Agrée-t-on les bonnes œuvres telles la lecture du Coran, les prières surérogatoires, les aumônes de la part d’un fils dont les père et mère sont en colère contre lui?

Louanges à Allah

Premièrement, nul doute
qu’il est dangereux de susciter la colère de ses père et mère, de rompre avec
eux ou de les maltraiter. Celui qui se comporte de la sorte s’expose à une
grave menace. An-Nassai (2562) a rapporté d’après Ibn
Omar que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «
Allah le Puissant et Majestueux ne regardera pas trois (personnes): un fils qui
maltraite ses père et mère, une femme qui cherche à ressembler aux hommes et un
homme trop permissif. Trois personnes n’entreront pas au paradis: celui qui
maltraite ses père et mère, l’alcoolique et celui qui ne cesse de se
targuer  des dons qu’il fait aux autres.»
(jugé authentique par al-Albani
dans Sahih an-Nassai.)
At-Tirmidhi (1905) a rapport d’après Abou Hourayrah que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit: «Trois invocations sont indubitablement exaucées: celle
de la victime d’une injustice, celle du voyageur et l’invocation prononcée par
un père contre son fils.» (jugé bon par al-Abani dans Sahihi at-Tirmidhi. Ahmad (24299) a rapporté qu’ Amr ibn Mourrah al-Djouhani  a dit: «Un homme se présenta au Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) et lui dit: Messager d’Allah! J’ai
attesté qu’il n’ y a pas de divinité en dehors d’Allah et que tu es le Messager
d’Allah et j’observe les cinq prières et m’acquitte de la zakat et m’impose le
jeûne du Ramadan.» Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) de
commenter: « Quiconque meurt sur ça sera 
au jour de la Résurrection  avec
les prophètes, les véridiques et les martyrs comme ça – il dépolit ses deux
doigts- à moins qu’il n’ait maltraité ses père et mère» (jugé authentique par al-Albani dans Sahihi at-Targhib, 2515).

Deuxièmement, le fait de
tomber dans ce péché ou dans un autre ou de s’exposer à une grave menace
n’entraîne pas nécessairement la nullité de l’œuvre du pécheur. L’annulation
des œuvres est une punition particulière qui ne peut pas être déterminée par un
effort d’interprétation personnelle ou par un raisonnement par analogie. Il
n’est pas dit que tout individu auteur d’un péché ou d’un manquement grave perd
les bonnes œuvres qu’il avait accomplies. Au contraire, les bonnes œuvres ne
peuvent être totalement anéanties que par l’associanisme.
Rien ne prouve que la maltraitance des père et mère entraîne la nullité  absolue ou relative des bonnes œuvres du croyant.

Cheikh Ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été
interrogé en ces termes: «Agréera-t-on les prières ,
le jeûne et l’aumône de celui qui maltraite ses père et mère?»

Voici sa réponse: «La
maltraitance des parents fait partie des péchés majeurs, des graves interdits.
Il faut s’en méfier. Toutefois, elle n’annule pas la prière ni le jeûne ni les
bonnes œuvres de son auteur. Ce dernier ne s’en expose pas moins à un grand
danger. Seul le chirk est de nature à réduire les
bonnes œuvres de son auteur à néant comme l’affirme le Très Haut: «S’ils
tombaient dans l’associanisme, leurs œuvres seraient
anéanties.» Quant à la maltraitance des parents, la rupture des liens de
parenté et les autres actes de désobéissance envers Allah, ils ne sont pas de
nature à entraîner la nullité des œuvres. Seul le chirk
les annule. Le fait d’élever la voix en présence du Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) faisait craindre la perte par son auteur
de ses bonnes œuvres accomplies durant la vie du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) car Allah le Puissant et Majestueux a dit: « mais s’ils avaient
donné à Allah des associés, alors, tout ce qu’ils auraient fait eût certainement
été vain  ….» (Coran,6:88  ) » Extrait résumé.

http://www.binbaz.org.sa/mat/9208

Tout ceci  s’appliquerait au cas où un fils
maltraiterait  son père ou commettrait un acte susceptible de susciter sa colère. Si
le père était lui même injuste à l’égard de son fils
ou se mettait en colère contre lui sans une juste raison, le cas serait plus
clair et l’attitude du fils serait plus éloignée d’entraîner la nullité de ses
bonnes œuvres ou son exposition à une menace. Voir pour davantage
d’informations la réponse donnée à la question n°
147374 et à la question n° 107241.

Allah Très Haut le sait mieux.