Comment pouvons-nous savoir si quelqu’un est un uléma? Comment déterminer le niveau des ulémas par exemple? Comment savoir si quelqu’un peut servir de mufti et pouvoir le mettre à sa juste place et éviter de le léser?
Comment classer cheikh ibn Baz, cheikh ibn Outhaymine et cheikh al-Albani sans les léser? Puisse Allah leur accorder Sa récompense?
Louanges à Allah
Nous ne partageons pas l’avis
de certains jurisconsultes selon lequel celui qui n’est pas un spécialiste des
questions islamiques ne peut pas pratiquer un idjtihad
absolu visant à sélectionner les ulémas aptes à mener l’idjtihad
et les distinguer des autres car nous vivons
dans une époque du savoir, de large diffusion des connaissances et de la
culture grâce à Allah le Transcendant, une époque où beaucoup de gens possèdent
les outils de la pensée, de la distinction et de la sélection.
Nous possédons des indices et
des marques qui peuvent nous aider à cet égard, à savoir:
Premièrement, se signaler comme
étant un uléma, juriste compétent pour émettre
des fatwa fondées sur des arguments puisés dans le saint Coran et dans
les hadiths du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) et compétent pour
distinguer les arguments justes des arguments faibles; des textes abrogatifs
des textes abrogés; des textes à portée restreinte des textes à portée
générale, et compétent par rapport à sa capacité à maîtriser leur sens et le
contexte de leur révélation.
Le vrai uléma est celui qui met
le saint Coran à la tête de ses priorités car ce Livre est la source du savoir,
notamment le droit musulman. C’est lui qui fonde la législation et ses
dispositions.
Deuxièmement, la marque distinctive
des vrais ulémas réside dans la parfaite religiosité, dans les belles et
vertueuses mœurs et dans l’ardent désir de perpétuer la tradition des ancêtres
pieux, notamment les Compagnons, leurs successeurs immédiats et les Imams
suivis. Ils ne s’écartent pas du cadre
général de leurs enseignements. Ils attribuent aux Ancêtres pieux comme Abou Baker ,Omar, Soufiane , al-Awzai, Abou hanifah, Malick , Chafii, Ahmad, al-Ghazali, al-Izz ibn Abdou
Salam, an-Nawawi, Ibn Taymiya,
Ibn al-Quayyim ,Ibn Kathir,
Ibn Hadjar et d’autres ulémas de l’islam dont
personne ne conteste leur qualité de guide et leur religiosité, ils attribuent
à tout ceux-là toute fatwa et tout mot
qu’ils prononcent.
Si on trouve aujourd’hui
quelqu’un qui ne reconnait pas ces ulémas-là, ne se
soucie pas d’eux et ne se sent pas lier par leur méthodologie générale dans
l’étude des sciences islamiques, que l’on sache que celui-là ne fait pas partie
de ceux ‘qui suivent bien’ les Ancêtres pieux. Bien au contraire, il fait partie de ceux qui suivent mal les anciens
car il a choisi d’innover.
Il s’agit ici d’indiquer
qu’il faut adopter les
méthodologies scientifiques reconnues et
éviter de se délecter dans l’imitation en toute chose ,
petite ou grande. On peut accepter ou rejeter toute parole, hormis celle
émanant du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui).
Troisièmement, le bannissement
de l’exclusivisme sectaire fait partie des plus claires marques du vrai uléma
et du mufti équitable vers lesquels nous
orientons les gens. Les vais ulémas ne se font pas distinguer par un nom ou une
appellation qu’ils se réservent. Bien au contraire ,
ils se réclament de la filiation de la Umma, et de
l’enracinement dans l’histoire islamique.
Quant à celui qui se réclame
d’une secte dogmatique particulière comme les Barilawi,
les Déobandi, les Qadiyani
et consort, ou celui qui monopolise l’appellation de Communauté des
partisans de la Sunna en donnant à l’appellation une nouvelle conception et
une structuration ayant une connotation cultuelle particulière, son approche
est un prélude à l’innovation et à
l’éloignement de la Sunna.
Si la foi qui l’anime était
celle à laquelle adhèrent les musulmans sunnites, il n’aurait pas eu besoin de
se donner une nouvelle qualification ou une nouvelle appellation différente de
celle qu’Allah lui a donnée. En effet, Allah le Puissant et Majestueux dit:« Et
luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus;
et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion celle de votre père
Abraham, lequel vous a déjà nommés « Musulmans » avant (ce Livre) et
dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous
soyez vous-mêmes témoins contre les gens. Accomplissez donc la prière,
acquittez la zakat et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître.
Quel Excellent Maître! Et quel Excellent Soutien!» (Coran,22:78).
Quant au fait de se
réclamer des œuvres liées à la
prédication, notamment les programmes d’activités pratiques, cela ne relève pas
de ce qui suscite des appréhensions. Il en est de même du fait de se réclamer
de l’une des quatre écoles juridiques. C’est plutôt l’affiliation doctrinale à
une secte qui adopte une orientation doctrinale particulière étrangère aux
croyances des partisans de la Sunna unis sur cette base en y fondant ses
amitiés et inimitiés.
Quatrièmement, les diplômes
scientifiques constituent une marque dont il faut tenir compte et les prendre
comme un facteur rassurant. C’est le cas notamment des diplômes supérieurs
sanctionnant des études de spécialisation et délivrés par une université
prestigieuse du monde musulman reconnue en avance dans la spécialité concernée.
Il est souvent important quant
on pose une question relative à une problématique ou à une affaire délicate qui
nécessite recherches et investigations; il est important de s’adresser à un
spécialiste du domaine y ayant effectué des études du 3e cycle et
lui ayant consacré une recherche ayant abouti à l’obtention d’un Master II
ou d’un doctorat. De telles recherches
sont souvent bien menées puisque les universités qui les abritent y attachent
une grande importance et en confient la direction à des professeurs spécialisés
qui en plus encadrent la soutenance du mémoire ou thèse et suscitent une
discussion avec le candidat sur tous leurs aspects.
Ceci ne signifie pas que tout
titulaire d’un diplôme en droit musulman délivré par l’une des universités a obtenu un savoir le qualifiant à émettre des fatwa. Ce
n’est pas ce que nous entendons dire ici. Nous avons vu beaucoup de titulaires
de diplômes qui ne maîtrisent pas le savoir religieux et ne possèdent pas une
bonne connaissance du droit et ne sont même pas qualifiés à y accéder à cause
de leur manque de persévérance dans la conduite de leurs recherches.
Il faut souligner que cette
considération (la possession d’un diplôme) peut être prise pour un indice
secondaire, à condition de le vérifier
et d’en faire un facteur indicatif à ajouter aux autres marques (de
distinction scientifique).
Cinquièmement, la célébrité du
mufti ou de l’uléma en ce sens qu’il est largement réputé sûr au sein des
élites spécialisées et non seulement au sein du public fait partie des marques
dont nous recommandons l’adoption. Il faut bien bénéficier du témoignage des
ulémas et des spécialistes rompus à la tache. Il faut que ceux-là reconnaissent
sa maîtrise du savoir et de ses arguments.
Nous tirons un argument de ce
qui a été mentionné par les ulémas du hadith à propos des méthodes de
vérification de la sûreté d’un traditionniste. C’est dans ce sens qu’Ibn Salah
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Parfois la sûreté d’un
traditionniste s’atteste grâce aux témoignages de deux témoins. Tantôt elle
s’atteste grâce à des informations reçues de sources multiples et concordantes.
Quiconque est réputé juste au sein des traditionnistes et leurs pareils parmi
les ulémas et fait l’objet de louanges évoquant sa sûreté et son intégrité, sa
réputation le dispense d’avoir besoin d’une preuve textuelle claire attestant sa justesse. Voilà
ce qui est juste selon la doctrine de Chafii (P.A.a). C’est aussi l’avis retenu en jurisprudence. Extrait
de Mouqaddimatou ibn Salah, p.105.
Le fait pour quelqu’un de jouir
de la réputation d’un uléma en milieu scientifique est une marque suffisante
pour qu’on puisse solliciter l’intéressé et l’interroger sur les aspects
ambigus du savoir (religieux).
Tout ce qui vient d’être
dit concerne strictement les signes qui
ne constituent pas pour autant des moyens d’acquisition de la certitude
permettant de trancher. Seuls les spécialistes d’une discipline donnée peuvent
trancher dans les questions relatives à la discipline en question.
Ibn Salah (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde):«Il (l’homme du commun devant se contenter d’imiter un
uléma) doit mener une investigation afin de vérifier la compétence de celui
auquel il s’adresse pour solliciter son avis, s’il ne l’avais pas connu
auparavant. Il ne lui est pas permis de solliciter l’avis d’une personne qui se
déclare uléma, même s’il occupe un poste (important) dans l’enseignement ou dans un autre corps qui
regroupe des ulémas, en ne tenant compte que du poste qu’il occupe.
Il est permis à l’homme du
commun de solliciter l’avis de toute personne réputée au sein du public comme
étant apte à délivrer des fatwas. Selon nos condisciples contemporains, ce
n’est ni la célébrité du mufti ni la concordance des informations attestant son statut d’uléma qui comptent, mais c’est sa déclaration d’être apte à délivrer
des fatwa. Car ladite concordance ne véhicule pas une science sure aussi long
temps qu’elle ne s’appuie pas sur un élément tangible. La réputation acquise au
sein du commun des mortels n’est pas fiable car elle peut résulter d’une
dissimulation.
Il lui est permis de solliciter
une fatwa auprès d’un uléma dont la compétence est affirmée par le célèbre
susmentionné. Il ne convient pas en ces temps-ci de se fier du seul fait pour
quelqu’un de délivrer des fatwas et d’être célèbre en cela ni même de sa
(supposée compétence) en ce domaine.» Voir adaboul
moufti wal-moustafti,p. 158. An-Nawawi l’a rapporté
dans al-Madjmou (1/54) et Ibn Taymiya dans al-Moustadrak
alaa madjmou al-fatwa (2/259).
Pour de plus amples
informations, se référer à la fatwa n° 145071.S’agissant des cheikhs Ibn Baz, ibn Outhaymine et al-Albani (Puisse Allah leur accorder Sa miséricorde). Leur
renommée au sein des ulémas et des spécialistes des sciences islamiques est
largement répandue. Ils incarnent les meilleurs exemples qui clarifient les
marques que nous avons citées exhaustivement dans notre présente réponse. Ils
réunissent le savoir, la vertu et toutes les autres bonnes qualités par la
grâce d’Allah le Transcendant. Tout le monde
le leur reconnait. Notre site contient des
réponses les concernant, notamment la fatwa n° 113687.
D’importants ouvrages
bibliographiques sont consacrés à leurs vies, aux témoignages des ulémas en
leur faveur et à leur éminent statut en notre époque. Voici quelques uns
desdits ouvrages:
1. Imamoul
asri par Nasir az-Zahrani.
2.Cheikh
Ibn Baz par Maan’i al-Djihni
3. Al-Indjaz
fii siratil imam Abdoul
Aziz ibn Baz par Abdourrahlan
ar-Rahma.
4.Al-Djaami’
lihayatilal-Allamah Muhammad ibn Salih
al-Outhaymine par al-Walid al-Hassan.
5.Ibn
Outhaymine al-imam Az-Zahid par Nasir az-Zahrani.
6. Hayatoul
Albani wa aatharouhou
wa thanaaoul oulama alyhi par Muhammad
Ibrahim ash-Shaybani.
Allah
le sait mieux.
