Comment juger le musulman qui invente des mensonges au détriment de ses frères musulmans en disant : un Tel boit du vin ou des propos similaires ?

Louange
à Allah

Accuser
le musulman d’un acte répréhensible sans preuve fait partie des péchés majeurs
qui nécessitent une punition et une correction. Le colportage relève de la médisance
qu’Allah a interdit et assimilé au fait de manger la chair de son frère mort.
 ce propos, le Très Haut dit : «ô vous qui avez cru! ةvitez de trop conjecturer (sur autrui) car une partie
des conjectures est péché. Et n’ espionnez pas; et ne médisez pas les uns des
autres. L’ un de vous aimerait- il manger la chair de son frère mort? (Non!)
vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au
repentir, Très Miséricordieux.» (Coran, 49: 12) et Il dit : «Ceux qui aiment
que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux,
ici-bas comme dans l’ au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas.  »
(Coran, 24:19).

Quiconque
blesse son frère dans son honneur ou l’accuse d’un acte répréhensible, doit
se repentir devant Allah et solliciter le pardon de son frère et éviter de s’adonner
à des propos qui portent atteinte au musulman. Selon un hadith d’Abou Hourayra
(P.A.a), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
dit : « Un homme n’accuse un autre de perversion ou de mécréance sans que
cela se retourne contre l’accusateur, si l’accusé est innocent. » (rapporté
par Boukhari, 10/388).

Accuser
le musulman de boire du vin revient à l’accuser de perversion. Or quiconque
accuse son frère de ce dont il est innocent, Allah lui inflige une épreuve identique
à celle subie par son frère. On emmena un homme à Ibn Abbas et on lui dit :
« Voilà un Tel; sa barbe laisse s’écouler des gouttes de vin ! ».
Il dit : « Il nous a été interdit de recourir à l’espionnage, mais si quelque
chose nous apparaît de sa part, nous le traiterons en conséquence ». (Rapporté
par Abou Dawoud, 4890 et jugé par lui beau et authentique).

Il n’est pas permis au musulman
d’espionner son frère musulman ni de guetter ses faux pas. S’il l’aperçoit par
hasard dans un endroit suspect et constate de sa part un comportement louche,
il ne doit pas se précipiter à l’accuser avant de constater de ses propres yeux
qu’il a commis un acte répréhensible. Il doit lui conseiller et l’avertir. S’il
refuse d’écouter et que  l’on craigne que (le suspect) ne porte atteinte aux
musulmans ou qu’on vous interroge à son sujet pour un intérêt, vous pouvez expliquer
cela (ce que vous savez de lui) aux intéressés. Il n’est pas permis de faire
du chantage à son détriment, à moins qu’il persiste publiquement dans son mauvais
comportement, car cette façon d’agir le dispose à recevoir l’aide de Satan et
l’empêche de se repentir.

Allah
le sait mieux.