Devant arriver à Djeddah par avion, nous est-il permis de retarder notre entrée en état de sacralisation jusqu’à notre arrivée à Djeddah ?
Louanges à Allah
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «Voici des erreurs commises par
certains pèlerins :
La première consiste à ne pas se mettre en état de
sacralisation à temps. Certains pèlerins, notamment ceux venus par voie
aérienne, ne se mettent en état de sacralisation qu’à leur arrivée à Djeddah,
bien qu’ayant auparavant survolé l’endroit prévu à cet effet.
Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a fixé
des lieux d’entrée en état de sacralisation au profit des pèlerins. Il dit à ce
propos : «Ils (les lieux) sont destinés aux pèlerins originaires des pays
de la zone et aux autres qui passent par là. » (Rapporté par al-Bokhari,
1524 et par Mouslim, 1181).
Selon un hadith sûr cité par al-Bokhari et rapporté d’après Omar ibn al-Khattab (P.A.a) quand les
iraquiens se plaignirent auprès de lui de l’éloignement (par rapport à leur
chemin) de Qarn al-Manazil
que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) avait fixé pour
les habitants du Nadjd et ceux qui traversent leur pays, il leur dit :
«Choisissez un endroit de votre propre chemin qui lui fait face. » (Cité
par al-Bokhari, 1531). Ceci indique que celui qui se trouve au niveau d’un
des lieux fixés est comme celui passe par là. Celui qui survole un des lieux en
question est comme celui qui les traverse. Aussi doit-il se mettre en état de
sacralisation dès qu’il se trouve au-dessus du lieu car il ne lui est pas
permis de se rendre à Djeddah pour s’y mettre en état de sacralisation.
Pour éviter cette erreur, le pèlerin doit prendre un bain
rituel chez lui ou à l’aéroport d’embarquement puis ôter ses vêtements
ordinaires et se mettre en habit de pèlerin. Une fois arrivé au lieu fixé pour
son entrée en état de sacralisation, il se met en cet état et commencer à
prononcer la talbiyyah (labbayka…)
en fonction de ce qu’il voudra faire en fait de petit ou grand pèlerinage. Il
n’est pas autorisé à retarder cela jusqu’à son arrivée à Djeddah. S’il le fait,
il aura commis une erreur et devra, selon la majorité des ulémas, procéder à un
sacrifice expiatoire à La Mecque au profit des pauvres locaux, pour avoir omis
un des devoirs (du pèlerin).
La deuxième est que certaines personnes croient que le
pèlerin doit utiliser des sandales et que s’il n’en portait pas au moment de
son entrée en état de sacralisation, il ne lui serait pas permis d’en porter
plus tard. Ce qui est erroné car le port de sandales par le pèlerin n’est ni
une condition ni un devoir, l’état de sacralisation pouvant s’établir en
l’absence de sandales. Rien n’empêche le pèlerin qui n’en disposait pas au
début de les utiliser après. Cela ne représente aucun inconvénient.
La troisième est que certaines personnes croient que pour
entrer en état de sacralisation, il faut porter le habit de pèlerin et le
garder jusqu’à la fin de son pèlerinage et qu’il ne lui est pas permis de changer
de vêtements. Ceci est une erreur. En effet, le pèlerin en état de
sacralisation est autorisé à changer ses vêtements pour une raison ou sans
raison et leur substituer d’autres vêtements qu’il lui est permis de porter.
Aucune différence n’existe à cet égard entre hommes et
femmes. Tout pèlerin ou pèlerine qui se met en état de sacralisation alors
qu’il/ elle porte une tenue de pèlerin et qui, par la suite, veut changer la
tenue, est autorisé (e) à le faire. C’est même obligatoire en cas de souillure
causée par une saleté que le lavage ne permet pas d’enlever. Parfois le
changement de la tenue s’avère préférable. C’est le cas quand elle est
sensiblement touchée par une substance qui n’est pas salle. Il faut, dans ce
cas, se trouver un autre habit propre. Parfois encore il y a une grande
latitude ; le pèlerin peut changer son habit comme il peut s’en abstenir.
C’est qu’il faut retenir c’est la fausseté de la croyance selon laquelle quand
on se met en état de sacralisant porteur d’un habit, il n’est plus permis de
l’ôter jusqu’à la fin de l’état de sacralisation.
La quatrième est que certaines personnes portent leur
habit de pèlerin de manière à laisser leur épaule droite découverte dès le
début et au moment où il formule l’intention de faire le pèlerinage. Or cette
manière de porter le habit de pèlerin adoptée par beaucoup, pour ne pas dire la
plupart, des pèlerins est erronée car elle n’est à adopter que quand on procède
à la circumambulation de l’arrivée ; ni avant ni après.
La cinquième consiste dans la croyance de certains
pèlerins qu’ils doivent accomplir une prière de deux rakaa
au moment de leur entrée en état de sacralisation. Ceci est erroné. On n’est
pas tenu de faire une telle prière au moment de se mettre en état de
sacralisation. L’avis le mieux argumenté sur ce sujet est celui soutenu par Aboul Abbas, cheikh al-islam ibn Taymiyah
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde), à savoir que la Sunna ne prévoit
pas une prière particulière à faire au moment d’entrer en état de sacralisation
car cela n’est pas reçu du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui).
La seule prise d’un bain rituel, suivie du port de
l’habit de pèlerin, marque l’entrée du pèlerin en état de sacralisation. Si
toutefois, on se trouve à l’heure d’une prière obligatoire ou peu avant le
début d’une telle échéance et si le pèlerin veut attendre sur place pour prier
(avec les autres), dans ce cas, il est préférable d’entrer en état de
sacralisation après la prière. En d’autres termes, on n’initie pas une prière
pour marquer l’entrée en état de sacralisation car l’avis le mieux argumenté
sur la question veut qu’aucune prière particulière ne soit prévue à cette
occasion.
