La bonne intention peut-elle intercéder en faveur de celui qui la nourrit ? Est-elle soumise à des règles ?
Louanges à Allah
Les actes cultuels du
musulman ne sont agréables qu’à la réunion de deux conditions essentielles.
La première consiste à nourrir une intention sincère à l’égard d’Allah Très
Haut.
Cela signifie que l’on
vise à travers ses paroles et ses actes manifestes et cachés la satisfaction
d’Allah Très Haut, à l’exclusion de tout autre. La seconde consiste à se conformer
à l’ordre d’Allah Très Haut qui doit régir nos actes cultuels. Ce qui ne peut
se faire que si l’on reste fidèle au message du Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) et s’écarte de tout ce qui lui est opposé et s’abstient d’introduire
de nouvelles pratiques cultuelles ou de nouvelles manières dans la pratique
cultuelle qui ne soient pas rapportées de façon sûre du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui).
Les deux conditions découlent
de la parole du Très Haut : «Dis: « Je suis en fait un être humain
comme vous. Il m’ a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique! Quiconque,
donc, espère rencontrer son Seigneur qu’ il fasse de bonnes actions et qu’
il n’ associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur ». »
(Coran, 18 : 110).
Ibn Kathir (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dit : « Celui qui espère rencontrer
Son Maître, signifie : celui qui espère obtenir Sa récompense dont Il
rétribue la bonne action. Et « qu’il fasse de bonnes actions »
signifie : conformes à la loi d’Allah. Et « et qu’ il n’
associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur » c’est ce qui
est fait dans le seul but de complaire à Allah qui n’a pas d’associé. Ces
deux (sincérité et conformité) constituent les deux fondements de l’œuvre
agréée. En effet, celle-ci doit toujours être exclusivement vouée à Allah
et conforme à la loi du Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur
lui) »
Voir le Tafsir d’Ibn
Kathir, 4/108.
Voilà pourquoi Allah
dit dans la plus importante sourate du Coran : « C’est Toi (seul)
que nous adorons. C’est aussi à Toi (seul) que nous demandons assistance ».
Il entend indiquer par
là que l’attestation de l’unicité absolue d’Allah et la sincérité (à Son égard)
constituent une des conditions de la validité d’une action. L’autre condition
est indiquée dans la suite : « Guide nous vers le droit chemin ».
La pratique cultuelle n’est correcte que si son auteur se maintient dans le
chemin droit tracé par Allah Très Haut en suivant Son Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui). On trouve dans le Sahih un hadith dans lequel
Aïcha rapporte que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui)
dit : « Quiconque accomplit une œuvre non conforme à notre ordre
la verra rejetée » (rapporté par Mouslim, 1718). C’est-à-dire que son
œuvre sera rejetée puisqu’elle ne sera pas acceptée. Si l’une de ces deux
conditions (sincérité et conformité) manque à une œuvre, elle ne profitera
pas à son auteur. Quiconque cherche le bien et la récompense et l’agrément
de son Maître Transcendant, qu’il L’adore et se rapproche de Lui en appliquant
Sa loi. Le Transcendant a dit : «Dis: « Si vous aimez vraiment
Allah, suivez- moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés.
Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran, 3 : 31).
La seule bonne intention
ne suffit pas et ne peut pas intercéder en faveur de celui qui la nourrit
s’il ne se conforme pas à la loi (divine) et s’il se permet d’adorer Allah
par des pratiques innovées. Il est vrai que beaucoup d’innovateurs se sont
fait tort, en raison de leur ignorance (des implications) des innovations
qu’ils utilisent pour se rapprocher d’Allah ! !
Quand Ibn Massoud dénonça
l’initiative de gens qui avaient formé un cercle (dans la mosquée) pour mentionner
Allah et qu’ils évoquèrent leur bonne intention et affirmèrent qu’ils n’entendaient
que bien faire, il n’accepta pas leur excuse . Car que de fois rate sa
cible celui qui veut bien faire ! (rapporté par ad-Darani, 204). La
seule bonne intention ne suffit pas pour obtenir le bien et jouir de la récompense
et de la proximité divines. Car il faut, en plus, se conformer à la loi (religieuse)
et éviter les innovations.
La bonne intention peut
toutefois profiter à celui qui la nourrit dans deux cas. Le premier consiste
dans la transformation des actes habituels en actes cultuels. La bonne intention
fait de l’habitude un acte d’adoration qui attire à son auteur une récompense.
C’est le cas si, en mangeant et en buvant ou le fait avec l’intention d’être
assez fort pour se consacrer à l’obéissance d’Allah Très Haut et si, en se
mariant, on le fait avec l’intention de protéger sa chasteté et celle de sa
femme, etc. Le second consiste à obtenir une récompense sans avoir accompli
une action, puisqu’on est animé de la ferme volonté de bien faire .
Il arrive en effet que
le musulman ait la ferme volonté d’accomplir des actes religieux avant d’en
être empêché. Dans ce cas, il sera récompensé comme l’indiquent des hadith
dont voici quelques uns :
1/ Djabir (P.A.a) a dit :
nous étions en compagnie du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
au cours d’une expédition lorsqu’il dit : « Il y a certes à Médine
des gens qui vous accompagnent (dans leurs pensées) chaque fois, que vous
parcourez une distance ou traversez une vallée ; c’est la maladie qui
les a empêchés d’être là. Selon une autre version : « ils partageront
votre récompense » (rapporté par Mouslim, 1911).
2/ D’après Abou Darda
(P.A.a) le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Si
, au moment de se coucher, on a l’intention de se réveiller pour prier dans
la nuit, et si par excès de sommeil, on n’a pas pu le faire jusqu’au matin,
on sera récompensé en fonction de son intention et le sommeil sera alors une
aumône faite par Son Maître Puissant et Majestueux à l’intéressé » (rapporté
par Nassaï (1787) et par Ibn Madja (1344) et déclaré authentique par Cheikh
al-Albani dans Sahihi at-Targhib, 601).
3/ D’après Sahl Ibn Hounayf
(bénédiction et salut soient sur lui) le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : « Si quelqu’un demande sincèrement à Allah de lui
faire subir le martyr, Allah lui octroiera le grade de martyr, même s’il mourrait
sur son lit » (rapporté par Mouslim, 1909).
Beaucoup d’autres textes
abondant dans le même sens indiquent que si l’on nourrit sincèrement et résolument
l’intention de faire du bien et si quelque chose nous en empêche, Allah inscrit
en notre faveur la récompense de ce que nous voulions faire.
Là, la bonne intention
intercède en faveur de celui qui en est animé et lui attire une récompense.
Voir la réponse donnée
aux questions
n° 21519
et 21362.
Allah le sait mieux.
