Quand j’étais au lycée, je négligeais souvent la prière. Je n’accomplissais qu’une partie des prières. J’ai lu dans une de vos fatwas que celui qui abandonne la prière par paresse n’aura pas à la rattraper. En d’autres temps, je faisais la prière mais en regroupant et en raccourcissant les prières tout en étant résident et sans aucune excuse. Devrais-je rattraper les prières du passé ou faut il que je me contente de me repentir?
Louanges à Allah
Premièrement, l’abandon total de la prière est une
mécréance qui exclut son auteur de la religion selon le juste des deux avis
émis par les ulémas. Pour en savoir davantage, voir la réponse donnée à la question n°
5208.
Quant à celui qui prie parfois et s’en abstient parfois,
certains ulémas soutiennent qu’il est aussi mécréant. C’est l’avis reçu de tous
les compagnons. C’est ce qui sou tend la fatwa émise par la Commission
Permanente pour la consultance dirigée par Cheikh Abdoul Aziz ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). D’autres
ulémas soutiennent que seul l’auteur
d’un abandon définitif devient mécréant. Cheikh al-islam,
Ibn Taymiya (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) et Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) font partie des partisans de cet avis. Pour en
savoir davantage, voir la réponse donnée à la question
n° 52923 et la réponse donnée à la question
n° 83165.
Deuxièmement, une divergence oppose les ulémas à propos
du statut de celui qui abandonne la prière délibérément comme le paresseux et
consort. Doit-il les rattraper comme doivent le faire le dormeur et l’oublieux?
Celui qui abandonne la prière sans excuse doit a priori être invité à procéder
au rattrapage des prières par rapport aux gens excusés. C’est ce que soutient
la majorité des ulémas et c’est ce qui est unanimement adopté par les quatre
écoles juridiques et d’autres.
Ne doit-il pas les rattraper? S’il les rattrapait, ce
serait inutile car l’abandon de la prière entraîne la mécréance. Or le mécréant
ne profitera pas de la prière aussi long temps qu’il restera mécréant. On ne lui
demande pas de rattraper des prières non accomplies pendant son apostasie . Il s’y ajoute que toute pratique cultuelle est
liée à un temps d’accomplissement. Quant on le déplace de son temps sans une
excuse légale, elle devient irrecevable. Ceci s’atteste dans la parole du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):«Quiconque accomplit une action
non conforme à notre ordre la verra rejeter.» (Rapporté par Mouslim,1718). Pour en savoir davantage, voir la réponse donnée à
la question n°105849 et la réponse donnée à
la question n°197247.
Le statut du raccourcissement de la prière en cas de
sédentarité s’assimile à celui de son abandon total. Si on l’accomplissait
amputée d’une rakaa ou d’une prosternation ou de
l’une quelconque de ses composantes
essentielles, de manière délibérée, elle serait nulle. Son auteur serait comme
celui qui n’a pas du tout prié. Ce serait comme une façon de tourner en dérision
les rites d’Allah. Celui qui se comporte de cette manière s’expose à un grand
danger, à moins qu’Allah ne le comble de Sa miséricorde et lui inspire un
repentir sincère.
D’après Ibn Abbas, Allah a prescrit la prière en la
faisant communiquée verbalement par votre Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui). Celui-ci a expliqué que la prière comporte quatre rakaa
quand elle est accomplie par un résident, et deux quand elle est pratiquée par
un voyageur, et une seule rakaa en cas de peur (d’une
possible attaque de l’ennemi). (Rapporté par Mouslim
(687).
Ibn Hazem (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit :«Le nombre de rakaa est le même dans les deux prières de l’après midi et
la deuxième prière de la nuit: il s’agit de quatre rakaa
quand le prieur est résident; qu’il soit bien portant ou malade. En cas de voyage , la prière à quatre rakaa
est ramenée à deux . En cas d’une grande peur, la prière est réduite à une
seule rakaa. En dehors du dernier cas controversé, le
reste fait l’objet d’un consensus certain.» Extrait d’al-Mouhalla
(3/185).
Quatrièmement, il n’est pas permis de regrouper deux
prières sans excuse. Celui qui le fait sans aucune justification religieuse
commet un péché. Car il se heurte à des textes religieux abondant dans ce sens,
notamment la parole du Très-haut:« certes,
la prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps
déterminés.» (Coran,4:103) Abonde encore dans le même
sens la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):« Gabriel
(paix sur lui) m’a dirigé la prière deux fois près de la Maison; il me dirigea
la première prière de l’après midi quand le soleil s’inclina du zénith la
longueur d’un lacet de soulier, puis la
seconde prière de l’après midi quand son ombre était égale à sa taille, puis la
prière du coucher du soleil au moment où le jeûneur rompt son jeûne puis la
deuxième prière de la nuit à la disparition des rayons rouges visibles après le
coucher du soleil puis la prière de l’aube au moment où il est interdit au
jeûneur de manger et de boire. Le lendemain, il me dirigea la première prière
quand son ombre atteignait sa taille
puis la seconde prière de l’après midi quand son ombre était deux fois aussi
longue que sa taille puis la prière du coucher du soleil au moment où le
jeûneur rompt son jeûne puis la deuxième prière de la nuit après l’écoulement
du tiers de la nuit puis celle de l’aube au moment où l’horizon s’éclaircissait
nettement. Ensuite, il se tourna vers
moi pour dire: ô Muhammad! Voilà les temps fixés pour les prophètes antérieurs.
Il faut choisir un temps entre les deux limites.» (Rapporté par Abou Dawoud, 393 et par at-Tirmidhi,149) Al-Albani a qualifié sa
chaîne de bonne et authentique dans Sahih Abou Dawoud- al-Oum n° 417.
Ibn Qoudama
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:« Les musulmans sont tous d’avis
que les cinq prières sont fixées selon une horaire connue et bien déterminée. Des
hadiths très authentiques les ont abordés.» Extrait d’al-Moughni
(1/224).
Cela étant, il n’est permis
de regrouper deux prières qu’en présence d’une cause légale comme le voyage ou
la pluie ou la maladie. En l’absence d’une telle cause, on s’en tient au statut
originel qui est le respect de l’horaire normale.» Voir al-Moughni
d’Ibn Qoudama (2/60).
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:«
Du moment que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a fixé de façon précise et détaillée le temps
des prières, leur déplacement constitue une violation des limites d’Allah:« Et
ceux qui transgressent les ordres d’Allah ceux-là sont les injustes.» (Coran,2:229). Si on accomplit une prière avant son heure
délibérément, on commet un péché et l’on doit reprendre la prière. Si on ‘a pas
agi délibérément, on ne commet aucun péché mais on doit reprendre la prière.
C’est ce qui arrive quand on regroupe deux prière en
anticipant la dernière. Celle-ci serait invalide et devrait être reprise. Celui
qui retarde la prière délibérément sans excuse commet un péché et la prière
qu’il fera ne sera pas agréée selon l’avis le mieux argumenté. C’est ce qui se
passe au cas où l’on regroupe deux prière en retardant
la première par rapport à son heure sans une cause légale. La prière déplacée
ne sera pas agréée selon l’avis le mieux argumenté. Le musulman doit craindre
Allah Très-haut et n’aborder cette
importante pratique à légère….» Extrait de Madjmou
al-fatawas (15/387).
Ce que vous devez faire
maintenant est de vous repentir sincèrement devant Allah pour ce que vous avez
fait et d’améliorer vos affaires à l’avenir et de vous imposer le respect de la
prière qui demeure l’une des plus importantes prescriptions faites par Allah à
Ses fidèles serviteurs.
Si ,par précaution, vous
vous efforciez à rattraper les prières que vous aviez ratées, en particulier
celles que vous avez regroupées et raccourcies alors que vous étiez résident et
sans aucune excuse religieuse, ce serait
mieux et plus à même de vous donner acquis ce conscience. Multipliez les
prières surérogatoires dans la mesure du possible conformément à la parole du
Très-haut:« Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines
heures de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une
exhortation pour ceux qui réfléchissent. Et sois patient. Car Allah ne laisse
pas perdre la récompense des gens bienfaisants.» (Coran,11:114-115)
Allah le sait mieux.
