Il y a des gens qui pensent qu’il est permis du chercher la baraka dans les vestiges des ulémas et pieuses gens. Ils tirent leurs arguments de ce qui a été rapporté de façon sûre d’après les compagnons, à savoir qu’ils ont cherché de la baraka dans les vestiges du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Comment juger cela ?

En outre, est-ce que ces arguments n’impliquent pas l’assimilation d’autres personnes au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Peut-on chercher de la baraka par l’intermédiaire du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui),  après sa mort ? Qu’en est-il de la recherche d’accès auprès d’Allah, le Très Haut, grâce à la baraka du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ?

Louange à Allah

La recherche de la baraka
dans le reste de l’eau utilisée dans les ablutions, dans les cheveux, dans la
sueur ou dans un élément tiré du corps n’est permise qu’à l’égard du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui). Cela lui est exclusivement réservé en
raison de la bénédiction et du bien qu’Allah a bien voulu placer dans son corps.
C’est pourquoi les Compagnons (P.A.a) n’avaient cherché
de la baraka auprès d’aucun d’entre eux ni du vivant du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui),  ni après sa mort ; ni avec les califes bien
guidés ni avec d’autres. Ce qui signifie que les Compagnons savaient qu’il y
avait là un privilège réservé au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui).
[Ils savaient aussi que] la recherche de la baraka pouvait conduire à
entacher l’adoration d’Allah, le Transcendant de shirk (polythéisme). C’est pourquoi il n’est pas permis
de chercher accès auprès d’Allah par considération (bidjahi)
pour le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ou par sa personne ou
par ses qualités ou par sa baraka parce qu’aucun argument ne soutient
cela et parce qu’agir ainsi peut conduire au shirk
et à l’exagération de l’importance du Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui), parce qu’aucun des Compagnons (P.A.a) ne
l’avait fait – si c’était un bien ils l’auraient fait – et parce que cela est
contraire aux arguments légaux. En effet, Allah, le Puissant et Majestueux a
dit : «C’ est à Allah qu’ appartiennent les noms
les plus beaux. Invoquez- Le par ces noms et laissez ceux qui profanent Ses
noms: ils seront rétribués pour ce qu’ ils ont fait. »
(Coran, 7 :180). Ici, Il n’a pas donné l’ordre de L’invoquer par considération
pour personne (par l’intermédiaire) ni pour le droit de personne ni pour la
baraka de quiconque…

En plus de Ses noms, on peut aussi chercher
accès auprès d’Allah à l’aide de Ses attributs comme Sa puissance, Sa miséricorde,
Sa parole et d’autres. A ce propos, des hadith authentiques (nous) enseignent de chercher la protection
à l’aide des mots parfaits d’Allah et à l’aide de Sa puissance et de Son pouvoir.

En plus de ce qui précède, on peut
chercher accès auprès d’Allah grâce à l’amour qu’on Lui voue et grâce à l’amour
que l’on nourrit à l’égard de Son messager (bénédiction et salut soient sur
lui),  et grâce à la croyance en Allah et en Son messager.

Il est aussi permis de chercher
accès auprès d’Allah grâce à de bonnes actions. Ceci est indiqué dans l’histoire
des Compagnons de la Caverne. Ces gens avaient été contraints par une pluie
nocturne à se réfugier dans une caverne. Mais dès qu’ils y  avaient pénétré,
un rocher glissa du haut de la montagne pour venir en obstruer l’accès de sorte
qu’ils ne purent pas le dégager. C’est alors qu’ils réfléchirent ensemble sur
un moyen de se tirer d’affaire. Ils furent unanimes à penser que leur seul moyen
de salut consistait à évoquer Allah tout en rappelant les meilleures actions
qu’ils avaient accomplies. L’un d’eux supplia Allah, le Transcendant de tenir
compte du bon traitement qu’il avait réservé à ses parents. Dès lors le rocher
bougea légèrement mais ne dégagea pas un espace suffisant pour permettre au
groupe d’échapper… Un deuxième supplia Allah de tenir compte de sa chasteté
qui l’avait détourné de la fornication alors qu’il en avait la possibilité.
Ceci fit bouger le rocher un peu mais pas assez pour permettre au groupe de
se sauver. Un troisième pria Allah de tenir compte de la manière dont il rendait
les dépôts qui lui étaient confiés. C’est alors que le rocher s’écarta et le
groupe sortit. Ce hadith est cité dans les Deux Sahih
et rapporté du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) comme une partie
de l’histoire pré-islamique en raison des leçons qu’il
comporte.

Ce que j’ai dit dans la présente réponse a été
confirmé clairement par des ulémas comme Cheikh al-islam Ibn Taymiyya,
son disciple Ibn al-Qayyim,
l’érudit Cheikh Abd Rahman
ibn Hassan dans Fateh al-Madjid Sharh Kitab at-Tawhid
et d’autres.

Quant au hadith de l’aveugle selon lequel l’infirme s’adressa à Allah
par l’entremise du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), et que ce
dernier intercéda en sa faveur et pria pour lui de sorte qu’Allah lui rendit
la vue… Cette utilisation de l’intercession du Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui), revient à solliciter sa prière et son intervention (spirituelle).
Il ne s’agissait pas d’utiliser «la considération » ou «le droit »
(dont il jouit auprès d’Allah). Ceci est clair dans le hadith. C’est comme l’intercession que les gens solliciteront
auprès de lui au jour de la Résurrection afin qu’on les juge, et l’intercession
que d’autres lui demanderont afin d’obtenir leur installation au paradis .Ces
interventions du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), étaient valables
quand il était vivant et le seront encore quand il le redeviendra dans l’au-delà.
Tout cela revient à solliciter sa prière et son intercession. Il ne s’agit pas
de s’adresser à sa personne ni d’utiliser un droit qu’il a acquis, d’après les
déclarations claires des détenteurs du savoir parmi lesquels ceux que nous venons
de citer.