Quels sont les endroits, moments et conditions dans lesquels on exauce les invocations ? Que signifie la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) : «Au sortir des prières obligatoires » ? La prière dite par le père au profit de son enfant est-elle exaucée ou l’exaucement ne concerne que la prière faite contre son enfant ? J’espère qu’on m’expliquera tout cela.

Louanges à Allah

Les endroits et moments de l’exaucement sont très nombreux. Nous allons en
citer une partie :

1.  La nuit du
Destin. Il a été rapporté qu’Aicha (P.A.a) a dit au
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) :«Dis-moi, si je
connaissais la nuit du Destin, que faudrait-il que j’y dise ? » Il
(le Prophète) lui a répondu : «Tu dis : Seigneur, Tu es le Pardonneur et Tu aimes à pardonner. Pardonne-moi. »

2.  L’invocation
faite en pleine nuit, notamment à l’aube, heure de la descente divine où le
Transcendant daigne descendre auprès de Ses fidèles serviteurs afin de
satisfaire leurs besoins et dissiper leurs soucis. C’est à ce moment qu’Il
dit : «Qui M’invoque pour que j’exauce son invocation ? Qui me
demande pour que je lui donne (ce qu’il sollicite) ? Qui sollicite Mon
pardonne pour que je le lui accorde ? » (Rapporté par al-Bokhari,
1145).

3. 
Au sortir des prières prescrites. On lit dans
le hadith d’Abou Oumama : «On a dit : ô
Messager d’Allah, qu’elle est l’invocation la plus à même d’être
exaucée ? » – «Celle prononcée en pleine nuit, notamment en sa
dernière partie et au sortir des prières prescrites. » (Rapporté par at-Tirmidhi, 3499) et jugé bon par al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi. Les
termes doubour as-salat ont été
interprétés différemment. Pour certains, ils renvoient aux moments qui
précèdent la fin de la prière. Pour d’autres, ils désignent les moments qui
suivent la fin de la prière. La première interprétation est choisie par cheikh
al-islam, Ibn Taymiyah et son disciple, Ibn al-Qayyim. A ce propos, Ibn Taymiyah
dit : «Le doubour d’une chose en est une
partie intégrante comme le derrière d’un animal. » Voir Zaad al-maad
(1/305). Pour Ibn Outhaymine : «Toute invocation
recommandée doubour as-salam
doit précéder le salut de fin de prière. Tout dhikr
recommandé doubour as-salam
doit succéder le salut de fin de prière. C’est ce qui ressort de la parole du
Très-haut : «Quand vous avez accompli la prière, invoquez le nom d’Allah,
debout, assis ou couchés sur vos côtes. » (Coran,
4 :103) Kitaab ad-douaa par
Cheikh Muhammad al-Hamad, p. 54.

4.  Entre l’appel à
la prière et le rappel en annonçant le début. Ila été rapporté de façon sure
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «On ne
rejette pas une invocation prononcée entre l’appel à la prière et le rappel qui
la précède immédiatement. » (Rapporté par Abou Dawoud,
521 et par at-Tirmidhi, 212. Voir Sahih
al-Djamee, 2408.

5. Au lancement de l’appel aux prières obligatoires et au déclenchement
d’une bataille. On lit dans un hadith de Sahel ibn Saad hautement
attribué : «Deux ne seront pas rejetés ou le sont rarement :
l’invocation prononcée au lancement de l’appel à la prière obligatoire et au
moment du déclenchement d’une bataille. » (Rapporté par Abou Dawoud) Le hadith est authentique. Voir Sahih
al-Djamee (3079).

6. A la descente de la pluie d’après ce hadith de Sahel ibn Saad hautement
attribué : «Deux ne seront pas rejetés : les invocations prononcées
au lancement de l’appel à la prière et à la descente de la pluie. »
(Rapporté par Abou Dawoud et jugé authentique par
al-Albani dans Sahih al-Djamee
(3078).

7. Au cours de l’une des heures de la nuit selon ces propos du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) :«La nuit abrite une heure à
laquelle aucun musulman ne demande à Allah un bien d’ici-bas ou de l’au-delà
sans qu’on Il lui donne. » (Rapporté par Mouslim,
757).

8. L’heure du vendredi. Evoquant le vendredi, le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «Il abrite un moment au
cours duquel tout musulman qui se met debout pour prier et demander quelque
chose à Allah Très-haut, l’aura. » disant ceci, il fit un geste de la main
pour indiquer l’étroitesse du moment en question. (Rapporté par al-Bokhari, 935
et par Mouslim, 852). Voir la réponse donnée à la question n°
21748

9. Au moment de boire l’eau de Zamzam. A ce
propos, Djaber (P.A.a) a
rapporté que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit :
«L’eau de Zamzam est d’une efficacité absolue. »
(Rapporté par Ahmad et jugé authentique par al-Albani dans Sahih
al-Djamee
(5502).

10. Pendant la prosternation car le Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : «Le fidèle serviteur se trouve plus proche de son Maître
quand il se trouve en posture de prosternation. Multipliez-y les
invocations. » (Rapporté par Mouslim, 482).

11. Quand les coqs chantent selon ce hadith : «Quand vous entendez les
coqs chanter, sollicitez la grâce d’Allah, car ils (les coqs) voient un
ange. » (Rapporté par al-Bokhari, 2304 et par Mouslim,
2729).

12. A l’usage de la formule : «Il n’y a pas de divinité en dehors de
Toi. Certes, je fais partie des injustes. » On a rapporté de lui (le
Prophète) un hadith sûr selon lequel il a dit : «L’invocation prononcée
par Dhounnoun (surnom de Jonas) avalé par la baleine
se présente en ces termes : «Il n’y a pas de divinité en dehors de Toi.
Certes, je fais partie des injustes. » Un musulman ne l’emploie jamais
sans obtenir l’exaucement de la part d’Allah. » (Rapporté par at-Tirmidhi et jugé authentique dans Sahih
al-Djamee
(3383). Al-Qurtubi
dit dans son explication de la parole du Très-haut : «Dhounnoun
quand il partit, irrité. Il pensa que Nous n’allions pas l’éprouver. Puis, il
fit, dans les ténèbres l’appel que voici : pas de divinité à part
Toi ! J’ai été vraiment au nombre des injustes. » (Coran,
22 :87) :« Allah formule dans ce verset une condition selon laquelle
il exauce l’invocation de celui qui l’Invoque comme Il L’invoque. C’est ce qui
se dégage de Sa parole : «C’est ainsi que nous sauvons les
croyants. » Voir al-Djamee li ahkaam al-qur’an (11/334).

13. Quand quelqu’un subit une épreuve et dit : «Nous appartenons à
Allah et c’est vers Lui que nous retournerons. Seigneur, récompense-moi pour
l’épreuve et donne-moi une meilleure compensation. » Mouslim
a cité dans son Sahih qu’Oum Salamah
(P.A.a) a dit : «J’ai entendu le Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) dire : tout musulman frappé
par un malheur qui dit ce qu’Allah lui a recommandé, à savoir «Nous appartenons
à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons. Seigneur, récompense moi pour
épreuve et donne-moi une meilleure compensation », Allah lui donne une
meilleure compensation. » (Rapporté par Mouslim,
918).

14. Les invocations faites par les gens après la saisie de l’âme d’un mort
d’après ce hadith selon lequel le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) se rendit auprès d’Abou Salamah qui (venait de
mourir) et avait les yeux grand ouverts. Il les referma et dit : quand
l’âme s’en va, le regard le suit…Des membres de la famille du défunt se mirent
à se lamenter. Il (le Prophète) leur dit : n’invoquez Allah contre
vous-mêmes qu’en disant du bien car les anges disent amen après ce que
vous aurez dit. » (Rapporté par Mouslim, 2732).

15. L’invocation faite pour un malade. Mouslim
(919) a cité un hadith selon lequel Oum Salamah (P.A.a) a dit : «Le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) a dit : quand vous vous rendez au chevet d’un malade, ne
dites que du bien car les anges disent amen après vos propos…Quand Abou Salamah décéda, dit-elle, je me rendis auprès du Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) pour lui donner la nouvelle. Il
me dit : «Dis : Seigneur, pardonne moi et pardonne lui et accorde-moi
un remplacement. » Allah, poursuit-elle, me donna un meilleur remplaçant
qui ne fut autre que Muhammad lui-même (Bénédiction et salut soient sur
lui) ».

16. L’invocation prononcée par une personne lésée. A ce propos, un hadith
dit : «Redoutez l’invocation prononcée par la victime d’une injustice car
aucune barrière ne l’empêche de parvenir à Allah. » (Rapporté par
al-Bokhari, 469 et par Mouslim, 19). Il (Le Prophète)
dit encore : «L’invocation d’une personne lésée est exaucée, même si son
auteur était pervers car sa perversion ne concerne qu’elle. » (Rapporté
par Ahmad. Voir Sahih al-Djaame (3382).

20. L’invocation faite par le père au profit de son enfant et celle du
jeûneur au terme de son jeûne et celle du voyageur. En effet, il a été rapporté
de manière sure que notre Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a
dit : «Trois invocations ne sont pas rejetées : celle faite pour un
père au profit de son enfant, celle prononcée par un jeûneur et celle du
voyageur. » (Rapporté par al-Bayhaqui. Le hadith
est cité dans Sahih al-djamee
(2032) et dans as-Sahihah (1797).

21. l’invocation faite par le père contre son enfant. On lit dans un hadith
authentique : «Trois invocations sont exaucées : celle de la victime
d’une injustice, celle du voyageur et celle formulée par un père contre son
enfant. » (Rapporté par at-Tirmidhi, 1905) Voir Sahih al-adab al-moufrad
(372).

22. L’invocation prononcée par un enfant pieux au profit de ses père et
mère. A ce propos, un hadith cité par Mouslim (1631)
dit : «Quand un être humain décède, ses œuvres cessent sauf trois :
une aumône pérenne, un enfant pieux qui prie pour lui, et un savoir
utile. »

23. L’invocation faite après l’inclinaison du soleil et avant la prière du zouhr. A ce propos, Abdoullah ibn Saeb
(P.A.a) a rapporté que le Messager (Bénédiction et
salut soient sur lui) accomplissait une prière de quatre rakaa
après l’inclinaison du soleil et avant le zouhr et en
disait : c’est un temps au cours duquel on ouvre les portes du ciel. Et
j’aimerais qu’une de mes bonnes œuvres y soit remontée. » (Rapporté par
at-Tirmidhi. Sa chaîne de transmission est
authentique. Voir takhriidj al-mishkaat (1/337).

24. L’invocation faite quand on se réveille au cours de la nuit, notamment
avec le choix de la formule reçue du Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) en ces termes : «Si on se réveille au cours de la nuit et dit :
«il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah. Allah est le plus grand. Il n’y a
ni moyen ni force qu’en Allah…Seigneur, pardonne-moi ou prononce une autre
invocation, on lui répond favorablement. S’il fait ses ablutions et prie, on
agrée sa prière. » (Rapporté par al-Bokhari, 1154).