Question : 1. Est-il permis de donner de l’aumône aux non-musulmans surtout ici  en Amérique ?

2. Un mendiant que je crois musulman sollicite une certaine somme d’argent. Comment faudrait-il traiter le cas s’il s’avérait non musulman ?

3. Le jugement à appliquer aux deux précédentes questions serait-il valable si le mendiant se droguait ou était alcoolique, étant donné que dans ce cas il pourrait utiliser l’argent pour s’en procurer ?

Réponse

Louange à Allah

1. Il est permis de donner l’aumône
facultative à des pauvres non musulmans surtout s’ils sont des parents, à
condition toutefois qu’ils ne fassent pas partie de ceux qui nous combattent
et qu’ils ne soient pas à l’origine d’une agression nous interdisant de leur
faire du bien compte tenu des propos du Très Haut : « Allah ne vous défend
pas d’ être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus
pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime
les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui
vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à
votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes. »
(Coran, 60: 8-9) et compte tenu encore du hadith d’Asma bint Abi Bakr (P.A.a)
dans lequel elle dit : «  Ma mère m’a rejoint en compagnie de son père
alors qu’elle était encore idolâtre, à une époque où le pacte conclu entre
les Quraychites et le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui)
était encore en cours de validité. J’ai dit au Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) en guise de consultation : «  Ma mère m’a rejoint,
histoire de solliciter mon aide, puis-je l’aider ?

– Oui, aide-la, dit-il » (rapporté
par Al-Boukhari sous le numéro 2946).

D’après Aïcha (P.A.a), une femme juive
l’a sollicitée et elle lui a donné de l’aumône. Puis la juive lui dit : « 
Puisse Allah te protéger contre le châtiment de la tombe ». Ce qu’Aïcha
a réprouvé. Quand elle a rencontré le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui  ) elle le lui a dit et le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) dit : non (il entendait nier comme Aïcha le châtiment de la tombe).
Plus tard, dit Aïcha, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) non
a dit : « En fait, on m’a révélé que vous êtes châtiés dans vos tombes »
(Voir le Mousnad d’Ahmad, n° 24815). Les deux hadith indiquent qu’il
est permis de donner l’aumône à un infidèle.

Cependant on ne donne pas la zakat
aux pauvres mécréants, car la zakat est à distribuer aux musulmans
selon les domaines d’utilisation indiqués dans le verset précité.

L’imam Chafii dit : «Il  n’y
a aucun mal à donner de l’aumône facultative à un idolâtre. Mais il ne peut
avoir aucune part de la zakat. Allah le Très Haut a rendu hommage à
des gens en disant : «  Ils donnent à manger etc.) (voir le livre intitulé
al-Oum, tome 2); Donner de l’aumône aux musulmans est préférable et
prioritaire, car cela les aide à obéir à Allah et constitue une assistance
dans les affaires de leur religion et permet de concrétiser la complémentarité
entre les pauvres et les riches musulmans, ce qui est d’autant plus nécessaire
que les premiers sont beaucoup plus nombreux que les derniers. (C’est Allah
qu’il faut demander assistance).

2. Si le solliciteur est un musulman
dans le besoin, il faut lui donner de quoi satisfaire ses besoins avec les
aumônes disponibles. Il en est de même s’il n’est pas musulman. Cependant,
il convient aux pauvres musulmans de ne pas se livrer à la mendicité dans
les rues. S’ils y sont contraints, ils doivent s’adresser aux associations
islamiques caritatives qui assument la distribution des aumônes à donner aux
pauvres et nécessiteux. Ceux qui ont des aumônes à donner doivent aussi passer
par ces associations pour les  faire parvenir aux ayant droits.

3. Si le solliciteur, musulman ou
non, le fait pour avoir de quoi commettre un péché ou acheter une chose interdite
ou pour utiliser l’argent afin de commettre un acte interdit, il n’est pas
permis de lui donner de l’aumône, car il s’agit alors de l’aider à perpétuer
le prohibé. Or Allah le Très Haut dit : «  Entraidez-vous dans la bienfaisance
et la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression ».
Allah le sait mieux.