Ma mère, âgée de 57 ans, est allée faire le pèlerinage avec l’intention de l’accomplir en deux étapes séparées d’une pause. Après avoir fait le petit pèlerinage au 8e jour du 12e mois, elle se coupa des cheveux mais, par manque de connaissances, elle ne se remit pas en état de sacralisation. Elle accomplit ainsi le reste des rites et les conclut par l’égorgement d’un sacrifice…Devrait elle procéder à un acte expiatoire?

Louanges
à Allah

Le
pèlerin ayant opté pour un pèlerinage en deux étapes, qui termine son petit
pèlerinage, doit attendre le temps du pèlerinage majeur pour se remettre en
état de sacralisation. Ce qui signifie nourrir l’intention de commencer les
rites. L’intention réside dans le cœur et il n’est pas recommandé de la
prononcer. Il n’est pas non plus nécessaire de prendre un bain rituel ni de se
nettoyer, bien qu’il soit préférable de le faire. La pèlerine se met en état de
sacralisation en ses vêtements habituels puisqu’elle n’est pas tenue de se
vêtir de manière particulière (pour la circonstance).

Si
vous voulez dire que l’intéressée n’avait pas pris le bain rituel ou n’avait
pas prononcé son intention ou la formule talbiya
ou porté un vêtement spécial, tout cela ne représente aucun inconvénient. Le
fait pour elle d’accompagner les autres pèlerins à Mina puis à Arafa et d’accomplir les rites tout en s’abstenant des
interdits, tout cela prouve qu’elle avait l’intention de faire le pèlerinage
(majeur).

Cheikh
Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a été interrogé au sujet d’une femme qui ne connait pas les trois
formes du pèlerinage et ne sait pas comment formuler l’intention les
concernant. Elle avait fait cinq pèlerinages qu’elle commençait le 8e
jour et accompagnait les pèlerins  quand ils se rendaient à Arafa et à Mouzdalifa puis
lapidaient les stèles sans être animée d’une intention précise de nature à
distinguer les trois formes de pèlerinage. Ses pèlerinages des cinq années
évoquées étaient-ils valides?

Voici
sa réponse: «Il semble que ses pèlerinages étaient
valides car elle disait : je me suis mise en état de sacralisation afin de faire
comme les autres. Se mettre en état de sacralisation pour faire comme
l’autre
est permis. En effet, lors de son pèlerinage d’adieu, le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) dit à Ali Ibn Abi Talib,
qui venait d’arriver du Yémen en compagnie d’Abou Moussa al-Achari
(P.A.a):

-«Quel
type de pèlerinage as-tu l’intention de faire?»

-«Celui
choisi par le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) mais je
suis venu avec un sacrifice.»

Aussi
accomplit-t-il un pèlerinage intégré.

Quant
à Abou Moussa al-Achari, il dit qu’il avait fait le
même choix que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui). Mais
n’ayant pas apporté une bête à sacrifier, il reçut l’ordre de commencer par un
petit pèlerinage car le pèlerinage en deux étapes est préférable dans ce cas.

Il
nous semble que la femme en question s’était mise en état de sacralisation
comme les autres en se disant :je vais accompagner les
gens et faire comme eux. Toutefois, quand on veut s’engager dans un acte
cultuel comme le pèlerinage, le jeûne, l’aumône ou d’autres actes, on doit
l’apprendre avant de s’y mettre car s’interroger sur le comment faire après
avoir fait est tout -à-fait le contraire de ce qu’il faut faire.» Extrait de Madjmou fatawa d’Ibn Outhaymine (22/22).

Il
semble que les pèlerinages de cette femme sont valides et qu’elle n’encourt
rien.

Allah le sait mieux.