Est il permis de perpétuer les prières surérogatoires ou est il permis de s’en passer de temps à autre pour qu’elles ne deviennent pas comme les prières obligatoires?

Louanges à Allah

Premièrement, l’observance
régulière des prescriptions divines fait partie des obligations religieuses et
des fondements de l’attachement au chemin droit. Le maintien des prières
surérogatoires régulières en particulier et des bonnes œuvres en général relève
des choses recommandées par la Charia. Le Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) a été interrogé en ces termes: «Quelle est l’œuvre qu’Allah aime la
plus?»- «La plus durable.» A-t-il répondu.» (Rapporté par al-Bokhari,6465 et par Mouslim,783).

Al-Bokhari (1987) et Mouslim (783) ont rapporté
d’après Alqamah: «J’ai dit à Aicha (P.A.a): le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui)  réservait il quelque chose à des
jours (spéciaux)?- «Non, son œuvre perdurait. Lequel d’entre vous est capable
de faire comme le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) dans
la durabilité de  son œuvre?»

An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Ses propos: son
œuvre perdurait
 signifient qu’il la
maintenait et ne l’interrompait pas.» Al-Hafidh
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde). Les linguistes disent que le terme dimah désigne une pluie qui se poursuivit pendant
des jours. L’usage a fini par appliquer le terme à tout ce qui est durable.

Al-Bokhari (6461) et  Mouslim (741) ont rapporté que Masrouq
a dit: «J’ai interrogé Aicha (P.A.a) pour savoir
qu’elle était l’œuvre qui lui était préférable..Elle a dit que c’était l’œuvre la plus durable.»

Mouslim (746) a rapporté qu’ Aicha (P.A.a) a dit: « Le Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) avait l’habitude de pérenniser les actions qu’il initiait.
Quand il lui arrivait de dormir au point de ne pas faire ses prières nocturnes,
il accomplissait 12 rak’aa dans la journée.»

Cela indique clairement qu’il n’ y
a aucun inconvénient à pérenniser les prières surérogatoires et les bonnes
œuvres volontaires. Bien plus, c’est même fortement recommandé parce qu’il
traduit l’enseignement et la pratique du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui). En effet, il y a exhorté dans plus d’un hadith. A ce propos, at-Tirmidhi (414) a rapporté d’après Aicha (P.A.a) que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) a dit: «Quiconque perpétue l’accomplissement de 12 rak’aa
en se conformant à la Sunna, Allah lui construira une maison au paradis.» (Jugé
authentique par Cheikh al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi.

At-Tirmidhi (3410) a rapporté et vérifié qu’Abdoullah
ibn Omar (P.A.a) a dit: «Le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «Tout musulman qui possède deux
qualités sera admis au paradis. Il s’agit de deux qualités faciles à  acquérir bien que peu de gens les mettent en
pratique: dire Soubhanna Allah dix fois
à la suite de chaque prière. Dire Alhamdou lillah dix fois à la suite de chaque prière. Dire  Allahou akbar dix fois à la suite de chaque prière..Il poursuit: voilà cinquante et cent compté
verbalement mais mille cinq cents pesé sur la balance. Quand tu vas te coucher,
dis: Soubhanna Allah, alhamdou lillah, Allahou akbar cent
fois. C’est cent sur la langue mais mille sur la balance. Lequel d’entre vous
accomplit au cours du jour et de la nuit 
deux milles cinq cents mauvais actes?» Ils (ses compagnons) lui dirent:
comment ne pourrait on pas recenser ce nombre?- «Il dit: c’est que Satan se
présente à l’un d’entre vous pendant sa prière et lui dit: mentionne ceci ou
cela afin de le distraire et l’empêcher de faire..Il se présente à lui dans son lit et ne le quitte
avant de l’endormir.»

Abou Dawoud
(5065) l’a rapporté en ces termes: «Deux qualités ou attributs font accéder au
paradis tout musulman qui les met en pratique. Elles sont faciles (à acquérir)
bien peu de gens les met en pratique….» le hadith est jugé authentique  par al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi. Al-Moubarakfouri dit dans Touhfat
al-Ahwadhi
: «Peu de gens les mettent pratique»  c’est-à-dire en permanence.

Deuxièmement, s’agissant de leur
non assimilation aux prières obligatoires, c’est évident. Il suffit que le
fidèle en soit conscient et nourrisse l’intention d’accomplir les prières à
titre surérogatoire et l’explique aux gens, au moment opportun. Nous ne sommes
pas en ce moment dans une période de législation, temps au cours duquel on  pourrait imaginer une confusion entre
l’obligatoire et le surérogatoire. Puis c’est inévitable car le fidèle peut
s’exposer à un évènement passager ou être en voyage ou malade ou dans une autre
situation pareille. Le fidèle doit tenir compte de ces cas d’abandon
(involontaires) Mais il ne convient pas qu’il abandonne délibérément  les bonnes pratiques dans les cas (extraordinaires ) susmentionnés.

Troisièmement, les pratiques
qui sont observées tantôt et abandonnées tantôt sont en principe instituées
comme telles. Le fidèle doit les observer comme elles sont instituées; il les
observe tantôt et les cesse tantôt. C’est mieux que de
les maintenir régulièrement. C’est comme la récitation du Coran au cours des
deux dernières rak’aa des deux prières obligatoires
de l’après midi après avoir lu la fatihah  et d’autres pratiques pareilles.

Allah le sait mieux.