Je me suis convertie à l’islam à l’âge de 17 ans et pendant longtemps je n’avais d’autres sources d’enseignement qu’Internet. C’est pourquoi je priais incorrectement. J’ai continué ainsi pendant plus d’un an. Au début, je priais à la manière des Chiites. Ensuite, j’ai découvert la voie des Sunnites. Je faisais mes ablutions de façon erronée et je ne maîtrisais pas l’arabe. Du coup je récitais la Fatiha et les dhikr de manière fautive. En termes simples, je dirais que mes prières effectuées pendant une année complète étaient entachées d’erreurs. Ma question est : devrais-je rattraper ces prières-là?

Louanges
à Allah

Celui
qui vient de se convertir à l’islam et n’est pas en mesure d’observer les
prescriptions établies par Allah en matière de propreté rituelle et de prière
d’une manière conforme à la charia et apte à procurer acquis de conscience en
raison de son ignorance des dispositions à appliquer  ou de l’indisponibilité de moyens permettant
de lui assurer l’acquisition d’un savoir approprié, si celui-là croit que ce
qu’il fait est conforme à la charia mais s’amande et se met à observer la loi
d’Allah dès qu’il se rend compte qu’il était dans l’erreur, il ne lui est pas
demandé de rattraper  sa mauvaise
application des prescriptions d’Allah. Son ignorance est une excuse pour lui
car il ne s’est comporté comme il l’a fait que par manque de connaissance et
par erreur.

Pour
cela, il est excusé en vertu de la portée générale de la parole du Très-haut :
« Et Nous n’avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un
Messager. » (Coran, 17 :15) et la parole du Très-haut :
« Ton Seigneur ne fait pas périr des cités avant d’avoir envoyé dans leur
métropole un Messager pour leur réciter Nos versets.» (Coran, 28 :59) et
la parole du Très-haut : « Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive
d’oublier ou de commettre une erreur » (Coran, 2 :286).

Ibn
Madjah (2043) a rapporté d’après Abou Dharr al-Ghifari (P.A.a) que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) a dit : « En vérité, Allah a pardonné à ma communauté ce
qu’elle fait par oubli et par erreur ou sous contrainte. » (Jugé
authentique par al-Albani dans Sahih
ibn Khouzaymah)

Al-Hafidhz dit dans al-Fateh
(5/161) : « C’est un hadith magnifique. Certains ulémas disent qu’il
convient d’y voir la moitié de l’islam car l’acte est soit accompli à dessein
et de propos délibéré ou pas. Le deuxième terme de l’alternatif représente ce
qui arrive par erreur ou par oubli ou sous contrainte. Ces actes nous sont
pardonnés à l’avis unanime des ulémas. La divergence de ceux-ci porte sur la
question de savoir si ce qui est pardonné est le péché ou le jugement ou les deux.
Le sens apparent du hadith va dans le sens du dernier. Ce qui constitue une
exception (par rapport au sens apparent), comme l’homicide, repose sur un
argument à part. »

Cheikh
al-islam ibn Taymiya
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Le cas de celui
qui prie précipitamment puisqu’il ne sait pas qu’il doit prier posément est
l’objet d’une divergence de vues. Doit-il reprendre les prières après la sortie
de leurs heures ou pas? Il y a deux avis bien connus sur la question. Les deux
sont cités dans la doctrine d’Ahmad et d’autres.

Ce
qui est juste, c’est que l’intéressé ne doit rien rattraper car le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) a dit au bédouin qui avait mal
prié : « Va prier car tu n’as pas prié. » Il l’a dit deux fois
ou trois. Le bédouin lui dit : « Au nom de Celui qui t’a envoyé
porteur de vérité, je ne saurais faire mieux. Apprends-moi la juste manière de
prier. » Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) lui a appris à
prier posément (le hadith est cité par al-Bokhari et
par Mouslim).

Il
ne lui a pas donné l’ordre de reprendre les prières déjà effectuées, bien que
le bédouin lui ait dit : « Au nom de Celui qui t’a envoyé porteur de
vérité, je ne saurais faire mieux. » Le Prophète lui demanda de reprendre
la prière du moment parce que son heure n’était pas terminée et l’ordre est
donné  d’accomplir la prière son heure.

Quant
aux prières dont les heures étaient dépassées, le bédouin n’a pas reçu l’ordre
de les rattraper bien qu’il ait omis certaines de leurs pratiques obligatoires
par ignorance. C’est pour la même raison qu’il n’avait pas donné à Omar ibn al-Khattab (P.A.a) l’ordre de
reprendre la prière qu’il avait effectué tout en traînant une souillure car
Omar ne savait pas qu’il était permis de recourir à la purification par le
sable.

Il
en était de même avec le cas de la femme confrontée à un saignement irrégulier.
Quand elle dit au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) :
« Je suis confrontée à un saignement abondant qui empêche de jeûner et de
prier.»  Ce dernier lui  a donné l’ordre de faire ses ablutions pour
chaque prière mais ne lui a pas demandé de reprendre les prières qu’elle avait
négligées.

Il
en est encore de même de ceux qui avaient continué de manger (durant les nuits
du Ramadan) jusqu’au moment où ils pouvaient distinguer un fils noir d’un fils
blanc. Aussi mangeaient-ils après l’entrée de l’aube. Si le Prophète ne leur
demanda pas de rattraper les jours non jeûnés, c’est parce qu’ils avaient agi
par ignorance.

C’est
pour la même raison qu’on ne demande pas au mécréant converti à l’islam de
rattraper les prières qu’il n’a pas effectuées pendant sa mécréance et sa vie
antérieure à sa conversion. Ce qui est différent du cas de celui  qui sait un acte obligatoire mais oublie de
l’accomplir car là, il (le Prophète) demandait à l’intéressé de faire l’acte
dès qu’il s’en souvenait. » Extrait de Madjmou
al-fatwas
(21/429-431).

As-Souyouti (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit : « Celui qui prétend ignorer
l’interdiction d’une chose qui intéresse la plupart des gens n’est cru que s’il
s’agit de quelqu’un qui vient de se convertir à l’islam ou s’il a grandi dans
une brousse lointaine où l’on peut ignorer des choses comme l’interdiction de
la fornication, de l’homicide, du vol , de la consommation du vin, du fait de
parler pendant la prière et du fait de manger pendant le temps du jeûne. »
Extrait d’al-Ashbaa wan-Nadhair,
p. 200.

Cela
étant, vous n’avez pas à reprendre  les
prières mal faites. Louanges à Allah qui vous a 
assisté à avoir la foi. Nous lui demandons pour vous et pour nous-mêmes
de nous assister à suivre la voie des partisans de la Sunna et du
Rassemblement.

Vous
devez contacter le centre islamique qui veille à la conscientisation des gens
et leur apprend les affaires de leur religion afin de connaitre
la juste religion et la manière de la pratiquer conformément à la voie des
ancêtres pieux. Veillez aussi à découvrir les sites qui se conforment à la voie
des partisans de la Sunna. Voir à toutes fins utiles les réponses données à la question n°
119755 et la question
164080.

Allah le sait mieux.