Quelles sont les conditions de validité de la prière.

Louanges à Allah

Selon la terminologie en
usage dans la jurisprudence islamique, le terme condition désigne un élément
dont l’inexistence entraîne l’inexistence de quelque chose, mais dont
l’existence n’entraîne pas nécessairement l’existence de la chose. Les
conditions de validité de la prière sont des éléments dont dépend la validité
de la prière de manière à ce que si l’une d’elles manque, la prière devienne
caduque.

Les voici:

La première, la plus importante, consiste dans l’entrée
de l’heure. Selon l’avis unanime des ulémas, aucune prière ne peut valablement
être effectuée avant l’entrée de son heure, compte tenu de la parole du Très
Haut: «Quand vous avez accompli la Salâ,
invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés. Puis lorsque
vous êtes en sécurité, accomplissez la Salâ
(normalement), car la Salâ demeure, pour les
croyants, une prescription, à des temps déterminés.» (Coran,4:103) Les heures de prières sont indiquées sommairement
par Allah dans Son livre. Le Très Haut a dit : « Accomplis la prière
au déclin du soleil jusqu’à l’obscurité de la nuit, et (fais) aussi la Lecture
à l’aube, car la Lecture à l’aube a des témoins. » (Coran,17:78) L’expression 
« au déclin du soleil  » renvoie à l’inclinaison (
marquant le début de l’après midi) L’expression «l’obscurité de
la nuit» renvoie à minuit. Le laps
de temps s’étendant de midi à minuit comprend les heurs des quatre prières que
sont: le zuhr, le asr , le maghrib
et le isha.

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) en a
parlé exhaustivement dans sa Sunna. Nous les avons expliquées dans le cadre de
la réponse donnée à la question n° 9940.

La deuxième condition
consiste dans la couverture des parties honteuses du corps. Quiconque accomplit
la prière sans couvrir les dites parties, aura 
sa prière caduque, compte tenu de la parole du Très Haut: «Ô
enfants d’Adam, dans chaque lieu de Salâ portez votre
parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il
(Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès.   » (Coran,7:31)

Ibn Abd
al-Barr (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
dit : « Ils (les ulémas) sont tous d’avis que la prière de celui qui prie tout
nu alors qu’il possède un habit et peut l’utiliser est nulle. »

Pour davantage d’informations, se référer à la réponse
donnée à la question n° 81281.

Par rapport aux prieurs, les parties honteuses sont
divisées comme suit:

1.                      
Parties
honteuses atténuées: ce sont  celles d’un
mâle âgé de sept à dix ans. Pour une telle personne ,
ses partis honteuses, se limitent à son sexe et son derrière.

2.                      
Parties
honteuses moyennes. Ce sont celles d’une personne âgée de dix ans ou plus. Il
s’agit alors de la région allant des genoux au nombril.

3.                      
Parties
honteuses aggravées. Elles concernent la femme libre et majeure, et elles
s’étendent à tout le corps à l’exception du visage et des paumes. Une
divergence de vues oppose les ulémas à propos de pieds.

Les troisième et quatrième conditions consistent dans la
propreté. Celle-ci comporte deux aspects: la propreté nécessitée par une cause
mineure et celle consécutive à une cause majeure.

1.La propreté
nécessitée par l’une des deux causes: Celui qui fait la prière sans avoir
acquis l’état de propreté , aura sa prière nulle , selon l’avis unanime des
ulémas, compte tenu de ce hadith d’al-Boukhari (6954)
rapporté par Abou Hourayra (P.A.a)
selon lequel le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «» Allah
n’agrée pas la prière de celui dont les ablutions sont rompues avant qu’il ne
les renouvelle. »

2. La propreté nécessitée par une cause majeure. Celui
qui prie tout en traînant consciemment une souillure, aura sa prière nulle.

Le prieur doit éviter la saleté par rapport à trois
choses:

La
première c’est son corps. Il faut débarrasser le corps de toute impureté. Cela
s’atteste dans  ce que Mouslim a rapporté (292) d’après Ibn Abbas (P.A.a) selon lequel le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) est passée près de deux tombes et dit: «Les occupants seront
châties pour une cause mineure. L’un d’entre eux perpétuait le colportage , et l’autre ne se cachait pas quand il urinait…»

La
deuxième chose est le vêtement. Ceci s’atteste dans ce hadith rapporté par al-Boukhari (227) d’après Asma bint Abi Bakr
(P.A.a) selon la quelle une femme se présenta au
Prophète ( bénédiction et salut soient sur lui) et lui
dit: «Quand l’une d’entre nous souille son vêtement avec le sang menstruel, que
doit elle faire?

– Elle
doit le gratter, y verser de l’eau puis le nettoyer avant de le porter pour
prier. »

La troisième chose est la
place où l’on prie. Ceci s’atteste dans le hadith rapporté par al-Boukhari d’après Anas Ibn Malick
(P.A.a) selon lequel «un bédouin vint uriner dans un
coin de la mosquée. Les gens voulurent le chasser à force de cris. Le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) le leur interdit. Quand le bédouin finit d’uriner , le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
fit verser un sceau d’eau sur l’urine. »

La
cinquième condition consiste à s’orienter vers la direction de La Mecque.
Quiconque accomplit une prière sans se orienter vers La Mecque, tout en étant
capable de le faire, aura sa prière caduque selon l’avis unanime des ulémas,
compte tenu de la parole du Très Haut: « 
Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous
te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton
visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages.
Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c’est la vérité venue
de leur Seigneur. Et Allah n’est pas inattentif à ce qu’ils font.   » (Coran,2: 144) et
compte tenu encore de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) adressée à celui qui avait mal prié: «puis oriente toi vers la direction
de La Mecque, puis dis: Allahou akbar»
(Rapporté par al-Boukhari, 6667)

Pour
davantage d’informations, se référer à la réponse donnée à la question n°
65853.

La
sixième condition consiste  dans
l’intention. Quiconque prie sans l’intention de le faire aura effectuée une
prière nulle, compte tenu de ce qu’al-Boukhari a
rapporté d’après Omar ibn al-Khattab (P.A.a) qui a déclaré avoir entendu le Messager d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) dire : « Les actions dépendent des
intentions. Chacun sera rétribué en fonction de ses intentions.»

Allah
n’agrée aucune œuvre qui ne repose sur une (bonne) intention.

Les six
conditions précédentes concernent exclusivement la prière. On y ajoute des
conditions générales qui s’appliquent à tout acte cultuel. A savoir: être
musulman, jouir de ses facultés mentales et être en état de  discernement. Cela étant, les conditions de
validité de la prière sont au nombre de neuf: être musulman, jouir de ses
facultés mentales, être en état de discernement, être débarrassé d’une
souillure mineure, se débarrasser de la souillure majeure, couvrir ses parties
honteuses, entrée de l’heure de la prière, s’orienter vers la direction de La
Mecque et avoir l’intention de prier.

Allah le
sait mieux.