Je suis une fille de 24 ans et je voudrais aller faire le pèlerinage. Mais mes proches me disent: «Tu ne peux pas ne pas retomber dans les péchés comme la participation à des cérémonies de mariage ponctuées de musique et mixité des genres.» Après mon retour du pèlerinage me sera-t-il permis de participer à des rencontres mixtes réunissant des hommes et des femmes? M’est-il permis d’accompagner mon oncle paternel au pèlerinage?
Louanges à
Allah
Premièrement,
nous aimerions vous féliciter pour votre intention et votre résolution d’aller
faire le pèlerinage à cet âge et à partir de ces pays lointains où rares sont
ceux qui pensent à l’accomplissement de cette importante prescription
religieuse. C’est peut-être parce que ceux qui résident dans ces pays sont trop
préoccupés par leurs affaires mondaines, notamment la recherche effrénée du
gain, et se sont assimilés aux habitants mécréants de leurs pays d’accueil.
Voilà pourquoi la loi religieuse nous recommande de ne pas résider avec eux.
Nous l’avons souvent souligné. Nous demandons à Allah Très-haut de vous
assister à vous installer dans un pays d’islam.
Deuxièmement,
sachez, ô chère sœur, que les actes de désobéissance suscitent la colère
d’Allah Très-haut, et leur auteur mérite un châtiment. Aucune différence
n’existe entre des péchés commis avant le pèlerinage et d’autres commis après
le pèlerinage.
L’imam,
Ibn al-Qayuim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a écrit dans son livre al-djawab al-kafi li man
saala an ad-dawaai chafi un ensemble des effets que subit l’auteur d’actes de rébellion
envers Allah. Nous les avons cités dans le cadre de la réponse donnée à la question n°
23425. Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a évoqué entre autres sujets que les actes en question
provoquent une ‘méfiance’ entre le fidèle serviteur et son Maître, entraînent
l’érosion de la bénédiction (divine) la mauvaise fin, la complication des
affaires et la rareté de la subsistance.
La grâce
qu’Allah Très-haut accorde à cette communauté (musulmane) se manifeste à
travers la création d’occasions dont le musulman peut profiter pour expier ses
fautes et se procurer plus de récompense divine. Il en est ainsi du jeune de la
journée d’Arafa qui expie les fautes de deux années et du jeûne d’Achoura qui
expie les fautes d’une année, etc.
Le
pèlerinage fait partie des meilleures occasions de faire du bien. La sunna
authentique nous enseigne que: «Celui qui accomplit le pèlerinage sans
l’entacher de propos obscènes et d’actes libertins en sortira comme au jour où
sa mère l’a mis au monde.» (Rapporté par al-Bokhari,1683
et par Mouslim,1349).
Le
musulman raisonnable profite de ces occasions de sorte à ne plus retomber dans
les actes de rébellion et d’ouvrir une nouvelle page de sa vie et de se
réconcilier avec son Maître Béni et Très-haut. Quand le musulman sait qu’il a
définitivement abandonné les actes en question, il doit remercier son Maître
Très-haut. Ce remerciement doit se concrétiser par le non retour à ce qui est
de nature à susciter la colère d’Allah.
Ceci ne
signifie pas que celui qui a fait le pèlerinage ne retombera jamais dans les
péchés car il s’agit de dire que les actes d’obéissance envers Allah, bien
accomplis, ont la faculté de détourner
leurs auteurs de leurs contraires par l’immense grâce d’Allah. Ils ont en plus
la faculté d’effacer les effets laissés par la commission des péchés et la
honte qui en résulte. Ceci est surtout le cas du pèlerinage.
C’est
pourquoi le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):«Faites succéder les
pèlerinages majeur et mineur car ils écartent la pauvreté et les péchés à
l’instar de la pompe du forgeron qui purifie l’or et l’argent. Le pèlerinage
agréé n’a d’autre récompense que le paradis.»
(Rapporté par at-Tirmidhi,810 et jugé authentique par
lui et par an-Nassai,2631 et jugé authentique par al-Albani dans Sahih
al-Djaami (2901).
Ceci
indique que le musulman peut commettre des péchés avant et après le pèlerinage
car nul n’est infaillible. Il est vrai toutefois que le fréquent
accomplissement des pèlerinages expie les péchés.
Il ne
s’agit pas de dire qu’il est permis au fidèle serviteur de se livrer aux actes
de rébellion avant ou après son pèlerinage- à Allah ne plaise! Loin de nous
l’idée! Il n’est permis à personne de désobéir à Allah. Il s’agit pour nous de
dire que si on devait s’abstenir de faire le pèlerinage par peur de retomber
dans le péché, personne n’irait faire le pèlerinage.
En effet,
si la peur de commettre un péché après avoir accomplit le pèlerinage justifiait
son non accomplissement, la pratique serait abandonnée car aucun fidèle croyant
n’est en aucun cas à l’abri de tomber dans les péchés. Tout ce que nous pouvons
dire est qu’Allah a donné à Ses fidèles serviteurs l’ordre de se repentir
puisqu’Il a dit:« Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants, afin
que vous récoltiez le succès.» (Coran,24:31). Voilà un
ordre général allant dans le sens de l’abandon total des péchés majeurs et
véniels. Le repentir parfait exclut la récidive. Si toutefois on rechute sous l’impulsion de la passion, on doit
s’empresser à se repentir une nouvelle fois et à multiplier les actes de
bienfaisance.
Certes, la
commission d’un péché doit nous inciter à nous empresser à revenir à
l’obéissance et à accélérer les actes allant dans ce sens à tout moment au lieu
de négliger un acte aussi important que le pèlerinage vers la Maison sacrée
d’Allah sous prétexte de la peur de retomber dans le péché. C’est agir contre
l’ordre normal des choses.
Troisièmement,
s’agissant de vous faire accompagner par votre oncle paternel, oui, il vous est
permis d’y aller en sa compagnie car il fait partie de vos mahram (très
proches parents avec lequel le mariage n’est pas possible légalement). Si votre
pèlerinage est celui à accomplir à titre obligatoire, son accompagnement est
obligatoire et non seulement permis.
Ô
esclave d’Allah! Sollicitez l’assistance d’Allah. Dépêchez vous à faire le
pèlerinage. Efforcez vous à vous repentir devant Allah en Lui manifestant votre
besoin de Lui afin qu’il vous protège des
péchés et faux pas.
Allah le
sait mieux.
