Ma femme est une fonctionnaire et je lui ai demandé d’abandonner son travail car je ne veux plus qu’elle sorte de la maison. Je dispose d’assez de ressources car je suis employé dans une usine. Allah soit loué. Je lui ai parlé plusieurs fois à ce propos mais elle ne m’obéit pas. Elle dit qu’elle n’abandonnera jamais son travail. Comment devais-je la traiter dans ce cas à la lumière du livre et de la Sunna?
Louanges
à Allah
Premièrement,
le travail de votre femme ne manque pas de se trouve dans l’un de ces deux
cas :
Le
premier est qu’on en avait formulé la condition au moment de l’établissement du
contrat de mariage ou qu’elle travaillait déjà au moment de la conclusion du
mariage sans aucune objection de votre part alors que la coutume en vigueur
veut que le mariage ne soit pas incompatible avec l’exercice d’une profession.
Dans ce cas, vous êtes tenu de la laisser travailler à moins que l’activité
qu’elle exerce soit contraire à la charia et que l’aspect contraire à celle-ci
ne soit pas corrigible.
Vous
trouverez les critères de l’activité professionnelle de la femme dans les
réponses données à la question n° 6666, à la
question n° 20140, à la question n° 22397, à la question
n° 33710 et à la question n° 106815.
Le
deuxième cas est que la condition de la poursuite de l’activité professionnelle
de la femme ne soit pas formulée à la conclusion du mariage. Dans ce cas, il
vous est permis de lui donner l’ordre d’abandonner son travail sans être animé
de la seule intention de lui porter préjudice. Elle doit alors vous obéir car
il est interdit à la femme mariée de quitter son foyer sans l’autorisation de
son mari. Voir la réponse donnée à la question
127880.
On
lit dans la résolution de l’Académie
Islamique de Jurisprudence dépendant de l’Organisation de la Coopération
Islamique prise au cours de sa 16e session tenue aux Emirats Arabes
Unis du 30 Safar au 5 Rabi’ I (du 9 au 14 avril
2005) :
« Cinquièmement,
formuler (dans le contrat de mariage) une condition portant sur le
travail :
1.
Il est permis à l’épouse
de formuler dans le cadre du contrat de mariage la condition d’exercer une
activité hors du foyer. Si le mari l’accepte, on le retient, pourvu que la
condition est clairement exprimée au moment de
l’établissement du mariage.
2.
Il est permis au mari de
demander à son épouse de cesser de travailler si l’abandon du travail s’inscrit
dans l’intérêt de la famille et des enfants.
3.
Il n’est pas permis par
la charia de soumettre l’autorisation à
donner à l’épouse pour travailler hors du foyer à la condition d’assurer une
partie des charges à supporter par le mari ou à donner à ce dernier une partie
de son salaire et ses gains.
4.
Le mari n’a pas le droit
de forcer sa femme à travailler hors du foyer.
Sixièmement,
option par l’épouse de la communauté de biens :
Si
l’épouse a contribué effectivement par ses fonds ou grâce au revenu de son
travail à l’acquisition d’un logement ou un terrain ou un projet commercial,
dans ce cas, elle est copropriétaire du logement ou projet selon le montant de
sa contribution à leur prix.
Septièmement,
abus relatif à l’usage du droit au travail :
1.
Le mariage entraîne des
droits et des devoirs pour les époux. La charia les a bien précisés. Les
relations conjugales doivent être fondées sur l’équité, la solidarité, le
soutien mutuel et la compassion. Agir dans le sens contraire constitue une
transgression prohibée.
2.
Il n’est pas permis au
mari de faire un mauvais usage de son droit à empêcher sa femme de travailler
ou de lui demander d’y mettre fin avec la seule intention de lui porter
préjudice, à moins que l’exercice d’une activité professionnelle par l’épouse
n’entraîne plus d’inconvénients que d’avantages.
3.
Ceci s’applique à
l’épouse si elle cherche à travers la poursuite de son activité professionnelle
à porter préjudice à son mari ou à la famille ou que le travail entraîne pour
la famille plus d’inconvénients que d’avantages. Si l’exercice d’une activité
professionnelle n’a pas fait l’objet d’une condition formulée lors de
l’établissement du mariage, elle doit vous obéir si vous lui demandiez de
cesser son travail et il ne lui est pas permis de désobéir à votre ordre. Si
elle persiste à le faire, elle devient délibérément désobéissante. La
désobéissance radicalisée doit être traitée comme suit :
1.
On commence par
sermonner l’intéressée puis (si cela ne suffit pas) on la boycotte puis (si
cela ne suffit pas) on la frappe légèrement. Voilà la voie tracée dans la
parole du Très-haut : « Et quant à celles
dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans
leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez
plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand! » (Coran,
4 :34). Voir à propos de ce verset les réponses données à la question n°98726, à la question
n° 2076 et à la question n° 22216.
2.
Recourir à
l’intermédiation de sa famille et de toute personne pouvant l’influencer et la
conseiller de cesser le travail et de se
consacrer à son foyer, à son mari et à ses enfants.
3.
Si tous les moyens déjà
cités restent inefficaces avec elle, vous pouvez menacer de divorcer d’avec
elle, voire prononcer une première répudiation pour aggraver la menace et
montrer qu’il n’est pas question pour vous de faire marche arrière. Si elle
reste indifférente, vous avez le choix entre la garder puisque vous pensez que c’est plus utile pour
vous, pour votre foyer et pour vos enfants, ou alors vous séparer d’elle.
Que
l’épouse sache qu’elle commet un péché en désobéissant à son mari et en se
révoltant contre lui, et qu’il est permis à l’époux dans ce cas de lui mener la vie dure pour
l’obliger à restituer la partie de la
dot qu’elle avait reçue ou à renoncer au reliquat à verser.
Nous
vous recommandons de vous orienter vers Allah Très-haut et de lui demander de vous réconcilier et de vous guider vers le chemin droit.
Allah le sait mieux.
