Je transpire (beaucoup) en particulier pendant les jours chauds. Quand je le fais, la sueur se propage jusqu’à mon derrière. La sueur colle mes sous vêtements (à mon corps) ce qui pose un problème car parfois la couleur de la sueur se mélange avec celle légèrement foncée de la saleté qu’on ne détecte que quand on se trouve dans un endroit éclairé. Parfois le mélange dégage une odeur parfois on ne trouve que de la sueur. Parfois la couleur que produit le mélange persiste même après le lavage du vêtement.

Tout cela me plonge dans la perplexité. Devrais-je prier après avoir (fortement) transpiré ou pas? Faudrait il vérifier l’état des sous vêtements, même si cela est incommode? Que faut-il faire? Il faut savoir que le derrière transpire pour des causes anodines (comme la marche, le port de certains objets, le fait de se mettre débout sous le soleil…) Cette situation entraîne-elle la nullité de la prière? Comment juger mes prières du passé. Parfois la couleur s’imprime sans s’accompagner d’une odeur. Quelle orientation me donnez vous?

Louanges à Allah

Premièrement, ce qui s’accroche aux sous vêtements en fait de
traces sales dégageant une odeur 
provoquée par la sueur est habituellement minimes. C’est pourquoi on
n’en tient pas compte selon la doctrine hanafite et le choix de bon nombre de
maîtres sûrs.

Al-Kassani dit: «Il est impossible d’éviter les petites saletés.
Les mouches piquent des saletés puis s’accrochent aux vêtements de celui qui
prie alors que leurs ailles et leurs pattes sont légèrement entachées de
saletés. Si cela ne nous était pas pardonné, on serait gêné.» Extrait de Baddai
as-sanaai
(1/79).

Cheikh al-Islam Ibn Taymiya dit: «On pardonne le peu de saleté
comme le crottin d’une souri et consort. C’est un avis exprimé dans la
doctrine d’Ahmad. Si la boue de la rue se mélangeait avec de la saleté, on en
pardonnerait la petite quantité impossible à éviter.» Extrait d’al-fatawaa
al-koubraa
(5/313).

Cheikh Ibn Outhaymine dit: «Ce qui est juste c’est l’avis d’Abou
Hanifah suivi par Cheikh al-islam. Fait partie de petites saletés pardonnées
parce qu’impossible à éviter les sécrétions consécutives à l’énurésie qui se
manifestent en dépit du grand effort déployé pour les éviter.» Extrait de charh
al-moumt’i
(1/447).

Deuxièmement, ce que vous avez cité est d’autant plus négligeable
que la charia nous permet de nous nettoyer le derrière à l’aide de cailloux.
Pourtant on sait bien que les cailloux 
ne permettent pas d’obtenir une purification complète car après leur
usage il reste toujours des traces sales qui sont pardonnables.

Ibn Qoudamah dit: « On pardonne des saletés importantes en raison
de leur localisation. Cela concerne trois endroits: l’anus où l’on nous
pardonne ce qui reste après l’usage requis de trois cailloux. Ceci ne fait
l’objet d’aucune contestation à notre connaissance.» Extrait d’al-Moughni (2/486).

Al-Qarafi dit:  «Si les
traces qui persistent après le nettoyage de l’anus à l’aide de cailloux se
mélangent avec la sueur, on nous le pardonne 
car cela arrive à tout le monde et parce que les Compagnons se
nettoyaient puis transpiraient.» Extrait de adh-dhakiraa (1/211).

On lit dans charh Moukhtassar al-Khalil d’al-Kharchi (1/148)
«Si un organe transpire et mouille le vêtement, cela ne nuit en rien.»

Ibn Qoudamah dit : «C’est parce que les Compagnons avaient un
fréquent recours à l’usage de cailloux (pour se nettoyer après  la défécation). Leur pays étant chaud, ils ne
pouvaient pas ne pas transpirer. Pourtant il n’est pas rapporté qu’ils
cherchaient à l’éviter ..» Extrait d’al-Moughni (1/119).

Ibn al-Qayyim dit: «La plupart des Compagnons n’utilisaient pas
l’eau pour se nettoyer  ni en été ni en
hiver. Pourtant il était courant de transpirer 
de manière à laisser des traces sur le pagne. Le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) connaissait les endroits touchés mais il ne leur
donnait pas pour autant l’ordre  de les
laver. Ils ne le faisaient pas de leur propre chef non plus, bien qu’ils
fussent la meilleure génération, celle qui craignait Allah le mieux.« Extrait
de Badaai al-fawaid (4/1490).

Chihabouddine ar-Ramli, le chafiite, a été interrogé en ces termes
: « On se nettoie à l’aide de cailloux. Puis, si le bout du sexe touche un endroit
mouillé du corps au moment où on s’est mis à prier, la prière devient elle  nulle de sorte à nécessiter un nettoyage à
l’aide de cailloux plus du lavage de ce qu’on a constaté (la mouillure)? Voici
sa réponse: « Non , la prière ne devient pas nulle et l’on ne doit pas se
nettoyer  ni laver  l’anus car ils (les jurisconsultes) disent :
on pardonne les traces qui persistent après le nettoyage du derrière à l’aide
de cailloux même si cet endroit transpirait et que la sueur mélangeait les
traces avec d’autres éléments.» Extrait des fataawa de Ramli (1/33).

Cheikh Muhammad al-Moukhtar chinquiti dit: «S’il est établit que le
peu de saleté  qui s’accroche au derrière
et au sexe après le nettoyage effectué à l’aide de cailloux, si on transpire  ou si sa main couverte de sueur se déplaçait
( dans la région intime du corps) et toucherait l’endroit (le sexe?) si la
sueur se propageait dans les environs (du sexe) et passait aux sous vêtement ou
à la partie du pantalon contigu au sexe, cela est pardonné car si nous jugeons
que tout cela salit, les gens seraient plongés dans une telle gêne que seul
Allah , le Puissant et Majestueux sait.» Extrait de charh zad al-moustaqnaa
(23/4) selon la numérotation automatique de la Chamilah. Voir al-Moughni
d’Ibn Qoudamah (1/219).

En somme, les faibles traces de la sueur ne vous nuit pas, et votre
prière est valide. Assurez vous de bien nettoyer le derrière quand vous le
faites. Puis ne vous en souciez pas plus qu’il ne le faut  et au point 
de devenir en bute à des intrigues.

Allah le sait mieux.