Ma tante est âgée de près de 80 ans. Elle lit des versets du Coran mais de manière entachée de fautes. Elle a essayé de se corriger sans succès car elle continue de répéter les mêmes fautes. Je voudrais savoir si elle commet un péché en récitant des sourates incorrectement dans ses prières et comment pourrais-je l’aider, avec la permission d’Allah.

Louanges à Allah

Premièrement, la récitation de la Fatiha
est l’un des piliers de la prière. Le prieur doit la réciter correctement.
Celui qui se trouve incapable de la réciter exactement en raison d’un handicap
linguistique ou d’un oubli ou d’autres, doit s’efforcer à la réciter dans la
mesure du possible et il sera dispensé de ce qui est au-dessus de ses capacités
en vertu de la parole du Très Haut: «Allah n’impose à personne une charge qui
dépasse ses capacités.» (Coran,2:286).

La prière ne devient caduque que quand le prieur omet une
partie de la Fatiha ou en modifie la construction
grammatique de manière à en altérer le sens tout en pouvant agir autrement.
Celui qui en est incapable n’est tenu que de faire ce qu’il peut. Quant un
musulman devient incapable d’accomplir la prière de manière parfaite, il ne
sera tenu que de faire ce qu’il peut puisqu’il sera dispensé de tout ce qu’il
ne peut pas faire.

Al-Bokhari,7288 et Mouslim
1337 ont rapporté d’après Abou Haourayrah (P.A.a) que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) a dit: «Quand je vous donne un ordre, exécutez le dans la mesure du
possible.»

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit: «Ceci  (le hadith
précédent) fait partie des importantes règles de l’islam, des paroles riches et
concises réservées au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui). Elle
résume d’innombrables dispositions comme la prière dans ces différentes formes.
Si on se trouve incapable d’observer une partie de leurs piliers ou conditions,
on fait le reste. Si on se trouve incapable de laver certains organes dans le
cadre des petites ou grandes ablutions, on se contente de laver ce qu’on peut.
Si on ne peut cacher qu’une partie de la région intime de son corps, on le fait
et si on ne sait par cœur qu’une partie de la Fatiha,
on fait ce qu’on peut. Aussi le hadith est en parfaite concordance avec la
parole d’Allah le Très haut: «Craignez Allah dans la mesure du possible.» Voir
la réponse donnée à la question n° 5410. Vous
avez le devoir  de veiller à apprendre la
Fatiha à votre tante correctement, si elle ne la
maîtrise pas tout  ayant la capacité de
le faire.

Deuxièmement, en dehors de la Fatiha,
il y a une plus grande tolérance en présence d’une excuse puisque la récitation
de sourates autres du Coran ne fait pas parties des pratiques obligatoires de
la prière. Les ulémas de la Commission Permanente ont dit: «Si l’imam oublie la
récitation d’une sourate et ne s’en souvient que long temps plus tard, il doit
reprendre la prière, s’il s’agit d’une prière obligatoire car la récitation du
Coran est l’un des piliers de la prière.

Si l’intéressé s’en souvient peu après la prière, il
remplace la rak’a marqué par l’oubli, et
procède à une prosternation de réparation à la fin de la prière. Si le verset
oublié ne fait pas partie de la Fatiha, la prière du
fidèle reste  valide. Ni lui ni celui qui
aurait prié derrière lui n’encourent rien car la récitation qui suit la Fatiha est 
recommandée mais elle n’est pas obligatoire.» Extrait des Fatwa de la
Commission Permanente (5/332)

Cheikh ibn Baz (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a dit: «En dehors de la Fatiha,
si on omet un élément par oubli, cela ne nuit pas.» Extrait de fatawa nouroune alaa ad-darb (9/421).

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes: «»Ma mère a
eu une AVC et a été paralysée de moitié. Elle ne peut plus manipuler ses
membres droits. Sa mémoire s’est tellement affaiblie qu’elle oublie certains
versets du Coran, voire même la Fatiha et certains dhikr à prononcer dans la prière. Sa langue s’est
alourdie de sorte qu’elle a du mal à prononcer un seul mot sans un grand
effort. Ma question est comment juger ma mère si elle laisse des versets du
Coran ou la Fatiha ou certains dhikr
obligatoires de la prière après avoir fait de son mieux.

Voici sa réponse: «Si elle ne peut faire que ce qu’elle fait
actuellement, elle est excusée compte tenu de la parole d’Allah très Haut:
«Craignez Allah tant faire se peut» et «Allah n’impose à personne ce qui
dépasse ses capacités.» Cependant qu’elle veille à faire de son mieux pour
prononcer la Fatiha et les dhikr
obligatoires assez correctement, même s’il lui fallait garder auprès d’elle
quelqu’un pour la lui rappeler.

Quant à la récitation qui 
n’est que recommandée, à savoir ce qui dépasse la Fatiha
et ce qui dépasse soubhana rabbiya al-aalaa au cours de
la prosternation et souhana aAllah al-Adhiim dans la
génuflexion et d’autres éléments pareils, leur abandon ne représente aucun inconvénient.»
Extrait de Fatawa nouroune
ala ad-darb
,8/2 selon la numérotation de la librairie virtuelle Ach-Chamilah.

Allah Très haut le sait mieux.