La pratique ouverte du péché constitue-t-elle une mécréance ? Nous parlons d’actes de désobéissance tels le fait de regarder des films ou d’écouter des chansons …

Y a-t-il à cet égard une différence entre les péchés majeurs et les péchés mineurs ?

J’espère que vous vous intéresserez à cette question. Car de nombreux frères et sœurs récemment convertis sont confrontés à ce problème.

Louanges
à Allah

Il
est hors de douter que la pratique notoire des péchés majeurs les aggrave
au point de conduire le pécheur vers la mécréance s’il est fier d’agir ainsi
et s’il affirme son non respect du caractère interdit du péché. Il n’y a aucune
différence à cet égard entre les péchés majeurs et les péchés mineurs. 

Abou
Hourayra affirme avoir entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) dire : « Tous les membres de ma communauté jouiront de
la paix sauf ceux qui se comportent mal ostentatoirement. Agit ainsi celui
qui accomplit un acte (interdit) au cours de la nuit, qu’Allah cache aux autres,
mais qui se met au matin à dire : ô un Tel ! J’ai fait ceci ou cela
hier. Pourtant Allah avait caché l’acte qu’il a révélé » (rapporté par
AL-Boukhari, 5721 et par Mouslim, 2990).

Cheikh
Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : « Il
y a un troisième groupe composé de débauchés déterminés qui parle fièrement
de son adultère – A Allah ne plaise. L’un d’eux affirme fièrement avoir visité
tel pays et couché avec de nombreuses femmes… Un tel individu doit être invité
à se repentir. S’il s’en abstient, on doit le tuer. Car celui qui avoue fièrement
avoir commis l’adultère laisse comprendre qu’il croit que cet acte est licite
– à Allah ne plaise – Or celui qui croit l’adultère licite est un mécréant »
(Charh riadh as-Salihiin, 1/116).

Nul
doute que les péchés comportent plusieurs niveaux et varient en gravité selon
l’état de leurs auteurs pendant et après le péché. Celui qui les commet discrètement
n’est pas comme celui qui le fait ouvertement. Celui qui regrette son acte
n’est pas comme celui qui en reste fier.

Ibn
al-Qayyim dit : « En somme, les degrés des péchés varient selon
les dégâts qui en résultent. L’homme ou la femme qui se choisit un ami de
l’autre sexe sont moins mauvais que le fornicateur et la fornicatrice qui
accepte n’importe quel partenaire. Le péché de celui qui agit discrètement
est moins grave que celui qui le fait publiquement.

Le
péché de celui qui se cache est moins grave que le péché de celui qui le révèle
aux autres. Celui-là est loin de la paix et du pardon que le Très Haut accorde
(à Ses serviteurs). C’est à ce propos que le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) dit : « Tous les membres de ma communauté jouiront
de la paix sauf ceux qui se comportent mal ostentatoirement. Agit ainsi celui
qui accomplit un acte (interdit) au cours de la nuit, qu’Allah cache aux autres,
mais qui se met au matin à dire : ô un Tel ! J’ai fait ceci ou cela
hier. Pourtant Allah avait caché l’acte qu’il a révélé ».

Voir
Ighathatoul lahfan, 2/147.

Les
termes Khidn et Khidhah désigne un petit ami ou une petite amie.

En
principe, le musulman, auteur d’un péché, doit se repentir, solliciter le
pardon et se décider de ne pas récidiver non persister dans le péché et en
parler fièrement en public.

Ahmad (8792) et At-Tirmidhi
(3334) ont rapporté d’après Abou Hourayra (P.A.a) que le Messager d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « quand le croyant
commet un péché, on imprime un point noir dans son cœur. S’il se reprend et
sollicite le pardon, on lui nettoie le cœur. S’il persiste dans le péché son
cœur continue de se noircir pour être gagné par la tâche dite rayn
mentionnée par Allah Puissant et Majestueux dans le Coran où Il dit :
« Certainement, non. Mais ce sont leurs œuvres qui ont déteint sur leurs
cœurs »  (déclaré bon par al-albani dans Sahih at-Tirmidhi, 2654).

Il
reste une question que vous avez mentionnée. Ce sont les péchés commis notoirement
par des personnes récemment converties qui ignorent encore les dispositions
de l’Islam. Ces gens sont excusés à cause de leur ignorance. Mais il faut
les instruire.

Veillez
à leur bonne orientation et communiquez-leur cette réponse.

Puisse
Allah nous assister tous à faire ce qu’Il aime et agrée.

Allah le sait mieux.