Ma mère me traitait si mal que j’ai perdu confiance en moi-même et suis devenue hésitante et affaiblie. Je ne maitrisais plus rien et ne savais plus prendre une décision. Je me suis mariée et Dieu m’a donné une fille. Je voudrais bien lui éviter ma douloureuse expérience..Qu’est-ce que vous me conseillez?

Louanges à Allah

À deux ans, la fillette commence à se faire une idée du monde qui l’entoure.
Certains psychologues, spécialistes de la croissance pensent que la confiance
en soi est un des premiers pas de l’enfant vers cette direction (la découverte
du milieu). À la deuxième année, le
degré de cette conscience dépend du traitement reçu par la fillette et de
l’attitude de ses parents concernant la satisfaction de ses besoins
fondamentaux. Les signes de la croissance de la fillette dans cette étape se
traduisent clairement dans sa tendance à affirmer son autonomie. Elle a besoin
de la liberté de s’exprimer, de marcher et de jouer. Choses qui sont toutes
liées à l’affirmation de soi qui ne se réalise que selon le degré d’autonomie
qui lui est donné. Voilà ce que confirme la théorie de la croissance par le
mûrissement qui prône le respect de l’individualité de l’enfant et la nécessité
de le laisser grandir naturellement. Des filles grandissent sans nourrir la
confiance en elles-mêmes puisqu’elles n’ont pas l’habitude de compter sur
elles-mêmes en quoi que ce soit. Elles ne prennent aucune initiative et
attendent toujours qu’on leur dise: faites ceci ou cela. Quand elles se
heurtent à un problème, elles s’arrêtent et ne savent pas prendre une décision.
Elles peuvent même fuir la confrontation ou pleureur. Ce qui n’est qu’un aspect
de l’agression qu’elles ont subie de leurs parents. Cette situation peut
résulter de plusieurs facteurs parmi lesquels:

– 
La fréquence des
ordres et des interdits sur n’importe quoi , ce qui détruit chez la fillette
l’esprit d’initiative et la pousse à ne pas être sûre de ce qu’elle fait et à
attendre toujours que quelqu’un vienne la corriger et l’assure qu’elle a bien
agi

– 
Lui faire des
reproche à propos de tout ce qu’elle fait, recenser ses faux pas et la blâmer.
Il est vrai qu’une fillette peut entreprendre un acte et se trompe et reçoit un
reproche ou un blâme exagéré alors qu’elle s’attendait à une appréciation de
son effort. Ceci tue  chez la fillette la
volonté d’entreprendre, de compéter dans les actions bien faites

– 
Priver la fillette
de l’occasion de s’exprimer devant les autres de peur qu’elle ne se trompe ou
aborde des questions impertinentes, ou lui permettre de parler tout en voulant
lui dicter ce qu’elle a à dire;

– 
Le fait de l’avertir
souvent contre un danger, ce qui la pousse à s’attendre toujours au mal et à
penser que le danger le guète partout;

– 
L’humilier et la
comparer défavorablement aux autres de manière à lui inspirer l’infériorité;

– 
User de l’ironie et
du sarcasme avec lui;

– 
Ne pas s’intéresser
aux questions qu’elle pose;

– 
Se soucier trop de
sa santé et de son avenir;

– 
La fillette qui a
perdu confiance en elle-même portent de mauvais signes
comme les suivants:

1.      
Elle ne peut rien faire toute seule. Si on lui demande
d’apporter quelque chose et qu’elle trouve une autre chose qui ne répond pas à
la même description ,elle s’arrête. Quand elle est
confrontée à un problème, elle ne peut pas prendre une décision;

2.      
Elle souffre souvent de torpeur et de manque
d’initiative;

3.      
Elle éprouve la gêne chaque fois qu’une tâche lui est
confiée puisqu’elle s’attend à un reproche parce que sûre ne pouvoir s’en
acquitter convenablement;

4.      
Elle éprouve le manque de volonté et de détermination,
une mollesse et un manque de rigueur déplacés doublé
de l’abandon et le désordre;

5.      
Elle éprouve l’angoisse , le
découragement, un sentiment d’agressivité, un repli sur soi et la solitude.

Pour éviter ces mauvais effets à la fillette, ses parents doivent appliquer
plusieurs méthodes pour développer sa confiance en elle-même. Voici quelques
unes de ces méthodes:

– 
On lui trace de
grandes lignes dans lesquelles elle doit inscrire ses comportements. Les
parents doivent lui apprendre ce qu’Allah a rendu licite pour qu’elle s’y
conforme. Ils doivent lui expliquer ce qu’Alla a rendu illicite pour qu’elle
l’évite. Ils doivent lui apprendre les bonnes meurs  et les nobles règles de conduite et lui inculquent
le mépris des mauvaises meurs, actes et propos et lui habituent à s’éloigner
des inanités et des futilités avant de lui donner la liberté d’innover;

– 
La mère doit lui
confier des tâches qu’elle peut exécuter. Quand elle commet une faute, il faut
l’encourager d’avoir pris une initiative avant de lui expliquer comment elle
doit se comporter. Parfois il suffit de l’encourager à commencer puis  on l’accompagne doucement sans l’orienter
directement. Si la tâche dépasse la capacité de la fillette, on la consulte à
son propos et lui demande parfois de donner son avis sur certaines questions.
On lui demande de se prononcer sur leur pertinence ou leur impertinence afin de
montrer à la fillette que tout le monde peut se tromper ou ne pas se tromper.
Ceci renforce sa détermination.

– 
Les père et mère
doivent encourager la fillette devant ses proches et amies et lui décerner des
pris en adéquation avec ses performances. Il faut lui rendre hommage pour sa
pratique cultuelle telle son accomplissement constant de la prière, sa
mémorisation du Coran, ses bonnes notes, ses belles meurs
,etc.;

– 
Les père et mère
doivent lui trouver un sobriquet distinctif et lui éviter des surnoms
avilissants. Quand elle les met en colère, ils l’appellent par son prénom afin
qu’elle comprenne qu’elle a commis une faute envers l’un d’entre eux ou les
deux ou envers un autre et qu’elle doit faire attention;

– 
Renforcer sa volonté
en lui donnant deux habitudes:

a)      
Garder le secret car quand elle aura appris à garder les
secrets et à ne pas les révéler, sa volonté sera renforcée et elle grandira
sûre d’elle-même;

b)     
Lui inculquer l’habitude de jeûner. Quand elle saura
résister à la faim et à la soif à travers la pratique du jeûne, elle éprouvera
le sentiment d’avoir triomphé sur sa propre âme et partant sentir sa volonté à
faire face aux défis de la vie renforcée, d’où davantage de confiance en soi.

– 
Renforcer sa
confiance sociale en elle-même. Cela passe par lui permettre de s’occuper
elle-même de ses affaires domestiques, d’exécuter les ordres de ses parents, de
s’asseoir avec les grands et de se réunir avec les petits;

– 
Renforcer sa
confiance scientifique en elle-même. Cela passe par lui apprendre le Coran et
la Sunna du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) et son
importante biographie. Aussi grandira-elle porteuse d’un grand savoir dès sa
tendre jeunesse, ce qui renforcera sa confiance scientifique en elle-même car
elle se saura munie de vérités scientifiques débarrassées de mythes et de
légendes.

Face à cette situation, les père et mère doivent prendre des mesures
préventives et employer des méthodes curatives pour débarrasser la fillette de
son complexe d’infériorité. Parmi les facteurs qui favorisent ce phénomène
figure le dédain, l’humiliation, la moquerie qui se traduit par l’usage d’un
mauvais sobriquet pour appeler la fillette et l’emploi d’expressions blessantes
à son égard et en présence de ses frères et proches ou parfois devant ses
copines ou devant des étrangers auxquels elle ne s’était jamais réunie car tout
cela est de nature à l’amener à se considérer comme inférieure et sans valeur.
Ce qui renforce son complexe d’infériorité et lui inspire de la jalousie et de
la haine envers les autres et l’amène à fuir la vie en se repliant sur
elle-même.

Si les mots blessants que les père et mère adressent à la fillette ont pour
but de le corriger suite à un péché majeur ou mineur commis par elle, il faut
savoir que ce n’est pas un moyen approprié pour réparer un tel problème. Bien
au contraire, l’emploi d’un tel moyen produit un impact dangereux sur la
psychologie de la fillette et sur sa conduite personnelle et la transforme en
une personne habituée à l’usage d’un langage injurieux et entaché d’insultes,
donc un individu écrasé psychologiquement et moralement.

Le meilleur remède de ce phénomène consiste à attirer l’attention de la
fillette sur son erreur, chaque fois qu’elle commet une erreur, calmement et
doucement en fournissant des preuves convaincantes qui lui permettent d’éviter
de retomber dans l’erreur. Il faut éviter de l’engueuler ou de la blâmer en
présence d’autres. Il faut que les parents adoptent au début de leurs rapports
avec elle une bonne méthode pour la redresser et la corriger à l’instar de la
manière d’éduquer  et de redresser suivi
par le Messager (Bénédiction et salut soient sur lui). Le monde des enfants est
délicat et sensible. Il y règnent des influences
rapides, de l’insouciance et  de la
fragilité. La construction de la confiance en soi chez une fillette  constitue la fondation de l’édifice que représente la formation de sa personnalité à travers toutes les autres étapes de sa vie.