Comment juger le fait d’aller voir une spécialiste des soins du corps? Elle fait tout ce dont on a besoin en termes de soins corporels mais elle est chrétienne. Je précise que je la fréquente depuis trois ans, à raison d’une fois par mois pour qu’elle s’occupe de mon corps. Je crains d’utiliser les services d’une autre car elle est d’une haute moralité. Après mon engagement à me conformer strictement aux enseignements de l’islam, je crains de continuer de la fréquenter avant de savoir ce qu’il en est. Je précise que je crains aussi d’aller voir une autre spécialiste, étant donné que la plupart de celles qui travaillent dans ce domaine sont des chrétiennes. Les spécialistes musulmanes que je connais ne jouissent pas d’une grande expérience. Puisse Allah vous récompenser par le bien.
Louanges à Allah
Premièrement, il n’est pas permis à la femme d’autoriser
à quelqu’un de regarder les parties intimes de son corps, que celui qui la
regarde soit un homme ou une femme, musulmane ou mécréante. Cela ne se permet
qu’entre époux et dans le cas exceptionnel où des soins médicaux le nécessitent.
Voir les réponses données aux questions n°
5693 et
97881.
Cela dit, si les soins en question nécessitent la
découverte des parties intimes du corps, l’intéressée doit se soigner elle-même
et ne pas autoriser une autre personne
de regarder lesdites parties, même s’il s’agit d’une femme musulmane, à
plus forte raison une femme mécréante.
Voir la réponse donnée à la question n°
97938.
Deuxièmement, quand une femme a besoin de découvrir son
sexe pour une fin thérapeutique, comme c’est le cas au moment de
l’accouchement, elle doit faire appel aux services d’une femme musulmane et
éviter de permettre à un homme ou une femme non musulmane de la regarder, si on
peut trouver des femmes musulmanes pour s’occuper d’elle.
Cheikh al-islam, Ibn Taymiya (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «les
propos «ou leurs femmes» visent à exclure les femmes polythéistes. Une femme
polythéiste ne peut pas servir d’accoucheuse
pour une femme musulmane. Elle ne doit pas entrer avec elle dans une
salle de bain. Pourtant des femmes juives entraient chez Aicha et chez d’autres . Elles voyaient le visage d’Aicha et ses mains. Ce
qui n’était pas le cas des hommes.
Les femmes issues de la communauté des non musulmans
bénéficiant de la protection des musulmans peuvent voir la parure externe
(beauté naturelle?) des femmes musulmanes, mais il ne leur est pas permis de
regarder leur parure interne (toilette). Ce qui est à montrer ou à cacher à la
femme (non musulmane) dépend de ce qu’il est permis (à la musulmane
) de leur montrer. Voilà pourquoi Aicha n’affichait sa parure interne que
devant ses parents. Le mari a une particularité que les parents n’ont pas.«» Madjmou al-Fatwa, 22/112.
Troisièmement, si on ne trouve pas une femme musulmane
pour en soigner une autre ou répondre à un besoin qui nécessite la découverte
des parties intimes du corps ou de la parure interne et si on hésite entre
l’emploi d’une femme mécréante et un homme musulman, il vaut mieux employer la femme mécréante, car elle
est moins susceptible de subir une tentation et parce qu’elle appartient au
même sexe. Il est alors exclu que le regard ou le toucher soient motivés par la recherche du plaisir.
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «la médecin chrétienne sûre a priorité
sur un médecin musulman quand il s’agit de soigner une femme musulmane puisque
la première est du même sexe, contrairement au médecin musulman.» Extrait des Fatwa
d’Ibn Outhaymine,12/218.
Quatrièmement, si les soins ne nécessitent pas la
découverte des parties intimes ou de la parure interne, il est permis à la
femme de solliciter les services d’une femme musulmane dans certains de ses
besoins, notamment les soins corporels.
Voir la réponse donnée à la question n°
97938. Lui est il permis dans ce cas de solliciter
les services d’une femme mécréante, comme c’est l’objet de la présente
question?
La réponse dépend de ce qu’on retient des opinions
divergentes émises à propos de la partie intime du corps que la musulmane doit
cacher à une femme mécréante.. Cette partie est elle
la même que celle qu’elle doit cacher à l’homme ou celle qu’elle doit cacher à
une femme musulmane? Certains ulémas ont choisi la deuxième option puisque le
regard porté par une femme sur le corps d’une autre femme ne diffère pas en
fonction de la religion de celle qui regarde, pourvu qu’elle soit digne de
confiance en la matière.
On lit dans une fatwa de la commission permanente :
«une femme musulmane doit elle se voiler en présence d’une femme mécréante ou
doit elle se comporter comme elle le ferait avec une coreligionnaire?» Les ulémas ont émis
deux avis sur la question. Selon l’avis le mieux argumenté, cela n’est pas
nécessaire car on n’a pas rapporté que les femmes du Prophète ( Bénédiction et salut soient sur lui) ni des autres
compagnons qu’elles se voilaient quand elles rencontraient les femmes juives ou
polythéistes. Si elles l’avaient fait , on nous
l’aurait rapporté puisqu’on nous a rapporté des choses moins importantes.» Extrait de Fatwa
de la Commission,17/287.
Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: « la partie intime du corps de la femme
est comme la partie intime du corps de l’homme; l’interdiction de regarder dont
elle est l’objet s’applique aussi bien aux membres de la famille qu’aux femmes
étrangères, et aussi bien aux croyantes qu’aux mécréantes. Il n’ y a aucune
distinction.» Extrait de al-Bab al-maftouh,85/13.
Voir les réponses données aux questions
n° 82994,2198,6596
et 21953.
Cela étant, si vous avez besoin des services d’une femme
chrétienne digne de confiance pour soigner votre corps, cela vous est permis, à
moins que les soins portent sur le sexe. Toutefois, il vaut mieux solliciter
l’assistance d’une musulmane en raison de
la divergence de vues dont la question fait l’objet et de l’opposition d’un
nombre important d’ulémas. En principe, une femme doit s’occuper de ses propres
soins, si possible et éviter les excès dans ce domaine, connus chez les femmes
oisives.
Allah le sait mieux.
