Je suis une fille de 35 ans et ma situation financière est stable. Je ne me suis pas encore mariée en raison de la présence de naevius sur mon corps. Il s’agit de marques repoussantes qui apparaissent sur la peau et inspirent la répugnance aux hommes par rapport à moi. Je voudrais demander s’il m’est permis d’adopter un enfant. Si cela m’est interdit, comme je l’ai lu dans la plupart des sites, m’est il permis d’épouser une personne que je connais et à laquelle j’ai apporté une aide financières dans le passé à un moment où elle en avait besoin. Le mariage aurait pour but de contracter une grossesse grâce à des moyens artificiels car je ne voudrais pas avoir un rapport sexuel avec lui. Au contraire, je voudrais qu’elle me répudie dès le début de la grossesse. A travers le contrat de mariage, je voudrais lui imposer la condition de ne pas me prendre l’enfant que je mettrais au monde, même s’il pourrait avoir le droit de lui rendre visite, chaque fois qu’il le voudrait. Est-il permis d’agir de cette manière?

Louanges à Allah

Si par adoption vous entendez déplacer
l’enfant d’un lieu comme un orphelinat dans le but de lui donner une éducation
juste parce que conforme aux règles édictées par l’islam, pour le protéger et
lui apprendre ce qui lui profite aussi bien dans la vie d’ici-bas et dans
l’au-delà et pour prendre en charges les dépenses y afférentes, cela est
permis. Mieux, c’est un des actes de charité que la droite loi religieuse
encourage, notamment en faveur des orphelins. On a déjà évoqué le mérite de la
prise en charge de l’orphelin dans la fatwa n° 188161.

Il faut toutefois attirer
l’attention sur le fait que si l’enfant en question est un garçon et s’il est
sur le point de devenir majeur, il faudrait alors le traiter comme un étranger . Ne restez plus seule avec lui. Ne lui montrez pas
votre parure. Il ne vous héritera pas après votre mort. Mais vous pouvez lui
faire un testament dans la limite du tiers de vos biens.

Si, en revanche, vous entendez
par adoption, le fait de prendre l’enfant de sorte à lui conférer le statut
d’un enfant biologique et partant lui permettre d’entrer dans votre intimité
après l’atteinte de la majorité, même s’il est un garçon, et que vous entrez
dans son intimité et qu’il  se retire
avec vous et voyage en votre compagnie et vous hérite en cas de décès, cela est
absolument interdit. Allah a interdit cette forme d’adoption dans le saint
Coran en ces termes: «Allah n’a pas placé à l’homme deux cœurs dans sa poitrine. Il n’a point
assimilé à vos mères vos épouses (à qui vous dites en les répudiant): « Tu
es (aussi illicite) pour moi que le dos de ma mère ». Il n’a point fait de
vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos (qui sortent) de
votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c’est Lui qui met (l’homme) dans la
bonne direction. Appelez-les du nom de leurs pères: c’est plus équitable devant
Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos
frères en religion ou vos alliés. Nul blâme sur vous pour ce que vous faites
par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos cœurs font délibérément.
Allah, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux.»
(Coran,33:4-5). Dès lors, la loi d’Allah le Transcendant
ne permet pas à l’enfant en question d’avoir le statut d’un enfant biologique.

Deuxièmement, se marier
avec l’intention de divorcer peu après est interdit car le contrat de mariage
fait partie des contrats qu’Allah le Transcendant a qualifié de solennels dans
ce verset: «Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime
vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement
solennel?» (Coran,4:21) Un contrat d’une telle
importance ne peut pas être l’objet de manipulations dictées par la passion. On
a déjà abordé le mariage avec l’intention de divorcer peu après dans la fatwa
111841.

Ce qui précède vous
montre clairement, ô auteur de la question, qu’il ne vous est pas permis
d’épouser l’homme en question avec l’intention d’obtenir le divorce dès que
vous réaliserez votre objectif qui est la contraction d’une grossesse. En
effet, si la fixation d’une telle échéance est mentionnée dans le contrat,
celui-ci devient caduc de l’avis de tous car il s’agit alors du mariage
provisoire unanimement interdit, comme nous 
l’avons expliqué dans la fatwa n° 6595. Si vous n’indiquez pas
clairement la fixation de l’échéance dans le contrat de mariage puisque vous
voulez le dissimuler , cela non plus n’est pas permis
car il relève de la tricherie. Il s’y ajoute qu’à supposer que le mariage soit
conclu, comment allez vous vous débarrasser de ce mari après avoir atteint
votre but? Vous n’avez d’autres recours que le divorce ou la dissolution, deux
solutions qui sont interdites en l’absence d’une justification légalement
acceptable, comme nous l’avons déjà expliqué dans la fatwa n°
34579 et dans la
fatwa n° 176224.

Troisièmement, il n’est
pas permis de formuler dans le contrat 
la condition d’exclure le rapport intime car une telle condition  viole l’objet du contrat. Dès lors, il n’est
pas permis de la formuler ni de la respecter. Bien au contraire, certains
ulémas considèrent que sa seule inclusion annule le contrat dès le départ.
C’est dans ce sens qu’on lit dans al-Moughni d’Ibn
Qoudama (7/95): «Si on lui impose la condition de ne
pas avoir un rapport intime (avec la femme à épouser) il est probable que le
contrat est caduc car la condition incluse viole l’objet du mariage.» Voilà la
doctrine de Chaafii.

On lit dans Moughni al-mouhtadj
(4/377): « Si on formule dans le contrat de mariage une condition qui viole
l’objet initial du mariage, comme l’exclusion du rapport intime ou l’obtention
du divorce tout de suite après le mariage, un tel mariage est nul parce qu’assorti
d’une condition qui viole son objet, donc le rend caduc.» On a déjà expliqué
cette question et la divergence dont elle fait l’objet au sein des ulémas dans
la fatwa n° 94454.

Il n’est pas permis
d’emprunter cette voie dans laquelle vous voulez vous engager pour vous marier
avec l’homme en question. Détournez-vous en pour complaire à Allah. Endurez
l’épreuve que vous subissez. Cherchez la récompense d’Allah à travers
l’observance de la patience. En plus, faites vous soigner cette pathologie. Et
multipliez les invocations adressées à Allah Très-haut pour qu’Il vous apporte
guérison, bien-être et facilitation des affaires. Nous demandons à Allah le
Transcendant de vous accorder rapidement la guérison et le bien-être et de vous
aménager une issue de toute difficulté et de tout souci.

Allah le sait mieux.