Quand le jeûneur se réveille au matin et avale des restes de nourriture accrochés dans sa bouche depuis l’aube, comment juger son acte?

Louanges à Allah

Nul doute que le fait de manger fait partie des facteurs
qui annulent le jeûne. À ce propos le Très Haut dit : «mangez et buvez jusqu’à ce
que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit . Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit» (Coran,2:187). Il est connu chez
les musulmans que le jeûne consiste à s’abstenir de manger ,
de boire et d’avoir des relations sexuelles et de tout ce qui rompt le jeûne.» Madjmou‘ fatawa
cheikh al-islam,25/219. Par
manger on entend le fait de faire passer un objet solide au ventre par voie
orale. Voir Hachiayatou Ibn Quassim  ala ar-rawdh al-mourbi’
(3/389). Il n’est pas une condition que ce qui est mangé soit utile ou d’une
grande quantité car , même si on avalait une chose inutile telle une aiguille
par exemple ou un objet peu signifiant, le jeûne devient caduc. Avaler les
restes des repas qui s’accrochent aux dents est une manière de manger. C’est
pourquoi il annule le jeûne, s’il est fait délibérément. Ce qui est le cas de
celui qui a pu se débarrasser de ces restes mais s’est abstenu de les faire et
les avale volontairement. Si les restes se précipitent dans la gorge et qu’on
les avale parce qu’incapable de les repousser, on encourt rien et son jeûne
reste valide car un acte n’annule le jeûne qu’à condition d’être fait
délibérément. En cas de contrainte, le jeûne reste valide et l’auteur de l’acte
n’encourt rien. Cela a été expliqué dans le cadre de la réponse donnée à la question n°
22981.

Ibn Qudama (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit
dans al-Moughni (3/260): « Celui qui découvre
de la nourriture entre ses dents au matin se trouve dans l’un de ces deux cas:
ou bien la nourriture est tellement peu qu’il n’est pas possible de la cracher.
L’absorber dans ce cas ne remet pas en cause le jeûne parce que c’est
inévitable. C’est comme la salive. Selon Ibn al-Moundhir
la question fait l’objet d’un consensus des ulémas. Le second cas est la
nourriture importante qu’on peut expulser. Si on la rejette, on encourt rien.
En revanche , si on l’avale délibérément, on perd son
jeûne selon l’avis de la majorité des ulémas car on aura avalé de la nourriture
alors qu’on pouvait l’expulser puisqu’on était conscient de son état de
jeûneur. Ceci rompt le jeûne comme le fait de manger.» Citation légèrement
remaniée.

La réponse se résume ainsi: si on est en mesure d’expulser
les aliments et qu’on s’en abstient et les absorbe, on perd son jeûne. Si on
absorbe les aliments malgré soi, le jeûne est authentique et son auteur
n’encourt rien.

Allah le sait mieux.