Quels sont les droits de la femme dans l’Islam ?

Comment ces droits ont-ils évolué depuis l’âge d’or de l’Islam (8e –12e siècles) à supposer qu’ils aient évolué ?

Louanges à Allah

Premièrement, l’Islam a véritablement honoré la femme. En
tant que mère, celle-ci doit être obéie et bien traitée. Sa satisfaction est
inextricablement liée à celle d’Allah Très Haut. Et il est dit que le paradis
se trouve à ses pieds. C’est-à-dire que le chemin le plus court pour arriver
au paradis passe par elle. C’est pourquoi il est interdit de la maltraiter
et de susciter sa colère ne serait-ce qu’en poussant un « ouf »
d’impatience devant elle. Ses droits sur l’enfant sont plus importants que
ceux du père. Et il est particulièrement recommandé par l’Islam de prendre
soin de sa mère âgée et faible. Toutes ces recommandations sont comprises
dans de nombreux textes figurant dans le Coran et la Sunna. C’est le cas de
la parole du Très Haut : «Et Nous avons enjoint à l’ homme de la bonté
envers ses père et mère.» (Coran,46:15) et de Sa parole : « Et ton
Seigneur a décrété: « N’ adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers
les père et mère: si l’ un d’ eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse
auprès de toi, alors ne leur dis point: « Fi! » et ne les brusque
pas, mais adresse- leur des paroles respectueuses. et par miséricorde, abaisse
pour eux l’ aile de l’ humilité, et dis: « ش mon Seigneur, fais-
leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ ont élevé tout petit.» (Coran,17:23-24).

D’après Ibn Madia (2781)
Muawiya ibn Djahimah as-Soulami (P.A.a) a dit : « Je me suis rendu
auprès du Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) et lui ai
dit :

–        
ô Messager d’Allah ! Je veux pratiquer le
djihad à tes côtés dans le but de complaire à Allah et de gagner (le bonheur
de) la vie future…

–        
Pauvre ! Ta mère est-elle vivante ?

–        
Oui

–        
Va t’occuper bien d’elle.

Puis j’ai fait un détour
et je suis revenu lui dire encore :

–        
ô Messager d’Allah ! Je veux pratiquer le
djihad à tes côtés dans le but de complaire à Allah et de gagner (le bonheur
de) la vie future…

–        
Pauvre ! Ta mère est-elle vivante ?

–        
Oui

–        
Va t’occuper bien d’elle.

Puis j’ai fait encore
un détour et je sis revenu me mettre en face de lui pour lui dire :

–        
ô Messager d’Allah ! Je veux pratiquer le
djihad à tes côtés dans le but de complaire à Allah et de gagner (le bonheur
de) la vie future…

–        
Pauvre ! Ta mère est elle vivante ?

–        
Oui.

–        
 Pauvre ! Reste auprès d’elle car c’est là
qu’il y a le paradis » (déclaré authentique par al-Babani dans Sahihi
Sunani
Ibn Madia. Le même hadith est cité par an-Nassai en ces termes :
« Reste auprès d’elle car le paradis se trouve sous ses pieds ».

Al-Boukhari
et Mouslim ont rapporté respectivement sous les numéros (5971 et 2548) d’après
Abou Hourayra (P.A.a) qu’un homme se présenta au Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) et lui dit :

–        
Ô Messager d’Allah !
Qui est celui qui mérite mieux que tous les autres ma bonne compagnie ?

–        
Ta mère

–        
Puis qui ?

–        
Ta mère

–        
Puis qui ?

–        
Ta mère

–        
Puis qui ?

–        
Ton père »

D’autres
textes, trop nombreux pour être cités ici, abondent dans le même sens.

L’un des droits de la
mère sur son enfant est la prise en charge alimentaire, pourvu que l’enfant
en ait les moyens.

Voilà pourquoi, pendant
des siècles, les musulmans n’ont pas connu d’asiles à personnes âgés ni l’expulsion
d’une mère par son fils de chez lui ni le refus de lui assurer l’entretien
alimentaire ni l’abandon obligeant la mère à travailler pour gagner sa vie.

L’Islam a aussi honoré
la femme en tant qu’épouse et a recommandé aux époux de lui réserver un bon
traitement et de faire régner la bonne entente au sein du ménage et lui a
prescrit des droits comme ceux du mari, même si celui-ci jouit de la préséance
en raison de sa responsabilité (exclusive) relative aux dépenses et aux affaires
de la famille.

L’Islam explique que
le meilleur parmi les musulmans est celui d’entre eux qui réserve le meilleur
traitement à son épouse. Il interdit encore la spoliation des biens de l’épouse.
A ce propos le Très Haut dit : «Et comportez- vous convenablement envers
elles. » (Coran, 4 : 19) et : «Quant à elles, elles ont des
droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais
les hommes ont cependant une prédominance sur elles. » (Coran, 2 :
228). Et le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : « Veillez
à bien entretenir les femmes » (rapporté par al-Boukhari, 3331 et par
Mouslim, 1468).

Il dit encore :
« Le meilleur d’entre vous est celui qui l’est pour sa famille et je
le suis pour ma famille » (rapporté par at-Tirmidhi, 3895 et par Ibn
Madia, 1977 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahihi at-Tirmidhi.

L’Islam a aussi honoré
la femme en tant que fille et a exhorté (ses parents) à lui donner une bonne
éducation et a réservé une énorme récompense à celui qui s’occupe bien de
l’éducation de ses filles. En effet, le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) dit à ce propos : « Quiconque prend en charge deux filles
jusqu’à leur âge de la majorité sera reçu dans mon intimité au jour de la
Résurrection ». Il dit ceci en joignant ses deux mains (rapporté par
Mouslim, 2631).

D’après Ibn Madia (3669)
Uqba ibn Amir (P.A.a) a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) dire : « Quiconque a trois
filles, les supporte, les nourrit et les vêtit selon sa fortune, ses filles
lui serviront de bouclier contre l’enfer au jour de la Résurrection »
(déclaré authentique par al-Albani dans Sahihi at-Tirmidhi.

L’Islam a en plus honoré
la femme en tant que sœur ou tante maternelle ou paternelle et a donné l’ordre
de bien entretenir les liens de parenté. Il a insisté sur cet entretien et
interdit dans bon nombre de textes toute rupture desdits liens. C’est à ce
propos que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : « ô
gens ! Généralisez les salutations, donnez à manger aux gens, entretenez
vos liens de parenté, priez dans la nuit quand les autres sont endormis; vous
entrerez paisiblement au paradis ». (déclaré authentique par al-Albani
dans Sahihi Ibn Madia).

D’après al-Boukhari (5988)
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Allah
Très Haut a dit à propos du lien de parenté : Je m’occupe de celui qui
t’entretient et abandonne celui qui te rompt ».

Les différentes positions
ci-dessus mentionnées peuvent se réunir chez une seule femme quand elle est
à la fois épouse, fille, mère, sœur, tante maternelle et paternelle (de plusieurs
personnes) ; dans ce cas, elle doit être honorée compte tenu de ces différentes
positions.

En somme, l’Islam a élevé
le statut de la femme et l’a rendue égale à l’homme dans la plupart des dispositions.
C’est ainsi que , comme lui, il lui est donné l’ordre de croire et d’obéir
pour recevoir dans l’au-delà la même rétribution. Elle a le droit de s’exprimer,
de donner des conseils, d’ordonner le bien, d’interdire le mal et d’appeler
les gens à se soumettre à Allah. Elle bénéficie du droit à la propriété et
peut vendre, acheter, hériter des biens et faire des aumônes et des donations.
Et il n’est  permis à personne de s’emparer de ses biens sans son consentement.
Elle a droit à une vie décente débarrassée de toute forme d’agression et d’injustice.
Elle a encore le droit de s’instruire. Ceci devient une obligation pour ce
qui est des connaissances religieuses.

Si l’on compare les droits
que l’Islam a donné à la femme à la situation qui prévalait à l’époque antéislamique
ou dans les autres civilisations, on se rend compte que ce que nous avons
dit est vrai. Mieux, nous déclarons fermement que la femme n’avait jamais
été honoré plus qu’elle ne l’a été en Islam.

Il n’est pas nécessaire
de décrire le statut de la femme dans les sociétés grecque, persane ou hindoue..
Même les sociétés chrétiennes adoptèrent une mauvaise attitude à l’égard de
la femme. Des ecclésiastiques se réunirent lors du concile de Macon pour discuter
au tour de la question de savoir si la femme possède une âme salvatrice avant
de conclure  que seule Marie échappait à cette règle.

Les Francs tinrent un
congrès en 586 A.C. pour discuter du statut de la femme et se poser la question
de savoir si elle possède une âme et si, dans le cas affirmatifs, cette âme
est animale ou humaine… Ils concluent qu’elle était un être humain créé uniquement
pour servir l’homme.

Le parlement anglais
prit sous Henri VIII une résolution interdisant à la femme la lecture du Nouveau
Testament parce que jugée impure.

La loi anglaise en vigueur
jusqu’en 1805 permettait à l’homme de vendre son épouse à 6 pince.

A notre époque, on expulse
la fille du domicile paternel à l’âge de 18 ans afin de la pousser à travailler
pour gagner sa vie. Si elle désire rester chez ses parents, elle doit payer
le loyer de sa chambre et les frais de la nourriture et du linge !

Voir Awdat al-hidjab,
2/47-56.

Comment comparer ce qui
vient d’être dit à l’Islam qui recommande que la femme soit bien traitée,
entretenue, honorée et prise en charge ?

Deuxièmement, s’agissant de l’évolution de ces droits à travers
les siècles, elle n’affecte pas les principes et les bases théoriques. Quant
à leur application, il n’y a aucun doute qu’elle était meilleure pendant l’âge
d’or de l’Islam puisque les musulmans y faisaient une meilleure pratique de
la loi de leur Maître, loi dont l’une des dispositions stipule l’obligation
de bien entretenir la mère, l’épouse, la fille, la sœur ainsi que l’ensemble
des femmes. Plus l’attachement à la religion se relâche, plus on constate
des manquements quant au respect des droits en question. Cependant un groupe
restera fidèle à sa foi et à l’application de la loi religieuse jusqu’au jour
de la Résurrection. Les membres de ce groupe sont ceux qui honorent la femme
et lui donnent ses droits mieux que tous les autres.

En dépit de la régression
de la foi chez bon nombre de musulmans aujourd’hui, la femme conserve encore
sa position, qu’elle soit mère, épouse, fille ou sœur. Il est vrai cependant
qu’il y a toujours des négligences, des injustices et des réticences chez certains à propos du respect des droits de la femme. Et chacun est responsable de ses propres actes.