Ma femme travaillait comme vendeuse dans un magasin de vêtements féminins religieusement interdits. Allah soit loué. Car elle a abandonné ce travail. Elle doit naturellement percevoir des indemnités pour le travail déjà effectué. Ma femme et moi-même sommes entièrement et librement d’accord sur l’utilisation de cette somme pour couvrir les frais du pèlerinage de mes père et mère en dépit du fait que mon père, lui, a déjà fait le pèlerinage, contrairement à ma mère. Tous les deux sont d’un âge avancé. M’est-il permis d’agir comme déjà indiqué ou devrais-je plutôt me contenter de faire le pèlerinage en compagnie de ma femme, étant entendu que ma femme et moi-même désirions faire le pèlerinage l’année suivante, s’il plaît à Allah, et ne possédions aucune somme en épargne en dehors de l’argent sus-indiqué. ? Nous est-il permis d’utiliser cette somme pour le pèlerinage dans un cas comme dans l’autre. J’espère recevoir votre éclairage…
Louange à Allah
Premièrement, celui qui veut accomplir le pèlerinage doit se doter
de biens licites puisque de tels biens aident à obéir ( à Allah ) et détournent
de la désobéissance (à Allah). L’on craint que le pèlerinage accompli grâce
à des biens illicites ne soit pas agréé par Allah en vertu de la parole du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) : « Certes, Allah est bon et
n’agrée que ce qui est bon » (rapporté par Mouslim, n° 1015)/
Ibn Abdous (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a dit : « sachez que le pilier de la religion et son support consistent
dans une nourriture licite. Si l’on s’assure une nourriture licite, on a les
actions purifiées. Dans le cas contraire, on craint que ni prière ni jeûne ni
pèlerinage, ni djihad ni l’ensemble des autres actions ne soient pas agréées.
En effet, Allah, le Très Haut, le Béni a dit : « Allah n’agrée vraiment
que (les actes) des gens réellement pieux. »
Une fois, Omar, regardant des fidèles en prière,
dit : « la fréquence des mouvements de la tête vers le haut et le
bas ne me trompe pas. La vraie religion implique une pratique religieuse marquée
par le scrupule, l’abandon des interdits d’Allah et le respect de ce qu’Il a
déclaré licite et de ce qu’Il a rendu illicite ».
Ibn Omar a dit : « Les meilleurs pèlerins
sont ceux animés des intentions les plus sincères, ceux dotés du viatique le
plus propre et ceux mus par la certitude la plus inébranlable ». Voir al-madkhal d’Ibn al-Hadj, 4/210.
Il a été rapporté que certains imams (autorités
religieuses savantes) ont dit :
« Si tu fais le pèlerinage avec des biens
de provenance illicite
« Tu n’as pas vraiment fait le pèlerinage,
« mais c’est plutôt l’âne qui l’a fait !
Le vocable « iyar »
désigne la monture du pèlerin. C’est-à-dire : l’âne.
Dans Mawahib al-djalil, un commentaire
de Moukhtassar al-Khalil, 2/530, (il est écrit ceci) :
« Celui qui fait le pèlerinage avec des
biens illicites n’aura pas son pèlerinage agréé selon l’avis déclaré nettement
par plus d’un uléma. Cela est dû à l’absence de la condition d’agrément indiquée
dans cette parole du Très Haut : « Allah n’agrée vraiment que (les
actes) des gens réellement pieux ».
Un groupe d’ulémas a fait allusion au non agrément.
Parmi eux figurent al-Ghazali, al-Qarafi, al-Qurtoubi, et an-Nawawi. Al-Ghazali
attribue cet avis à Ibn Abbas, une autorité suffisante en la matière.
Cheikh Abou Abd Allah
Muhammad ibn Rousshayd al-Baghdadi dit dans son poème intitulé adh-dhahabiyya
et portant sur les rites du pèlerinage :
« Fais le pèlerinage avec des biens que
tu sais licites
« Méfie-toi de le faire avec des biens
illicites
« Quiconque accomplit le pèlerinage avec
de tels biens
« Aurait mieux fait, au nom d’Allah, de
s’en abstenir
« S’il dit à Allah : « me voici »
Allah lui répond :
« Puisses-tu ne jamais venir ; Nous
rejetons ton pèlerinage.
Deuxièmement, il n’est pas permis d’utiliser des biens illicites.
Pour se repentir de les avoir acquis, il faut s’en débarrasser en les dépensant
dans de des affaires religieusement bonnes.
Dépenser de tels biens au profit de tes parents
te profite puisqu’ils se substituent à la dépense obligatoire que tu leur dois,
ce qui n’est pas permis.
Troisièmement, si vous ne possédiez pas des biens licites suffisants
pour te permettre d’aller en pèlerinage en compagnie de la femme, attends de
pouvoir les acquérir conformément à la parole du Très Haut : «Et c’
est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’ aller faire
le pèlerinage de la Maison.» (Coran, 3 : 98).
Quand Allah vous aura gratifié de biens licites,
alors dépêchez-vous d’accomplir le pèlerinage…
Nous demandons à Allah d’agréer nos œuvres et
les vôtres et de nous aider à effectuer un repentir sincère. Allah le sait mieux.
