Il y a près de 40 jours j’ai avorté d’un fœtus de deux mois et demi. Cela coïncida avec le mois de Ramadan. J’ai cessé dès lors de jeûner et de prier parce que je n’avais pas de connaissances religieuses. J’ai su par la suite que j’étais en couches. Dois-je rattraper les prières et le jeûne que j’ai ratés. A présent, je suis perplexe car je ne sais pas que faire?

Louanges à Allah

Premièrement, quand une femme
avorte, on ne considère pas les saignements qui en résultent comme relevant du
sang des couches, à moins que le fœtus soit complètement formé donc doté d’une
tête, de mains, de pieds etc.

La formation ne commence pas
avant 80 jours d’après cette parole du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui):«Certes, la création de l’un d’entre vous passe par une (première
phase de) 40 jours, suivie d’une deuxième phase pareille au cours de la quelle
le fœtus apparait comme une adhérence suivie d’une
(troisième phase de la même durée au cours de laquelle, le fœtus apparait comme un embryon après quoi Allah envoie un ange
chargé de transmettre un ordre consistant en quatre mots. On lui dit: «écrit
son œuvre, sa subsistance, la durée de sa vie et son statut d’heureux ou
malheureux.» Puis on lui insuffle une âme.» (Rapporté par al-Bokhari,3208).

Ce hadith indique que la
conception de l’être humain passe par trois phases de 40 jours  chacune et au cours desquelles, il passe d’
une goûte de sperme à une adhérence, puis à un embryon (normalement) formé
avant qu’on le dote d’une âme à la fin des 120 jours.

La formation s’achève à la
troisième phase selon la parole du Très-haut:« Ô hommes!
Si vous doutez au sujet de la Résurrection, c’est Nous qui vous avons créés de
terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’une adhérence puis d’un embryon
(normalement) formé aussi bien qu’informe pour vous montrer (Notre Omnipotence)
»(Coran,22:5).Ce verset nous apprend que l’embryon
peut être formé complètement ou incomplètement.

Selon Ibn Qoudamah (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) quand une femme constate un saignement après
avoir accouché d’un fœtus normalement formé, le sang est celui des couches.
C’est ce que l’imam Ahmad a précisé. Si elle constate un saignement suite à
l’éjection d’une goûte ou d’une adhérence, le saignement n’a rien à voir avec
les couches.» Extrait d’al-Moughni (1/211).

Cheikh Ibn Baz (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) dit: «Si une femme avorte d’un fœtus normalement
formé donc doté d’une tête, de mains, de pieds, etc., elle est dans ses couches
et elle est régie par les dispositions y relatives. Aussi cesse-t-elle  d’observer la prière  et le jeûne et son mari n’est plus autorisé à
s’accoupler avec elle jusqu’à ce qu’elle recouvre son état de propreté rituelle
ou l’écoulement de 40 jours. Si ce qui est expulsé par la femme ne revêt pas
les contours d’un être humain puisqu’il reste une moule de viande non formée ou
du sang, l’intéressée est alors assimilée à une femme en butte à un cycle
menstruel perturbé non à une femme en couche ou en règle. Elle doit observer la
prière et le jeûne du Ramadan, et son mari peut s’accoupler avec elle car elle
est assimilée par les ulémas à une femme en butte à un dysfonctionnement de ses
règles.» Extrait de fatwas islamiques (1/243).

Cheikh Ibn Outhaymine  a dit:« Selon les ulémas, si ce qui est
expulsé possède une forme humaine claire, les saignements qui s’ensuivent  relèvent des couches et permettent à
l’intéressée de cesser d’observer la prière 
et le jeûne , et son mari doit éviter de
s’accoupler avec elle jusqu’à ce qu’elle recouvre sa propreté rituelle. Si le
fœtus expulsé n’est pas distinctement formé, les saignements  qui s’ensuivent ne relèvent des couches, mais
du sang vicié qui n’empêche pas d’observer la prière, le jeûne  et d’autres pratiques cultuelles. Selon les
ulémas, la plus courte durée pour l’apparition nette de la formation du fœtus
est de 81 jours. Fatawa  al-mar’a al-mouslimah (1/304,305).

Cela étant, les saignements que vous constatez ne
relèvent pas des couches puisque vous avez avorté avant 80 jours du début de la
grossesse. Vous auriez dû continuer d’observer la prière et le jeûne pendant
cette période jusqu’à l’apparition de vos règles.

Deuxièmement, Vous avez à rattraper le jeûne. Ce qui ne
fait l’objet d’aucune ambigüité. Que nous disions que
vous êtes rituellement propre ou que vous êtes en couches. Car celui qui
abandonne le jeûne à cause d’une excuse comme la maladie, les règles ou le voyage,
doit rattraper le jeûne. Quant à vous, vous vous en étiez abstenue pour une
excuse qui est votre croyance que vous étiez en couche.

Quant au rattrapage de la prière, il semble que vous
n’êtes pas tenue de le faire car le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) n’a pas donné à la femme en butte à un perturbation de ses règles qui
avait cessé de prier durant l’écoulement du sang de rattraper (le jeûne et la
prière). Il se contenta de l’orienter vers ce qu’elle avait à faire  à l’avenir.

Cheikh al-islam (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit:« La femme en butte  à une perturbation de ses règles qui reste un
temps sans observer la prière parce que croyant qu’elle n’a pas à le faire,
fait l’objet de deux avis concernant l’obligation pour elle de rattraper ou de
ne pas rattraper la prière. Selon un avis, elle n’a pas à rattraper les prières
non effectuées. C’est ce qui est rapporté de Malick
et d’autres car lorsqu’ une femme en butte à une perturbation de ses
règles  dit au Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) «Je suis confrontée à un écoulement intensif de sang qui
m’empêche de prier et de jeûner.» il (le Prophète) lui donna  un ordre allant dans le sens de ce qu’elle
avait à faire à l’avenir mais ne lui a pas demandé de rattraper les prières du
passé.» Extrait de Madjmou al-fatawa (22/102);Voir la
réponse donnée à la question n° 45648.

En somme, vous êtes tenue de rattraper le jeûne. Quant à
la prière, s’il vous est facile  de la
rattraper, faites-le. Autrement, nous espérons qu’Allah vous en dispensera.
Nous vous recommandons de veiller à la recherche du savoir religieux.

Nous demandons à Allah pour vous et pour nous
l’assistance et le redressement (de nos affaires).

Allah le sait mieux.