2-12:
2. «Si tu
achètes un esclave hébreu, il servira six années ; mais la septième, il
sortira libre, sans rien payer.
3 S’il est entré seul, il sortira seul ; s’il
avait une femme, sa femme sortira avec lui.
4 Si c’est son maître qui lui a donné une femme,
et qu’il en ait eu des fils ou des filles, la femme et ses enfants seront
à son maître, et il sortira seul.
5 Si l’esclave dit : J’aime mon maître, ma femme
et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, –
6 alors son maître le conduira devant Dieu, et
le fera approcher de la porte ou du poteau, et son maître lui percera l’oreille
avec un poinçon, et l’esclave sera pour toujours à son service.
7 Si un homme vend sa fille pour être esclave,
elle ne sortira point comme sortent les esclaves.
8 Si elle déplaît à son maître, qui s’était proposé
de la prendre pour femme, il facilitera son rachat ; mais il n’aura pas le
pouvoir de la vendre à des étrangers, après lui avoir été infidèle.
9 S’il la destine à son fils, il agira envers
elle selon le droit des filles.
10 S’il prend une autre femme, il ne retranchera
rien pour la première à la nourriture, au vêtement, et au droit conjugal.
11 Et s’il ne fait pas pour elle ces trois choses,
elle pourra sortir sans rien payer, sans donner de l’argent.
12 Celui qui frappera un homme mortellement sera
puni de mort. »
Quant aux non
hébreux, on peut s’emparer de lui par la captivité et la domination. Car ils
(les Juifs) croient leur race supérieure aux autres et ils cherchent dans
leur Thora manipulée une justification de l’esclave. Et ils disent que Ham
fils de Noé – père de Canaan- avait suscité la colère de son père qui, sous
l’effet de l’ivresse, s’était mis à nu avant de s’endormir dans sa cache et
Ham l’a vu dans cet état.
Quand, après son réveil, il se rendit copte
de ce qui s’était passé, il fut furieux et maudit les Canaan et ses descendants
en disant d’après la Thora, Genèse, chapitre 9:25-27: « Et il dit :
25 Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères!
26. Il dit encore : Béni soit l’Ééternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave!
27. Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de
Sem, et que Canaan soit leur esclave !
Puis dans Deutéronome, chapitres 20, 10-14:
10.«Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui offriras la paix.
11 Si elle accepte la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera
te sera tributaire et asservi.
12 Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te faire la guerre,
alors tu l’assiégeras.
13 Et après que l’Eternel, ton Dieu, l’aura livrée
entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée.
14 Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera
dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis
que l’Ééternel, ton Dieu, t’aura livrés
L’attitude de la chrétienté
à l’égard de l’esclavage
La chrétienté a approuvé l’esclavage comme l’avait
fait le judaïsme auparavant. Car aucun texte des Evangiles ne l’interdit ni
ne le condamne. C’est pourquoi il est étrange que l’historien William Mayer
s’attaque à notre prophète Muhammad (bénédiction et salut soient sur lui)
à qui il reproche de n’avoir pas annulé l’esclavage immédiatement .Car le
même auteur a fermé les yeux sur l’attitude des Evangiles sur l’esclavage
puisqu’il n’a été rapporté ni du Christ ni des Apôtres ni des Eglises rien
sur cette question..
Mieux, dans ses épîtres, Paul
recommandait aux esclaves d’être sincères dans les services rendus à leurs
maîtres. C’est ainsi qu’il est dit dans Epître aux éphésiens, chapitre 6,5-9 :
5.« Serviteurs, obéissez
à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité
de votre coeur, comme à Christ,
6 .non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux
hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon coeur la volonté
de Dieu
7. Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et
non des hommes,
8. sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du
Seigneur selon ce qu’il aura fait de bien.
9. Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous
de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que
devant lui il n’y a point d’acception de personnes.»
Dans le grand Larousse du 19e siècle on lit : «Que l’on ne
s’étonne pas de la persistance de l’esclavage au sein des Chrétiens jusqu’à
nos jours, car les représentants officiels de la religion l’acceptent et en
reconnaissent la légitimité. » En somme, la religion chrétienne a complètement
admis l’esclavage jusqu’à nos jours et il serait impossible de prouver qu’elle
s’est efforcée de l’annuler.»
Les saints ont
confirmé que la nature a fait de certains des esclaves.. Les hommes d’église
n’ont pas interdit l’esclavage et ne s’y sont pas opposés. Bien au contraire,
ils l’ont soutenu. Même le philosophe saint Thomas a apporté un soutien philosophique
aux chefs religieux et, au lieu de s’opposer à l’esclavage, il l’a approuvé,
estimant, à l’instar de son maître Aristo, que c’est un statut conforme à
la nature donnée à certaines personnes. Et il n’est pas incompatible avec
la foi de se satisfaire d’un minimum en fait de biens de ce monde. «…»
Voir haqaiq al-islam par al-Aqqad, p.215.
Dans le dictionnaire
du livre saint du Dr George Youssouf, on lit : «Certes, le christianisme
ne s’est pas opposé aux aspects politique et économique de l’esclavage. Il
n’a pas non plus suscité une émulation littéraire contradictoire sur ce sujet
ni encouragé une discussion à cet égard. Il n’a rien dit encore contre les
droits des propriétaires d’esclaves ni essayé de pousser les esclaves à demander
leur libération ni fait des recherches sur les méfaits de l’esclavage et sa
dureté ni donné l’ordre de libérer les esclaves immédiatement. Globalement,
il n’a pas modifié le type de rapports existant entre esclaves et maîtres.
Bien au contraire, il a maintenu les droits et devoirs reconnus aux deux parties. «…»
L’Europe contemporaine
et l’esclavage
Puisqu’on était
dans une époque où les sociétés occidentales étaient plongées dans la renaissance
et le progrès, le lecteur est en droit de se demander ce qu’a fait (L’Europe),la
pionnière de ce progrès, en ces siècles marqués par l’importance du nombre
de ceux qui sont morts à cause des méthodes employées dans la chasse aux esclaves
sur le chemin des côtes devant lesquelles accostaient les bateaux de la compagnie
anglaise et d’autres ; ces temps où d’autres mouraient à cause du changement
de climat. En effet, 4 pour cent des effectifs périssaient à l’embarquement,
et 12 pour cent pendant le voyage, sans copter ceux qui perdaient leurs vies
dans les colonies !!!
La traite des esclaves a duré grâce aux compagnies
anglaises qui en détenaient le monopole sur la base d’une autorisation du
Gouvernement britannique. Puis celui-ci leva tout obstacle devant ses ressortissants
pour leur permettre de se livrer à la traite des esclaves. Certains experts
évaluent le nombre d’esclaves capturés par les Britanniques dans leurs colonies
entre 1680 et 1786 à 2 130 000 personnes.
Quand l’Europe
entra en contact avec l’Afrique Noire, ce contact aboutit à un désastre humanitaire
pendant lequel les nègres de ce continent subirent durant cinq siècles d’énormes
épreuves. Les pays de l’Europe ont pu imaginer des méthodes exécrables pour
kidnapper ceux-là et les expatrier vers leurs propres pays pour les utiliser
comme une main d’œuvre dans les chantiers de la renaissance et pour leur imposer
des corvées trop pénibles. Après la découverte de l’Amérique, l’épreuve se
durcit davantage, car les esclaves eurent à servir sur deux continents au
lieu d’un seul !
L’encyclopédie
britannique (vol.2, p.779) dit sur le terme «slavery» « La
chasse aux esclaves dans leurs villages en plein jungle se faisait grâce à
la mise à feu des huttes qui composaient les villages. Quand les habitants
voulaient s’échapper du feu, ils tombaient dans les filets des Anglais.» Ainsi
fut transporté un million de nègres vers l’Amérique tandis que neuf millions
devaient succomber pendant la capture, le chargement et le transport. Cala
se passa entre1661 et 1774.Ce qui signifie que seul le dixième des esclaves
capturés restaient en vie et étaient transportés en Amérique pas pour qu’ils
s’y reposassent, mais pour qu’ils y fussent asservis et torturés.
Les esclavagistes obéissaient à des lois extrêmement
honteuses. L’une d’elles stipulait que l’esclave qui agressait son maître
devait être exécuté ; celui qui prenait la fuite devait avoir ses mains
et pieds coupés et traités avec un fer surchauffé. Quand il prenait la fuite
pour la seconde fois, il devait être exécuté. Comment pouvait il tenter de
prendre la fuite si ses pieds et ses mains étaient amputés ? Une autre
loi interdisait l’apprentissage à l’homme noir et privait les gens de couleur
des emplois exercés par les blancs.
Selon les lois américaines, le rassemblement
de sept esclaves était considéré comme un crime. Et il était permis au blanc
qui passait près de là de cracher sur eux et de leur donner vingt coups de
fouets. Une autre loi stipulait que l’esclave n’avait pas d’âme et ne possédait
ni intelligence ni volonté, et que sa vie était dans ses bras. De tout cela,
on concluait que l’esclave était doué d’entendement par rapport à ses devoirs
et ses services et, de ce fait, il était responsable et comptable de toute
négligence. En revanche, il était considéré comme une chose sans âme et sans
intérêt en dehors de ses bras, quand il s’agissait de droits ?
Finalement, on arrive au bout de longs siècles
d’asservissement et d’injustice, à la rédaction du traité portant abolition
de l’esclavage et devant y mettre fin. Il fut adopté au siège des Nations
Unies en 1953.
Aussi leurs consciences
ne sont elles réveillées qu’au cours de ce dernier siècle (20e)
après qu’ils ont construit leur civilisation sur les restes des hommes libres
qu’ils avaient dominés et asservis injustement… L’homme juste qui compare
ces pratiques aux enseignements de l’Islam vieux de 14 siècles se rend compte
que vouloir incriminer l’Islam à cet égard rappelle le proverbe qui dit :
« Elle s’est faufilé après m’avoir inoculé sa maladie ! » Allah
le sait mieux.
Voir l’ouvrage
intitulé : shoubouhat hawl al-islam par Muhammad Qutb et Talbis
mardoud fi qadaya khatira par Dr Salih ibn Houmayd, l’imam de la grande
mosquée de La Mecque.
