Je suis une femme en bute à des instigations contraignantes relatives aux pratiques cultuelles, notamment la purification. Quand je vois mes règles, je n’attend pas de constater le recouvrement de mon état de propreté rituelle car dès que l’appareil génital se dessèche, je prend le bain prévu pour éviter le sentiment de culpabilité que donne l’abandon de la prière. Je répète le bain deux fois ou plus. Je l’ai pris deux jours avant le début du Ramadan.
Vingt quatre heures plus tard, j’ai constaté l’écoulement d’un sang foncé et j’ai me suis nettoyée à l’aide d’un mouchoir avant de prendre un bain rituel dans la nuit avec l’intention de jeûner le lendemain qui fut le premier jour de Ramadan. C’est ainsi que j’ai jeûné le premier et le deuxième jour. Lors de la seconde prière de l’après midi de ce jour, j’ai constaté encore un léger écoulement d’un liquide jaunâtre accompagné d’éléments qui apparaissent comme des grains de sable. Je n’ai pas répété le bain et j’ai poursuivi mon jeûne jusqu’à la fin du Ramadan.
Maintenant que ce mois est fini, j’éprouve un sentiment de culpabilité dû au fait de ma croyance que mon jeûne est invalide et que je dois le reprendre pour n’avoir pas renouvelé le bain rituel. Edifiez moi sur la question. Puisse Allah vous récompenser par le bien. Mon jeûne est il valide? Faut il le reprendre? Quel conseil me donnez vous? Puisse Allah vous réserver la meilleure récompense.
Louanges à
Allah
Premièrement,
les instigations se soignent grâce à deux choses faciles. La
première consiste dans le fréquent recours au rappel d’Allah tout
en Lui obéissant. Voilà la voie vers la quiétude de
l’âme, sa tranquillité et sa stabilité. Voilà
comment repousser Satan et écarter ses intrigues. C’est à ce
propos que le Très haut dit: «Ceux qui ont mécru disent :
«Pourquoi n’a-t-on pas descendu sur lui (Muhammad) un miracle venant de
son Seigneur?» Dis : «En vérité, Allah égare
qui Il veut et Il guide vers Lui celui qui se repent» (Coran,13:28) et dit: «Quiconque, mâle ou femelle,
fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre
une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des
meilleures de leurs actions. Lorsque tu lis le Coran, demande la protection
d’Allah contre le Diable banni. Il n’a aucun pouvoir sur
ceux qui croient et qui placent leur confiance en leur Seigneur.» (Coran,16:97-99).
Le
Transcendant dit encore: «Dis : Je cherche protection auprès du
Seigneur des hommes.» Le
Souverain des hommes, Dieu des hommes, contre le mal du mauvais conseiller,
furtif, qui souffle le mal dans les poitrines des hommes, qu’il (le conseiller)
soit un djinn, ou un être humain» (Coran,114).
Ibn Kathir (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit Said ibn Djoubayr a
rapporté ces propos d’Ibn Abbas: «le furtif inspirateur de
mauvaises instigations c’est Satan qui s’installe dans le cœur de
l’humain. Quand celui-ci se retrouve dans un moment d’inadvertance, Satan passe
à l’action. Quand l’humain se met à rappeler Allah Satan
s’écarte de lui. C’est aussi l’avis de Moudjahid et de Quatadah.»
Al- Mou’tamir ibn Soulaymane a
rapporté de son père ceci: «on m’a mentionné que
Satan ou l’instigateur au mal souffle sur le cœur de l’humain en cas de
tristesse et de joie. Quand l’humain se rappelle Allah, Satan esquive.»
La deuxième
chose consiste à ne pas tenir compte des instigations, à ne pas
s’en occuper , à s’en détourner et
à ne pas y répondre. Cela suffit pour les écarter et
rester à leur abri. Ce remède est certes difficile au
début mais il devient de plus en plus facile. Tout ce qu’il vous faut est
de faire de votre mieux et solliciter l’assistance d’Allah Très haut.
Allah Très haut dit: «Et quant à ceux qui luttent pour
Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers, Allah est en
vérité avec les bienfaisants» (Coran,29:69).
Ibn Hadjar al-Makki (puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) fut interrogé à propos du
remède à appliquer aux instigations pour savoir s’il existe?
Voici sa
réponse: «il y a un remède efficace. C’est de s’en
détourner complètement, même si on continuait à en
sentir des effets. Si on ne fait pas trop attention à ceux-ci, ils
s’estompent rapidement selon ce qui se dégage de l’expérience des
gens bien assistés par Allah. Si, en revanche ,
on y prête une trop grande attention et agit sous leur emprise, ils ne
cesseront de s’amplifier à ses yeux au point de le faire entrer dans le
giron des fous, voire pire. C’est ce que nous avons constaté
auprès de bons nombres des
victimes des instigations qui se sont laissés emporter parce qu’ils
se sont livrés elles-mêmes aux diables qui en sont les auteurs.» Extrait des grandes
fatwas juridiques (1/149).
Deuxièmement,
la propreté rituelle consécutive aux règles se manifeste
sous deux formes. La première consiste dans le dessèchement
complet du sexe au point que si la concernée y introduisait un morceau de
coton, elle le retire tout propre sans porter la moindre trace de sang ou de
liquide jaunâtre ou foncé. La
La seconde forme consiste dans l’apparition
des pertes blanches, un liquide bien connu des femmes. Il ne convient pas de
s’empresser à prendre le bain rituel avant de s’assurer du recouvrement
de son état de propreté rituelle. Al-Bokhari (puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit dans son Sahib: chapitre sur le
début et la fin des règles
«Les femmes
envoyaient à Aicha des paquets contenant des morceaux de coton portant
des traces jaunes. Elle leur disait: ne vous empressez pas avant de voir les
pertes blanches. Elle entendait par là parler du recouvrement de
l’état de propreté suite à la fin des
règles.» Malick l’a rapporté dans
al-Mouwatta sous le numéro 130.
Le terme dourdja désigne une boite dans laquelle les femmes avaient l’habitude
de conserver leur parfum et autres objets personnels. Le terme kousruf renvoie au coton et le terme
«jaunissement» renvoie au liquide jaune.
Troisièmement,
quand vous aurez constaté le desséchement complet et pris le bain
prévu puis revoyez l’apparition du sang foncé ou jaune, cela ne vous porte aucune nuisance car les
liquides jaune et foncé apparus après la fin des règles
n’en font pas partie compte tenu du hadith d’Oum Atiyyah
(P.A.a) qui dit: «nous ne tenions aucun compte
de l’apparition des liquides jaune et foncé après le recouvrement
de notre état de propreté rituelle.» (rapporté par
Abou Davoud,307 et
jugé authentique par al-Abani dans Shahi Abou
Daoud.
Aucune
négligence ou péché ne seraient reprochés à
celle qui retarde la prise du bain rituel pour s’assurer qu’elle a bien
recouvré son état de propreté. Mieux ,
c’est un devoir puisqu’il est interdit de prier quand on voit ses
règles.
Quatrièmement,
à supposer que vous ayez pris le bain en question avant le juste
recouvrement de votre état de propreté et que vous n’ayez pas
repris le bain, cela n’impliquerait que la nullité du jeûne que
vous avez observé pendant le premier et le deuxième jour
étant donné que vous aviez vos règles. Quand au
jeûne observé pendant les jours suivants, il est valide car la
validité du jeûne ne requiert pas l’acquisition de la
propreté rituelle que nécessitent les rapports intimes et les
règles.
Cela étant,
si vous aviez constaté le dessèchement, le bain que vous aviez
pris est valide ainsi que votre jeûne. Si vous vous étiez
empressée à prendre le bain et reprendre le jeûne avant de
constater le dessèchement, vous devez rattraper le jeûne des deux
jours : le premier et le deuxième. Quant aux autres jours du mois que
vous avez jeûnés, votre jeûne est juste et vous n’êtes
tenu de faire quoi que ce soit à leur propos. Le conseil que nous vous
donnons est celui déjà cité à savoir la
nécessité de soigner la vulnérabilité aux
instigations pour s’en débarrasser et ne plus leur prêter
attention.
Nous demandons
à Allah Très haut de
vous accorder l’assistance et le redressement.
Allah le sait mieux.
