A la conclusion du contrat de mariage toutes les conditions étaient remplies, notamment la présence de deux témoins et du tuteur légal. Puis, il se passa ce qui suit : j’ai mis ma main dans celle du tuteur de la nouvelle mariée qui lisait la formulation du contrat à partir d’une feuille : « Je te donne comme épouse… » Il cite le nom de l’épouse… Nous n’avions pas mentionné la dot. Moi, j’ai répondu : « Je l’accepte. » Ensuite, nous nous sommes mis d’accord ma femme et moi-même sur une somme très modique. Ce qui s’est passé est-il juste y compris le contrat ?
Louanges
à Allah
Le contrat de mariage conclu sans la mention
de la dot est valide. L’épouse recevra une dot égale à celle de ses pareilles.
Ibn
Qoudamah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit dans al-Moughni (7/182) : « Le
mariage peut s’établir sans la mention de la dot selon l’ensemble des ulémas.
Ceci s’atteste dans la parole d’Allah le Très-haut : « donnez-leur leur dot,
comme une chose due… » (Coran, 4 :24).
Il
a été rapporté qu’Ibn Massoud fut interrogé à propos du cas d’un homme qui
épousa une femme sans lui avoir fixé une dot et ne consomma le mariage jusqu’à
sa mort. Ibn Massoud répondit que la femme méritait une la dot versée à ses
pareilles ni plus ni moins et qu’elle devait observer un délai de viduité et
recevoir une part de l’héritage. Ma’qaul ibn Sinan al-Ashdjai lui dit : « Le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) a pris au sujet du cas de Bourou’ bint Washiq
la même décision que tu as adoptée.» (Cité par Abou Dawoud
et par at-Tirmidhi et l’a qualifié de bon et
authentique).
Le
mariage établi sans dot s’appelle mariage de procuration. Ce mariage est
de deux sortes : celle dans laquelle le père établit un mariage concernant
sa propre fille sans qu’une dot soit versée en disant : je te donne ma
fille en mariage et le demandeur répond : je l’accepte sans évoquer la dot
comme c’est votre cas.
Dans
la deuxième sorte, la procuration porte sur la détermination du montant de la
dot. Là, les deux parties parlent de la dot sans en préciser le montant. Le
demandeur dit au tuteur : je
donnerai ce que tu demanderas en matière de dot. Le tuteur peut aussi dire au
demandeur : donne ce que tu penses (juste) ou d’autres propos pareils.
L’épouse mérite la dot versée à ses pareilles dans les deux sortes de
procuration.
La
dot versée aux pareilles est à déterminer par le juge pour parer à tout
contentieux. Si les parties concernées s’arrangent sans se présenter au juge,
il n’y a aucun inconvénient à l’accepter puisque c’est leur droit.
L’auteur
de Zad al-moustaqn’a
dit : « Il est juste de donner une procuration impliquant la
permission du rapport intime et une procuration concernant la détermination du
montant de la dot….La femme concernée a
droit dès l’établissement du contrat de mariage à la dot versée à ses
pareilles. Cette dot est à déterminer par le gouvernant. Si les parties
concernées s’arrangent auparavant, cela est permis. »
Cheikh
Ibn al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit : « ses propos : si les parties concernées
s’arrangent auparavant, cela est permis » signifient : s’ils se
mettent d’accord sur une chose sans se
référer au gouvernant, c’est leur droit et il n’y a aucun inconvénient. S’ils
disaient : pourquoi irons-nous au gouvernant ? Arrangeons-nous. Puis
le mari dit : la dot est 1000 et la femme dit : non, c’est 2000. Puis
des gens proposent un juste milieu et disent : 1500 ou une somme proche,
il n’y a aucun inconvénient à l’accepter car c’est le droit des
concernés. » Extrait d’ach-charh al-moumt’i (12/305).
Ceci
vous permet de savoir que le mariage est valide et que la dot que vous avez
retenue de commun accord est juste, si l’épouse est en âge adulte.
Allah le
sait mieux.
