Qualifier quelqu’un de « difficile »  peut -il être considéré comme une médisance quand on sait que  l’intéressé n’était pas là au moment de sa mise en cause? S’agit-il d’une médisance quand il est dicté par le colère?

Louanges à Allah

Premièrement, le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a clairement défini la médisance en ces termes: 

-« Savez-vous ce qui
est la médisance? »

-« Allah et  Son messager le
savent mieux? »

-« C’est dire du mal de
son frère. »

-«  Et si ce que je dis
est vrai? »

-« Si ce que vous
dites est vrai, c’est une vraie médisance. Dans le
cas contraire, c’est une
affabulation. » (Cité par Mouslim, 2589).

Malick écrit dans al-Mouwatta (3/150) qu’un homme avait interrogé le Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) en ces termes:

-« Qu’est-ce que la médisance? »

-« Dire du mal de
quelqu’un. »

-«Et si c’est vrai, o
Messager d’Allah? »

-« Si ce n’est pas vrai, c’est de l’affabulation. » (jugé authentique par
cheikh al-Albani dans as-silsilah as-sahihah, 1992)

 Deuxièmement, on ne peut
parler de médisance que quand
elle vise un absent. L’attaque dirigée contre une
personne présente est un
insulte ou une injure. L’un et l’autre sont interdits. Le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: «  insulter un
musulman relève de la perversion
et le combattre de la mécréance. » (Rapporté par al-Bokhari n° 48
et par Mouslim n°64). Le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: « Ne vous haïssez pas
mutuellement et ne vous livrez pas à  une fausse surenchère et ne nourrissez
pas l’inimitié les uns envers les
autres et ne vous  tournez pas le dos
les uns aux autres et ne vendez pas à un client qui a déjà acheté le même produit auprès d’un autre à un prix supérieur. Restez de fidèles serviteurs d’Allah donc des frères. Car le
musulman est le frère du musulman. Il
n doit pas le léser ni le délaisser ni le mépriser. La crainte
(d’Allah) est ici- il
désigne trois fois sa
poitrine- Rien n’est pire pour un
musulman que de mépriser son frère en religion.Tout ce qui relève du musulman est
jugé inviolable par son
coreligionnaire: son sang, ses biens et son honneur. » (Rapporté par Mouslim), 2564 

Al-Hafezh Ibn Hadjar (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit: « Le terme « médisance »   s’applique selon les
linguistes aux propos malveillants proférés au détriment d’un absent. Ibn Tabin dit: « La médisance consiste à dire d’un absent ce qui
lui déplairait. » Zamakhzari, Abou Nasre al-Qouchayri, Ibn Khamiis, dans un écrit consacré au sujet, al-Moundhiri et d’autres ulémas dont le dernier est al-Karmani,
ont tous affirmé que la médisance consiste à dire d’un absent ce qui
lui déplairait, même si c’est vrai. » Extrait de Fateh
al-Bari
(10/469-.

Al-Djordjani a dit: «La médisance consiste à évoquer les défauts d’une personne
pendant son absence, même si ce qui est
dit de lui est vrai. Si ce n’est vrai c’est de l’affabulation. Si cela est dit devant l’intéressé c’est de l’insulte. » Extrait de Taarifaat, p.163.

En somme, le fait
pour vous de qualifier votre frère en islam de « difficile »   pour dire qu’il est d’un abord peu agréable par rapport à son caractère, son langage et
ses manière relève de la médisance interdite,
même si vous l’avez dit en cas de
colère car celle-ci ne
vous permet pas de vous attaquer à votre coreligionnaire qui n’a rien fait contre vous.

Le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a proféré une grave menace à propos du recours à la médisance. Empressez
vous à vous repentir et à vous excuser auprès de votre frère si la médisance lui est parvenue.
S’il n’en est pas encore
informé, demandez le
pardon du Très -haut et priez
pour votre frère. Voir la réponse donnée à la
question
23328 et celle donnée à la
question
8630.

Allah le sait
mieux.