Comment le musulman confronté à une épreuve peut il savoir si son épreuve constitue un châtiment ou un teste pour élever son grade?

Louanges à Allah

Les épreuves  et
les souffrances subies ont selon le Livre et la Sunna deux causes directes- en
plus de ce qui relève de la sagesse qui sou tend dans le décret et le
jugement  d’Allah Très haut.

La première cause consiste dans les péchés et acte de désobéissance perpétrés par l’être humain; qu’il s’agisse de
la mécréance ou d’un simple acte de désobéissance envers Allah ou d’un péché
majeur. Allah  le Puissant et Majestueux
inflige une épreuve à leur auteur pour le sanctionner et lui anticiper le
châtiment. Allah
le Puissant et Majestueux dit : «Tout bien qui t’atteint vient d’Allah, et tout mal qui t’atteint vient de
toi-même» (Coran,4:79)
Selon les exégètes , mal signifie ici péché. Le Transcendant dit encore:
« Et quand la
Vérité leur vint, ils dirent : «C’est de la magie et nous n’y croyons pas » (Coran,43:30) Voir at-Tafsir
al-adhim
(2/363). D’après Anas ibn Malik (P.A.a) le Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui) a dit: «Quand Allah veut faire du bien à Son fidèle
serviteur, Il lui anticipe le châtiment ici-bas. Quand il veut faire du mal à
Son fidèle serviteur, Il le laisse commettre les péchés jusqu’au moment où Il
le rencontrera au jour de la Résurrection.» (Rapporté par at.-Tirmidhi (2396)
et jugé bon par lui et déclaré authentique par al-Albani dans Shahi
at.-Tirmidhi).

La seconde cause 
est que, quand Allah Très haut veut rehausser le grade du croyant ferme,
Il lui inflige une épreuve. S’il l’endure et demeure patient, on lui donnera
dans l’au-delà la récompense des  gens
fermes et l’inscrira auprès d’Allah parmi les réussis. L’épreuve a accompagné
la vie des prophètes et des alliés d’Allah. Elle ne les avait pas quittés.
Allah  en avait fait pour eux une source
d’honneur leur permettant d’atteindre les plus hautes positions du paradis.
C’est dans ce sens que un hadith authentique reçu du Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) dit: «Certes, quand un fidèle serviteur d’Allah ne
réussit pas  grâce à son œuvre à accéder
à une haute position qu’Allah lui avait prédestinée, Allah lui inflige des
épreuves dans son corps, dans ses biens ou dans ses enfants.» (Rapporté par
Abou Daoud (3090) et jugé authentique par al-Albani dans as-silsilah
as-sahihah
n° 2599).

D’après Anas ibn Malick (P.A.a) le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) a dit: «L’importance de la récompense est fonction de
la gravité de l’épreuve. Certes, quand Allah aime des gens, Il les soumet à
l’épreuve. Celui d’entre eux qui s’en contente sera agréé par Allah. Celui qui
les désapprouve ne sera pas agréé.» (rapporté par
at.-Tirmidhii (2396) et déclaré authentique par cheikh al-Albani dans as-Silisilah
as-Sahihha
(n° 146). Les deux causes sont réunies dans un hadith d’Aicha
(P.A.a) selon lequel le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit:
«Chaque fois qu’une épine ou un objet plus important pique un croyant, Allah
élève son -grade ou absout son péché.» (Rapporté par al-Bokhari (5641) et par
Mouslim (2573).

Par ailleurs, l’interférence et l’interpénétration entre
les deux causes (susmentionnées) l’emportent sur les cas dans lesquels chaque
cause agit séparément. Ne voyez vous pas que quand Allah inflige une épreuve à
quelqu’un en raison de ses péchés et qu’il demeure ferme et reconnaissant, Allah
Très haut lui pardonne ses péchés et élève son grade au paradis et lui attribue
la récompenses réservée aux gens fermes et bienfaisants? De même, quand Allah
inflige une épreuve à quelqu’un ici-bas dans le but de lui faire atteindre la
haute position qu’Allah lui a affectée au paradis et expier ses péchés passés,
son épreuve tient lieu de châtiment anticipé qui ne sera pas répété dans
l’au-delà. C’est ce qui arriva à certains messagers et prophètes comme Adam
(psl) et Jonas (psl). Le premier fut éprouvé par Allah le Très haut et
Transcendant à travers son expulsion du paradis. Le second subit une épreuve
consistant dans son engloutissement par une baleine.

A travers ces épreuves endurées patiemment par les deux
hommes pour complaire à Allah, Celui-ci en fit le moyen d’expier les fautes
respectives des deux prophètes (Bénédiction et salut soient sur eux). Ceci
indique que la récompense d’ici-bas n’est pas séparée de celle de l’au-delà.
Les deux causes sont citées conjointement dans de nombreux hadith prophétiques
authentiques à l’instar de celui rapporté par Saad ibn Abi Waqqas (P.A.a) en
ces termes: «J’ai dis:

-ô Messager d’Allah! Quels sont les gens qui subissent
les plus dures épreuves?

-Les prophètes suivis des meilleurs puis des meilleurs
après eux. L’homme est éprouvé en fonction de sa foi; plus celle-ci est solide , plus intense est l’épreuve. Plus faible elle est , moins dure sera l’épreuve qu’elle entraîne. Le fidèle
serviteur ne cessera de subir épreuve après épreuve jusqu’à ce qu’il marche sur
terre débarrassé de tout péché.» (Rapporté par at.-Tirmidhii (2398) qui le juge
bon et authentique).Cependant, l’une des deux causes est parfois plus évidente
que l’autre dans certaines formes d’épreuves. Cela peut être saisi grâce à des
facteurs qui résident dans le contexte de l’épreuve.

Quand l’éprouvé est un mécréant, son épreuve ne peut pas
avoir pour but l’élévation de son grade car le mécréant n’aura pas de poids
auprès d’Allah au jour de la Résurrection. Mais l’épreuve qui lui est infligée
peut être une source de leçons pour les autres afin qu’ils ne l’imitent pas
dans son comportement. Son épreuve peut être encore un châtiment anticipé, un
avant goût de ce qui l’attend dans l’au-delà. A ce propos, Allah le Très haut
dit: «Est-ce que Celui qui
observe ce que chaque âme acquiert [est semblable aux associés?] Et pourtant
ils donnent des associés à Allah. Dis [leur : ]
« Nommez-les. Ou essayez-vous de Lui apprendre ce qu’Il ne connaît pas sur
la terre? Ou avez-vous été simplement séduits par de faux noms?  » En fait,
on a embelli aux mécréants leur stratagème et on les a empêchés de prendre le
droit chemin. Et quiconque Allah laisse égarer, n’a plus personne
pour le guider.
Un châtiment les atteindra dans la vie présente. Le
châtiment de l’au-delà sera cependant plus écrasant et ils n’auront nul
protecteur contre Allah.» (Coran,13:33-34).

Quand l’éprouvé est un musulman notoirement rebelle ou
manifestement pervers, on peut croire fortement que l’épreuve qui lui est
infligée est un châtiment car l’expiation des fautes précède l’élévation des
grades, et le rebelle a plus besoin d’être débarrassé de ses péchés que de voir
son grade élevé. En revanche, quand un musulman est un fidèle serviteur, loyal
et pieux qui n’entretient avec Allah des rapports marqués par un dévouement
réel, par la gratitude, la louange, le retour perpétuel et la soumission totale
envers le Transcendant, on peut croire que l’épreuve infligée à celui-là vise à
l’honorer et à élever son grade. Les fidèles serviteurs d’Allah sont Ses témoins
sur terre. Quand ils savent quelqu’un 
pieux, ils leur est permis de le rassurer quant
à l’élévation de son grade par Allah le Très haut, pourvu qu’il supporte
ferment les épreuves qu’il subit.

Quand l’éprouvé 
montre de la désapprobation et se panique, on ne peut pas croire que son
épreuve vise à le faire honorer par Allah et élever son grade, étant donné
qu’Allah sait qu’il n’est ni ferme si satisfait. Une telle réaction est plus à
même de faire croire que l’épreuve est plutôt une sanction et un châtiment. Un
des dévots  a dit: «L’indice qui révèle
qu’une épreuve  constitue un châtiment
consiste dans l’absence de fermeté  chez
l’éprouvé, sa panique et le fait pour lui de se plaindre auprès de ses
semblables. L’indice révélateur de l’épreuve infligée en guise d’expiation et
d’absolution des péchés de l’éprouvé consiste dans sa
belle patience marquée par l’absence  de
plainte, de panique, de désapprobation et de sentiment de lourdeur au moment
d’accomplir les ordres relatifs aux actes cultuels. L’indice révélateur de
l’épreuve qui vise à élever les grades consiste dans l’approbation, la
satisfaction, la tranquillité et la ferme endurance des épreuves jusqu’à leur
dissipation.»

Aussi, n’y a-t-il là que des indices plausibles qui
permettent au fidèle serviteur de les méditer afin de saisir un aspect de la
sagesse d’Allah Très haut qui sou tend les épreuves et malheurs. Toutefois, on
ne peut pas se fonder sur ces indices pour se juger soi-même ou juger d’autres
serviteurs d’Allah soumis à des épreuves.

Peut-être le plus important de tous ces détails est de
dire: certes, l’avantage pratique qu’il convient au fidèle serviteur de tirer
de ses méditations est que tout malheur ou épreuve est pour lui un bien et une
récompense, s’il reste  ferme en espérant
complaire à Allah, et que tout malheur ou épreuve est un mal pour lui, s’il
panique et désapprouve. S’il s’habitue  à
endurer les malheurs et à accepter le jugement d’Allah, la connaissance ou
l’ignorance de la cause de ses épreuves 
ne lui feraient pas de mal.

Mieux, il doit toujours s’accuser d’avoir commis des
péchés et d’être tombé dans la négligence et chercher en lui-même ce qui ne va
pas car nous sommes tous faillibles. Qui d’entre nous  n’a pas négliger ses devoirs envers Allah le
Très haut? Si Allah a infligé une grande tuerie aux musulmans lors de la
bataille d’Ouhoud, bien qu’ils fussent les Compagnons du Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui), le meilleur des humains autres que les prophètes et
messagers, en raison de leur inexécution de l’ordre du Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui), comment quelqu’un pourrait il se croire  digne d’avoir ses grades augmentés à cause de
toutes des épreuves qu’il a subies?

Quand Ibrahim ibn al-Adham (Puisse Allah lui accorder sa
miséricorde) voyait un vent violent et un changement dans les conditions
atmosphériques, il disait: ceci résulte de mes péchés. Si je vous quittais,
vous n’en souffrirez plus.» Que dire alors de nous, les pécheurs et
négligents?!

Le plus important de tout cela est de nourrir une bonne
opinion à l’égard de son Maître. En tout cas , Allah,
le Transcendant et Très haut mérite mieux de faire le beau. Il est Celui qui
mérite le dévouement  et le pardon.

Nous demandons à Allah Très haut de nous accorder la
miséricorde et le pardon et de nous apprendre ce qui nous profite et de nous
récompenser pour ce qui nous atteint en fait de malheurs. Il est Celui qui
entend tout et exauce les invocations. Voir la réponse donnée à la question n°
13205.

Allah le sait mieux.