Que conseillez-vous pour améliorer nos mœurs et éduquer nos enfants en conséquence? J’ai entendu bon nombre d’ulémas dire qu’il faut accompagner longuement les ulémas pour apprendre les bonnes mœurs… Je suis très inquiète car mon environnement immédiat est mauvais, et la société, dans son ensemble, n’aide pas à acquérir les belles mœurs. C’est surtout vrai dans mon cas car je viens de me convertir à l’islam et je ne possède pas encore assez de connaissances permettant ma promotion morale et celle de mes fils. Ce qui m’inquiète c’est que les enfants restent attachés à la télévision et ne cessent de la regarder. Ils fréquentent en plus des proches et des amis qui leur laissent une influence négative. Les efforts que nous déployons pour leur inculquer de bonnes mœurs sont inégalement contrebalancés par l’influence négative de la société et des amis. J’en suis devenue dispersée, perplexe et incapable de résoudre ce problème. Ni la patience ni l’adoption d’une démarche douce n’ont rien produit. Faut-il alors recourir à la violence pour améliorer leur conduite?
Louanges
à Allah
Nous
vous félicitons pour la grâce divine qui vous a conduit vers l’islam, et
demandons à Allah Très-haut de nous raffermir tous dans cette religion jusqu’à
ce que nous Le retrouvions alors qu’Il est très satisfait de nous. Nous vous
félicitons encore pour votre souci de bien éduquer vos enfants.
S’agissant
de la réponse à donner à votre question, nous pouvons citer des jalons importants, dans l’espoir qu’ils
vous aident avec l’assistance d’Allah Très-haut à réaliser votre objectif.
Premièrement,
nous devons attirer l’attention de tous que les mauvaises mœurs reflètent
souvent les désirs de l’âme charnelle et sa passion. C’est pourquoi l’enfant
les adopte à cause de la moindre influence et d’une faible cause. Ce qui est
tout-à-fait le contraire des belles mœurs, notamment la maîtrise de l’âme pour
l’empêcher de se livrer à ses désirs qui la corrompent et lui font perdre ses
intérêts. Les bonnes mœurs font suivre le chemin contraire à celui tracé par la
passion. Il s’agit alors d’un travail de
construction qui nécessite un effort inlassable.
La
bonne éducation consiste à inculquer les belles mœurs à l’enfant en vue de le
rendre assez fort pour résister aux
mauvais désirs. La bonne éducation est celle qui fait que l’âme ne se sent à
l’aise que dans les choses qui l’améliorent, celles qui font que l’âme
déteste tout ce qui est contraire aux belles mœurs. Pour que l’enfant s’ouvre à
celles-là, il faut les lui faire aimer. Or l’amour ne résulte pas de la
contrainte et de la dureté. Il s’obtient plutôt par ce qui suit :
1.
La douceur et la tendresse.
De
nombreux hadiths prophétiques préconisent le recours à la douceur et à la
tendresse dans la manière de traiter
avec les autres. Il en est ce hadith rapporté par Aicha (P.A.a) l’épouse du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) selon lequel ce dernier a
dit : «Certes, Allah aime qu’on emploie la douceur dans toutes les
affaires.« (Rapporté par al-Bokhari, 6024). Mouslim (2592) a rapporté d’après
Djarir que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
« Est privé du bien celui qui est dépourvu de douceur. « D’après Aicha (P.A.a)
l’épouse du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) ce dernier a
dit : « Certes, la douceur embellit toute chose qu’elle marque et
prive de la beauté tout ce qu’elle n’accompagne pas. « (Rapporté par
Mouslim,2549).
D’après
Aicha (P.A.a) le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Quand
Allah le Puissant et Majestueux veut faire du bien à une famille, Il leur
inspire la douceur (dans la démarche). (Rapporté par Ahmad dans son Mousnad
(40/488) n° 24427 et jugé authentique par al-Albani dans Sahih al-Djaami
as-Saghir n° 303.
Les
enfants aiment naturellement le parent qui les traite avec douceur, les
assiste, s’intéresse à eux et s’efforce autant que faite se peut à ne pas crier
ni se mettre en colère mais à agir avec patience et sagesse.
L’enfant
est à un âge où il éprouve le besoin de se divertir et de jouer. Son âge est en
plus propice à l’éducation et à l’enseignement. C’est pourquoi il faut donner à
chaque aspect le traitement qu’il mérité mais avec équilibre et juste mesure.
Quand
les enfants aiment le parent doux, ce sentiment les pousse fortement à lui
obéir. Inversement, l’absence de la douceur, ajoutée à la présence de la
violence et de la dureté, provoque méfiance et partant révolte et désobéissance
sinon la prédominance de la peur qui inspire à l’enfant le mensonge et la tricherie.
2.
Le traitement marqué par la douceur n’exclut pas le recours au châtiment en cas
de nécessité. Cependant, il faut savoir qu’en matière d’éducation le châtiment
doit être infligé avec sagesse. Il n’est pas juste de châtier l’enfant pour la
moindre faute. Il ne faut châtier que quand la douceur s’avère inefficace et
quand le conseil, l’ordre et l’interdiction ne permettent pas d’éduquer.
Le
châtiment doit être utile. Par exemple, puisque vous soufrez du fait que vos
enfants passent trop de temps devant l’écran de la télévision, vous pouvez leur
indiquer des programmes à regarder, des programmes qui leur sont utiles et ne
les nuisent pas, parce débarrassés autant que faire se peut d’éléments
condamnables. S’ils dépassent le temps qui leur est fixé, vous pouvez les punir en leur privant de télévision
pendant toute une journée. S’ils récidivent, vous pouvez les en priver pendant
une durée plus longue, si agir ainsi permet de les corriger de manière à
atteindre l’objectif visé.
3.
Le bon exemple.
Les
père et mère doivent observer une conduite marquée par les mœurs qu’ils cherchent à inculquer à leurs enfants.
Par exemple, il ne convient pas que le père interdit à son fils de fumer tandis
que lui-même continue de fumer. C’est ce qui fit dire à l’un des ancêtres pieux
en s’adressant au précepteur de ses enfants : « Pour améliorer la
conduite de mes enfants, commencez par améliorer votre propre conduite car
leurs défauts sont liés aux vôtres. Ce qui est bon pour eux, c’est ce que vous
faites. Le mauvais pour eux, c’est ce que vous ne faites pas. » Tarikh
Dimaschq (38/271-272).
4.
Le bon environnement
L’environnement
qui valorise le bon acte et respecte son auteur , c’est celui qui dénonce
le mal et le malfaiteur. A notre époque, le bon environnement fait souvent
défaut. Toutefois, nous pouvons en disposer- s’il plaît à Allah Très-haut- grâce à nos efforts physique et financier.
Si,
par exemple, une famille musulmane réside dans un quartier où il n’y a pas une
autre famille musulmane. Que la famille s’efforce sérieusement à démanger pour
aller s’installer dans un autre quartier ou ville où les musulmans sont
nombreux ou dans un quartier qui possède des mosquées ou des centres islamiques
actifs qui s’occupent des enfants des musulmans.
Si,
par exemple, l’enfant développe un intérêt pour le sport ou pour une activité
culturelle donnée, que la famille s’efforce à lui trouver un club sportif ou
culturel approprié dirigé par des musulmans engagés, des clubs fréquentés par
des familles musulmanes soucieuses de donner à
leurs enfants une bonne éducation qui se reflète dans la plupart de
leurs affaires.
La
fréquentation produit un grand impact, comme vous le dites. Efforcez- vous à en
minimiser les effets négatifs que vous avez constatés en favorisant une
fréquentation positive de familles musulmanes. Si le père dépense pour se
procurer de beaux vêtements, une délicieuse nourriture et une résidence
confortable, il doit a priori dépenser pour faire inculquer (à ses enfants) les
belles mœurs. Qu’il cherche en le faisant la récompense d’Allah Très-haut.
Deuxièmement,
veuillez à invoquer (Allah) fréquemment, en particulier pendant les moments
favorables à l’exaucement (des invocations) comme le dernier tiers de la nuit,
au cours de la prosternation et au cours de la journée du vendredi. Invoquez
Allah fréquemment en lui demandant
d’améliorer la conduite de vos enfants et de les guider dans le chemin droit.
Prier pour ses enfants fait partie des qualités des pieux serviteurs d’Allah.
C’est à ce propos qu’Allah Très-haut dit: «et qui disent: «Seigneur,
donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de
nous un guide pour les pieux. »
Cheikh
Abdourrahmanas-Saadi (Puisse Allah Très-haut lui accorder Sa miséricorde) ‘la
joie des yeux’ c’est ce qui nous rassure. Quand nous suivons attentivement
leurs états et qualités (les parents), nous apprenons à travers leurs préoccupations et leur haut rang qu’ils ne sont rassurés que
quand ils voient leurs progénitures soumises à leur Maître, bien instruites et
pratiquantes. Cette prière formulée au profit de leurs épouses et de leurs
progénitures les englobe eux-mêmes car ils bénéficient de ses avantages. C’est
pourquoi ils en ont fait un don en disant : « donne-nous ». Bien
plus, leur prière profite à l’ensemble des musulmans puisque l’amélioration de
la conduite de ceux qui sont cités entraîne l’amélioration de la conduite d’un
bon nombre de ceux qui dépendent d’eux et profitent d’eux. » Extrait de Tayssir
al-karim al-Mannanfiitafsirikalamiar-Rahman(587). Vu l’importance de la
question, veuillez consulter la fatwa n° 4237 et la fatwa
n° 10016.
Allah
le sait mieux.
