J’ai prié pendant une certaine période tout en me contentant de masser sur mes bottes (pendant les ablutions). J’avais oublié que l’une des conditions de la permission de ce massage est d’avoir mis les bottes suite à des ablutions. Quand je l’ai su, je ne porte plus des bottes avant de faire mes ablutions.
Ma question est la suivante: faut-il que je rattrape les prières et le jeûne non effectués, notamment les prières faites alors que je portais des bottes sans avoir fait des ablutions avant leur port? Il faut savoir que je ne connais pas le nombre des prières accomplies pendant que je portais des bottes sans avoir fait des ablutions?
Louanges à
Allah
Le massage
sur les bottes et gants est soumis à des conditions dont les suivantes:
-les porter
après avoir fait ses ablutions. Ceci repose sur le hadith d’al-Moughirah ibn Chouba (P.A.a) selon lequel quand il voulut retirer les bottes du
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) pour lui laver les pieds dans le
cadre des ablutions, il (le prophète) lui dit:«
Laisse-les car je les ai portées après avoir fait mes ablutions.» Moughirah massa dessus.» (Rapporté par al-Bokhari,206 et par Mouslim,274).
Si la
situation s’est présentée comme vous l’avez mentionnée et que vous avez massé
sur des gants portées alors que vous n’étiez pas en état de propreté rituelle parce que vous en ignoriez le
caractère obligatoire, vous n’êtes pas tenu de rattraper ce qui s’est passé
selon l’avis d’un groupe d’ulémas. Si toutefois vous pouvez rattraper les prières du passé,
c’est mieux et plus prudent.
Cheikh
al-islam, Ahmad ibn Taymiyah (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a dit: «Cela dit, si on omettait l’acquisition de
l’état de propreté obligatoire parce qu’on n’avait pas appris le texte allant
dans ce sens, comme si, par exemple, on mangeait de la viande de chameau sans
refaire ses ablutions avant d’apprendre
le texte qui rend la reprise des ablutions obligatoire dans ce cas ou comme si
on priait dans un giron de chameau avant d’apprendre le texte qui l’interdit, devrait
on reprendre les actes accomplis avant
d’apprendre les textes indiquant le contraire? La réponse
fait l’objet de deux versions reçues d’Ahmad.Un autre
cas pareil consiste à toucher son pénis et d’apprendre ensuite qu’un tel geste
nécessite des ablutions.
Ce qui est
juste dans toutes ces questions est que la reprise des actes du passé n’est pas
obligatoire. En effet, Allah pardonne l’erreur et l’oubli. Il a dit: «Nous n’avons pas à châtier avant d’envoyer un
message.» Celui qui n’a pas reçu le message du Messager (Bénédiction et salut
soient sur lui) à propos d’une affaire précise n’est pas tenu de respecter la
disposition la concernant.
Voilà
pourquoi le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) n’a pas donné à Omar
et Ammar, qui avaient tous les deux contracté une souillure, à cause de
laquelle le premier s’était abstenu de prier tandis que le second s’était roué
dans le sable en guise de purification, l’ordre de rattraper ce qu’ils avaient
raté. De même, il n’a pas donné à Abou Dharr l’ordre
de répéter ses prières quand, à cause d’une souillure contractée, il passait
des jours sans prier. De même encore, il n’a pas donné le même ordre à ce
compagnon qui continuait
de manger jusqu’au moment où il pouvait distinguer le fil blanc
du fil noir (dans une nuit du Ramadan). De même enfin, il n’a pas donné à celui
qui avait prié orienté vers Jérusalem avant de recevoir l’abrogation de cette
pratique l’ordre de refaire les prières du passé.
De ce
chapitre relève le cas de la femme confrontée à une perturbation de ses règles
et qui restait des jours sans prier puisqu’elle croyait qu’elle n’avait pas à
le faire. La nécessité pour une telle femme de rattraper les prières du passé
fait l’objet de deux avis: selon l’un , elle n’a pas à
rattraper les prières du passé d’après ce qui a été rapporté de Malick et d’autres car une femme se trouvant dans la même
situation s’adressa au Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) en ces termes:« J’ai eu des règles
extrêmement abondantes qui m’ont empêché de prier et de jeûner.» Il (le
Prophète) lui donna un ordre concernant ce qu’elle avait à faire dans le futur
mais ne lui a pas donné l’ordre de rattraper les prières du passé.» Extrait de Madjmou al-fatawa
(21/101).
Le musulman
a le devoir d’apprendre ce qui détermine la validité de ses pratiques
cultuelles et ses transactions. Ce niveau de connaissance représente une
obligation pour lui. S’en priver constitue un péché et une désobéissance (envers Allah). Voilà pourquoi il est
plus prudent de rattraper les prières du passé comme on l’a déjà indiqué.
Si vous
ignorez le nombre des prières, faites des prières correspondant au nombre que vous
croyez fortement être le bon. Si vous avez abandonné la prière et le jeûne
pendant un temps après votre atteinte de la majorité, vous devez vous repentir
devant Allah Très-haut sans être tenu de rattraper les prières et le jeûne.
Multipliez les prières et jeûne surérogatoire.
Nous
demandons à Allah Très-haut d’agréer votre repentir.
Allah le
sait mieux.
