Par Sa grâce, Allah a choisi de m’insérer dans la délégation médicale de la mission égyptienne chargée d’encadrer les pèlerins devant se rendre à la Maison d’Allah. Avec la permission d’Allah, je vais faire le pèlerinage cette année. On m’a affecté à une clinique de Médine. Je partirai directement à Médine où je vais rester jusqu’u 8e jour de Dhoul Hidjdja. J’accomplirai le petit pèlerinage avant le grand et rentrerai à Médine avant de la quitter à nouveau à la date ci-dessus indiquée.
Voici mes questions :

1. Quelles sont les formules à employer pour exprimer l’intention et la talbiya lors de l’accomplissement des petit et grand pèlerinages ?

2. qu’en est-il de l’endroit où l’on se met en état de sacralisation, quand on sait que je ne connais pas la date de l’accomplissement du petit pèlerinage.

3. Si je devais opter pour le tamatou (la nette séparation entre les deux pèlerinages), quelle serait l’ultime date de l’accomplissement du petit pèlerinage avant le 8e ou le 9e jour de Dhoul Hadjdja ?

4. Est-il permis de procéder au petit pèlerinage directement après avoir terminé le grand ou après les avoir faits selon l’option tamatou, si je n’avais pas pu le faire séparément avant le grand pèlerinage ?

5. Est-il permis de multiplier les petits pèlerinages avant ou après le grand pèlerinage sachant que je vais passer un temps sur place après la saison du pèlerinage ?

6. Quelqu’un m’a demandé de transmettre son salut au Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui). Est-il permis de le faire ?

7. L’une de mes connaissances m’a chargé de faire un petit pèlerinage à sa place et lui en dédier la récompense. Je sais qu’elle est bien portante mais je ne sais pas si elle est en mesure de supporter les dépenses de l’accomplissement d’un petit pèlerinage ou pas. Cependant, elle ne peut pas demander à son mari de faire le petit pèlerinage à sa place.

8. Je ne vais supporter les charges de mon pèlerinage. Bien au contraire, je vais recevoir une somme d’argent (pour mes services). Aurai-je tout de même accompli mon pèlerinage obligatoire ou cela ne sera-t-il le cas que quand j’assurerai les dépenses de mon propre argent ?

Louanges à Allah

Premièrement, il y a une différence entre l’intention et la talbiya. La
première réside dans le cœur et n’a
pas besoin d’être prononcée.
Elle demeure nécessaire en pèlerinage comme
dans les autres actes cultuels. Quant à la talbiya, certains ulémas la considèrent comme recommandées tandis que d’autres la jugent obligatoire. Le pèlerin doit la proclamer. Elle vise à spécifier
le type de pèlerinage choisi.
Celui qui veut faire un
petit pèlerinage dira : labbayka
Allahoumma oumratan = (me voici venu Seigneur faire un petit
pèlerinage). Celui qui veut faire un grand pèlerinage dira : labbayka Allahoumma hadjdjan = (me voici venu Seigneur faire un grand pèlerinage).
Celui qui veut cumuler les deux dira : labbayka Allahoumma oumratan wa hadjdjan)
= (me voici venu Seigneur faire
le petit et les grands pèlerinages)

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit :
«Sache que l’intention réside dans le cœur. Dès lors,
il n’est pas institué de dire : Seigneur, j’ai l’intention d’accomplir un petit pèlerinage ou un grand pèlerinage car cela n’a pas été
reçu du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui). On se contente de formuler la talbiyya en fonction
de son intention. Mais prononcer
la talbiya ne revient pas à
exprimer son intention. Car elle
est un rappel d’Allah et non une information
sur ce qui réside dans le cœur. » Extrait succinct légèrement remanié de ach-charh al-moumt’i (2/291).

Pour davantage
d’informations voir la réponse donnée à la question n°
31821

Deuxièmement, étant donné
que vous partez de chez vous en Egypte
pour vous rendre directement à Médine, vous vous mettrez
en état de sacralisation à partir du lieu fixé à cet
effet pour les Médinois, à
savoir Dhoul Houlayfa. Vous n’êtes pas tenu de vous mettre
en état de sacralisation à partir de l’Egypte ou à votre
arrivée à Médine. Quand vous voudrez
aller à La Mecque, vous vous mettrez
en état de sacralisation au lieu fixé à cet effet
pour les Médinois.

Pour davantage
d’informations, voir la réponse donnée à la question
135298 et la réponse donnée à la question n°96758.

Troisièmement, il vaut mieux accomplir le petit pèlerinage avant le milieu de
matinée de la journée du 8e jour (dit
Tarviyah) en application de
la parole du Très-haut : « celui qui aura profité de son séjour pour effectuer le petit pèlerinage, en attendant la période du pèlerinage… » La
transition entre les deux prend
fin avec l’entrée du temps du second. Or les rites de celui-ci commencent au 8e jour.

Cheikh Muhammad Ibn Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en
ces termes : «Peut-on initier un pèlerinage selon l’option tamatou après l’entrée du temps du grand pèlerinage
à partir de l’après-midi du
8e jour ? » Voici sa réponse :
«Allah le Puissant et Majestueux a dit : « celui qui aura profité de son séjour pour effectuer le petit pèlerinage, en attendant la période du pèlerinage… » Ce qui signifie
que le petit pèlerinage se fait avant
l’avènement de la période
du grand pèlerinage.

Si vous arrivez à La Mecque au 8e jour, vous disposez de deux options : faire un pèlerinage unique ou combiner les
deux pèlerinages. Quant à l’option tamtaou, vous l’avez ratée.
Le pèlerin ne doit pas se
donner une occupation qui l’oblige
à sortir de Mina étant donnée l’arrivée du milieu de
matinée du 8e jour. Ce qu’on vous
demande est
de rester à Mina. Si vous alliez faire un petit pèlerinage,
vous y passeriez un temps consacré au grand pèlerinage dont la période commence à partir du milieu de matinée du 8e jour. Les compagnons (P.A.a) ne se mettaient pas en état de sacralisation à ce moment. Si vous êtes arrivé en
retard, ce que je vous suggère
est de faire un pèlerinage
unique ou les deux pèlerinages combinés. L’option tamatou n’a pas sa
place dans ce cas. » Extrait de Madjmou fatwas d’Ibn Outhaymine (22/52).

Quatrièmement, il n’est pas juste d’accomplir un petit pèlerinage
après le grand pèlerinage avec l’intention
d’appliquer les options tamatou
ou quirane (pèlerinages mineur et majeur séparés par une pause ou les deux combinés sans pause). C’est parce que le petit pèlerinage fait selon l’option tamatou précède le grand pèlerinage d’après le texte coranique :
«celui qui aura profité de
son séjour pour effectuer
le petit pèlerinage, en
attendant la période du pèlerinage…
»

Si le temps
du grand pèlerinage commence avant
que le pèlerin n’ait pu procéder au petit pèlerinage, il a raté l’option tamatou
et il n’est tenu de le rattraper après le
grand pèlerinage avec l’intention
d’agir selon l’option quirane. Celui qui agirait ainsi n’aurait pas combiné les deux pèlerinages. Il les aurait accomplis l’un complètement indépendant de l’autre. Il peut toutefois suivre l’option quirane en combinant
les deux pèlerinages dans son intention mais aussi dans la formulation de la talbiyya en disant : Labbayka
allahoulla hadjdjan wa oumratan .Il en ferait de même
pour les rites. Voilà ce qui
est préférable pour lui, une fois
qu’il aura raté l’option tamatou.

Selon une partie des
ulémas, le quirane reste absolument la meilleure option. Elle est en tous
cas préférable au pèlerinage unique sans aucune
contestation.

Il faut savoir que celui
va en pèlerinage
au moment opportun peut
combiner les deux pèlerinages
et accomplir leurs rites en même temps sans les séparer. Dans ce cas, il
est inconcevable qu’il rate le petit pèlerinage. Il peut encore prendre
la troisième option qui consiste
à accomplir un pèlerinage
unique. Ce qui représente l’option
la moins méritoire puisqu’elle contient moins d’actes. Le pèlerin qui opte pour le tamatou ou le quirane,
fait les deux pèlerinages tandis que l’auteur de la troisième option n’en fait qu’un seul.

A propos de l’accomplissement
du petit pèlerinage avant ou après le grand, voir la réponse donnée à la question n°
174622 et la réponse donnée
à la question n°126752.

Cinquièmement, recommander à quelqu’un
qui voyage pour visiter la mosquée
du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) de transmettre son
salut à ce dernier n’est pas institué. Les ancêtres pieux, notamment les compagnons et leurs successeurs,
ne le faisaient pas. Il s’y ajoute que les prières que nous formulons au
profit du Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) lui parviennent
où que nous soyons.

A ce
propos, Abou Dawoud(2042) a rapporté d’après Abou Hourayrah
(P.A.a) que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Ne transformez pas vos maisons en tombes
et ne faites pas de ma tombe
un lieu de fréquentation festive. Priez
pour moi car vos prières me parviennent où que vous soyez.
» Si nos prières lui parviennent où que nous soyons, point n’est besoin de demander à quelqu’un de lui transmettre notre salut. Voir à toutes
fins utiles la réponse donnée à la question n° 69807.

Sixièmement, il est permis de faire le petit pèlerinage
à la place d’un autre, si ce dernier en est
incapable en raison de son âge
ou à cause d’une maladie incurable ou parce qu’il n’est
plus.

On a interrogé les ulémas de la
Commission Permanente pour la Consultance en ces termes
: «Je voudrais faire un petit pèlerinage
autour de la Maison sacrée d’Allah avant d’en faire un autre au profit de mes père et mère qui sont encore vivants- Allah en soit loué-
et au profit de leur père
et mère à eux qui sont déjà morts (puisse Allah leur accorder Sa miséricorde). Est-ce la bonne juste manière d’agir ? »

Voici leur réponse : «Une fois que vous
aurez accompli le petit pèlerinage
pour vous-même, vous pourrez le faire pour le compte
de vos père et mère incapables de le faire, eux-mêmes,
soit en raison de leur âge, soit
à cause d’une maladie jugée incurable. Vous pouvez également le faire au profit
de vos défunts grands
parents. » Extrait de fatwa de la Commission
Permanente (11/80-81). Voir à toutes
fins utiles la réponse donnée à la question n° 10318 et
la réponse donnée à la
question n° 65641.

Septièmement, l’accomplissement du pèlerinage n’implique pas la
condition de le faire grâce à ses fonds propres car on peut le faire valablement aux frais d’autrui.

On a interrogé
les ulémas de la Commission Permanente pour la Consultance en ces termes : «Comment juger celui qui fait le pèlerinage aux frais du Gouvernant ? »  C’est le cas du gouvernant alloue une somme d’argent
à ses administrés et leur dit : utilisez ces
fonds pour faire le pèlerinage.
Leur est-il permis de le faire ? S’ils le font, le pèlerinage ainsi accompli peut-il les
dispenser du pèlerinage obligatoire ? Argumentez votre réponse. » Voici leur réponse :«Il leur est
permis de le faire justement
compte tenu de la portée générale des arguments (relatifs au sujet). Extrait des fatwas de la Commission Permanente (11/36).

Un autre cas plus
acceptable encore est celui
d’un agent employé pour le pèlerinage
qui en profite pour en accomplir les rites. L’attitude de celui-là ne représente aucun inconvénient, à condition de ne pas remettre en cause son travail.

Cheikh al-islam Ibn Taymiyah
(Puisse Allah lui accorder
Sa miséricorde) a dit : «Le commerce n’est pas interdit. Toutefois, le pèlerin ne doit pas se livrer à des
occupations de nature à le détourner du pèlerinage. » Extrait d’al-ikhtiyaraat al-fiqhiyya par
al-Baali (115). Voir à toutefois utiles la réponse donnée à la question n°
82293 et la réponse donnée à la question n° 32629.

Allah le sait
mieux.