Mon frère travaillait dans une société étrangère. Après son décès, la société nous a payé une prime d’assurance-vie. Je sais, en ce qui me concerne, que cet argent est illicite. Je l’ai placé dans un compte bancaire à part et l’utilise exclusivement pour financer des activités caritatives. Je n’en dépense pas une seule livre à des fins personnelles. Au cours de ces derniers jours, j’ai éprouvé un besoin pressant d’argent pour une importante affaire qui ne peut pas être retardée. J’ai un magasin à vendre mais je ne trouve pas d’ acheteur dans l’immédiat. Puissé-je utiliser l’argent de l’assurance-vie, ne serait -ce provisoirement, pour régler mon affaire en attendant de pouvoir vendre le magasin et rembourser l’argent de l’assurance?

Louanges à Allah

L’assurance commerciale est interdite sous toutes ses
formes parce qu’entachée d’usure et de risques, comme nous l’avons expliqué
dans le cadre de la réponse donnée à la question n°
8889. Le musulman doit l’éviter 
dans la mesure du possible. S’il n’ y parvient pas et s’il s’y engage
malgré lui, il a droit à recevoir autant qu’il a payé, mais il doit se
débarrasser du surplus en le dépensant dans les domaines de bienfaisance bien
connus. Voilà ce qu’il faut dire concernant le statut du propriétaire initial de
l’argent.

Il en est autrement de l’argent  reçu en héritage et jugé illicite  pas intrinsèquement mais à cause de son mode
d’acquisition. Ce qui est le cas de l’argent objet de la présente question
posée par le frère. Car c’est une prime qui résulte d’un contrat
d’assurance-vie. L’argent entaché d’usure, du jeu d’hasard et d’opérations
à  risque est illicite en raison de son
mode d’acquisition et non par lui-même.

Le péché qui résulte d’un gain illicite à cause de son
mode d’acquisition est exclusivement imputable à son auteur. Aussi ne
s’étend-il pas à ses partenaires dans les opérations de vente, d’achat ou dans
les échanges de cadeaux  ou frais d’hospitalité.

L’argument en réside dans le fait que le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) traitait avec les juifs de Médine dans le
cadre d’opérations d’achats et de ventes, et il mangeait avec eux qui,
pourtant, sont qualifiés par Allah Très-haut de mangeurs de fruits d’usure et
spoliateurs.

Cela étant, quand un bien gagné illicitement est reçu en
héritage, il devient licite pour les héritiers, de l’avis des malikites jugé le
mieux argumenté par Cheikh al-Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde).

L’érudit malikite Muhammad Oulaych
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Une divergence de vues existe
à propos des fonds illicitement acquis, tels le fruit de l’usure et d’une
transaction caduque dont l’auteur est décédé. La divergence porte précisément
sur la question de savoir si ces biens sont licites une fois entre les mains d’héritiers,
ce qui est retenu (par les malikites), ou pas? Quant à l’objet illicite dont le
propriétaire est connu, comme un bien volé ou usurpé, il n’est pas licite pour
celui qui le reçoit en héritage.» Extrait de Minah
al-Djalil fii charh Moukhtassar al-Khalil
(2/416).

Cheikh al-Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé en ces termes: «Quand une
personne reçoit d’une autre de l’argent en héritage et sait qu’une part de
l’argent reçu, comme par exemple dix mille ou vingt mille, provient d’une
activité usurière clairement interdite et que le reste est de provenance
inconnue ou mixte, que doit elle faire de ce qui résulte d’une activité
usurière clairement interdite?»

Voici sa réponse:« Cela ne représente aucun inconvénient.
C’est licite car l’héritier l’a reçu par l’héritage qui constitue un moyen
licite de transmission des biens, à moins toutefois qu’on ne sache qu’un bien
déterminé appartient à Untel et que le défunt l’avait usurpé. Quant à ce qui
est jugé illicite vu son mode d’acquisition, 
comme le fruits d’une activité 
usurière et consort, il ne représente aucun inconvénient.» Extrait de Liqaa al-babal-maftouh
(213/ question n° 12. C’est ce que
nous avons confirmé à plusieurs reprises dans notre présent site. Voir les
réponses données à la question n° 20709, à
la question n°39661, à la question n°85419 et à la question
87747. Ceci vous permet de savoir que l’argent que vous avez reçu de
la compagnie d’assurance est à répartir entre les héritiers de votre frère
selon leurs parts légales de sa succession. Puis vous avez le droit de demander
l’autorisation des ayant droits pour emprunter une partie de l’argent ou
l’utiliser. Voir la réponse donnée à la question n°
180520.

Allah le sait mieux.