L’imam de notre mosquée dit dans son sermon du vendredi qu’il ne convient pas de faire preuve de rigorisme dans la pratique de la Sunna car cela risque de diviser les musulmans alors que nous avons l’obligation de rester unis. Il a cité à titre d’argument le cas d’un bédouin qui se présenta au Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) et lui dit: « indiquez moi une action qui me permettrait d’entrer au paradis.» Il lui dit: «Adore Allah sans rien lui associer. Accomplis la prière obligatoire ,acquitte la zakat prescrite et jeûne le Ramadan.» Le bédouin reprit: «Au nom de Celui qui tient mon âme en Sa main! Je n’y ajouterai rien et n’en diminuerai rien.» Quand il s’en alla , le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) dit: «Que regarde celui-là quiconque voudrait voir un homme ( qui sera admis) au paradis.» Est-ce juste quand on sait que nous suivons la Sunna de le qualifier de rigoristes. Dites nous ce qu’i en est. Puisse Allah vous bénir.

Louanges à Allah

Premièrement, votre imam a proféré des propos faux et
inadmissibles. Il devrait craindre Allah son Maître et préserver sa langue de
paroles qui le plongent dans le péché.

La Sunna prophétique est l’enseignement du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) tiré de ses actes et propos. Comment la
Sunna pourrait elle diviser les musulmans? Qui est-ce qui les unirait alors, si
la Sunna était une source de division?

Si l’imam en question voulait dire la vérité, il dirait
plutôt que  l’observance de la Sunna unit
les musulmans et les rassemble. L’imam Aboul Mouzfir as-Sama’ani (Puisse Allah
lui accorder Sa miséricorde) a dit: «La cause de la cohésion qui règne au sein
des spécialistes du hadith provient du fait qu’ils ont appris la religion dans
le Coran et la Sunna en perpétuant leur transmission. Voilà pourquoi ils
restent soudés. Quant aux partisans des innovations, ils apprennent leur
religion par des méthodes rationnelles, d’où les divisions et dissensions qui
prévalent parmi eux.» Voir al-intissar li ahl al-hadith,p.47.

Cheikh al- Islam , Ibn Taymiyya (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «La
cause de l’union et de la cohésion consiste à cerner la religion et à
l’appliquer entièrement. C’est adorer Allah seul, sans rien Lui associer. C’est
aussi se conformer à son ordre intérieurement et extérieurement. La cause de la
désunion consiste à abandonner une partie de ce qu’Il a ordonné et à commettre
une transgression au détriment d’autrui.

Le rassemblement a pour conséquence de nous attirer la
miséricorde d’Allah, Son agrément, Sa bénédiction, le bonheur ici-bas et dans
l’au-delà et l’illumination des visages. La division a pour conséquence le
châtiment d’Allah, Sa malédiction, l’assombrissement des visages et le désaveu
par le Prophète.» Majdmou‘ al-fatawa (1/17).

Il dit encore (Puise Allah lui accorder Sa miséricorde): «
Tout ce qui s’inscrit dans la tradition (prophétique) entraîne la cohésion.
Tout ce qui est connu produit la connaissance. On rapporte que Malick (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «
Quand les connaissances diminuent, apparaît la méfiance. Quand les traditions
(rapportées des anciens) deviennent rares, les passions se déchaînent.» Dar‘ at-taaroudh,1/149.

Comment qualifier celui qui observe la Sunna de rigoriste
alors qu’il est demandé au musulman d’observer la Sunna et de suivre
l’enseignement du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui)? Que dirait
l’imam susmentionné des actes des compagnons (P.A.a)
qui avaient suivi la sunna de leur Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) de la meilleure manière? Comment l’imam jugerait il l’incident que voici: «
d’après Abou Said al-Khoudri,
le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) priaient un jour avec
ses compagnons. Brusquement, il ôta ses sandales  et les mit à sa gauche. Ayant vu cela , les compagnons jetèrent leurs sandales. Quand le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui termina sa prière, il
leur dit: « Pourquoi avez-vous jeté vos sandales?» Ils dirent: « Nous l’avons
fait après t’avoir vu faire le même geste.» Le Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) dit: « Certes , Gabriel s’est
présenté à moi et m’a informé que mes sandales portaient une saleté ou ordure..Si l’un d’entre vous arrive dans une mosquée, qu’il
vérifie l’état de ses sandales. S’il y constate une saleté ou impureté qu’il
les enlève, sinon qu’il  prie en les
portant.» (Rapporté par Abou Dawoud,650
et jugé authentique par al-Albani).

Voilà les compagnons du Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) qui ôtent leurs  sandales
pour le simple fait d’avoir vu le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui
en faire de même. Que feraient ils si le geste était une sunna ou un
enseignement à perpétuer systématiquement?

Deuxièmement, le fait de
critiquer ceux qui observent la Sunna du Prophète (Bénédiction et salut soient
sur lui) au point de les accuser d’extrémisme et de rigorisme est une nuisance
et un dénigrement. Allah le Très Haut a proféré des menaces à l’endroit de
celui qui se comporte de la sorte. En outre , celui-là
ressemble aux polythéistes qui s’étaient conduit de la même manière et à propos
desquels Allah Très Haut dit: «Et ceux qui offensent les croyants et les
croyantes sans qu’ils l’aient mérité, se chargent d’une calomnie et d’un péché
évident. » (Coran,33:58). Le Très Haut dit encore: «Les
criminels riaient de ceux qui croyaient, 
et, passant près d’eux, ils se faisaient des œillades, et, retournant
dans leurs familles, ils retournaient en plaisantant, et les voyant, ils
disaient :Ce sont vraiment ceux-là les égarés. » (Coran,83,29-32).

Cheikh al-Outhaymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Quand ils les voient» signifient:
quand les criminels voient les croyants, ils disent: «Certes, ceux-là sont
égarés» éloignés de la droiture, arriérés, extrémistes ,
rigoristes entre autres sobriquets. Ces devanciers ont des successeurs de notre
temps, avant et après. Il y a parmi les gens des personnes qui disent des
hommes de bien qu’ils ont des réactionnaires, des arriérés. Ils disent de
l’homme religieusement engagé qu’il est un extrémiste et un rigoriste. Bien
au-delà de tout cela , il y a des gens qui ont taxé
les messagers de magiciens et de fous. À ce propos Allah Très Haut
a dit: «Ainsi aucun Messager n’est venu à leurs prédécesseurs sans qu’ils
n’aient dit : «C’est un magicien ou un possédé«»! » (Coran,51:52).
Les héritiers des prophètes que sont les hommes du savoir et de la foi
recevront leur part des  mauvais
sobriquets et des moqueries et d’autres traitements de la même espèce. C’est
dans ce sens que les partisans des innovations et de la négation du sens réel
des attributs divins qualifient ceux parmi les ancêtres pieux qui affirmaient
ce sens  de «tautologistes»,
d’anthropomorphistes et de «comparaisonnistes» entre
autres sobriquets employés pour inspirer la répugnance  aux gens par rapport au droit chemin.» Liquaat al-bab al-maftouh,liqaa
n°30.

Troisièmement, l’extrémisme condamnable en matière de
religion consiste à faire de l’acte simplement recommandé une obligation ou à
faire de l’acte réprouvé un interdit. Le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) nous a mis en garde contre l’extrémisme religieux. Il nous a mis en
garde encore contre le rigorisme religieux. Mais l’extrémisme et le rigorisme
ne signifient pas application de la Sunna. Ils renvoient plutôt à l’altération
de leurs dispositions et l’exagération consistant à imposer une chose que la
religion n’impose pas ou à interdire une pratique que la religion n’interdit
pas.

Cheikh al-Islam , Ibn Taymiyya dit dans le
commentaire du hadith: «N’exagérez pas votre pratique religieuse car on vous
tiendrait rigueur. En effet, auparavant, des gens avaient exagéré et Allah a
aggravé leurs charges.. Voilà leurs vestiges dans les
monastères et couvents.»: «Dans ce hadith, le Prophète (Bénédiction et salut
soient sur lui) interdit l’extrémisme religieux qui consiste à s’imposer des
actes religieux non institués. Parfois cela revêt la forme de l’adoption d’une
pratique qui n’est ni obligatoire ni recommandé pour lui donner le statut d’un
acte cultuel recommandé ou obligatoire.

Il peut aussi consister à donner à un acte cultuel  qui n’est ni réprouvé ni interdit le statut
d’un acte réprouvé ou interdit. Il a expliqué cela en disant que les chrétiens
qui se sont imposé de dures pratiques ont été suivi
par Allah en cela au point qu’ils ont fini par tomber dans le monisme inventé.
Ceci attire notre attention sur la réprobation des comportements chrétiens qui
ont conduit au monisme innové.

Beaucoup de nos dévots se sont retrouvé dans la même
situation à cause d’interprétations tantôt excusables, tantôt  sans interprétations excusables. Le hadith
attire notre attention encore sur le fait qu’imposer un excès de rigueur à
soi-même peut être la cause de l’aggravation par Allah des ce qui est prescrit
ou prédestiné. S’agissant du premier, on peut donner l’exemple de ce que le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) craignait de son vivant au sujet
de l’aggravation des obligation ou de l’augmentation des interdits
, comme ce fut le cas quand les gens se rassemblèrent pour accomplir la
prière surérogatoire sous sa direction. C’est aussi le cas, chaque fois qu’on
l’interrogeait sur des choses qui n’étaient pas interdites. C’est encore le cas , chaque fois que quelqu’un forme le vœu  d’accomplir un acte d’obéissance, l’acte
devient obligatoire pour lui. Ceci  (le
fait de prendre l’initiative de s’imposer un acte)est
interdit. Il en est de même des actes expiatoires qui deviennent obligatoires
pour des causes (provoquées). S’agissant du devenir, nous avons souvent vu et
entendu que quelqu’un qui s’imposait des pratiques exagérées a fini par subir
des épreuves à cause de son exagération dans l’accomplissement des obligations
ou dans l’observance des interdits. C’est, par exemple, le cas de ceux qui sont
en bute à des instigations dans la purification. Quand ils dépassent ce qui est
demandé, on leur inflige des éprouves qui entraînent pour eux des charges
réellement pénibles.» Iqtidha as-sirat al-moustaquim,103-104.

Cheikh Ibn Outheymine (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son commentaire du hadith du
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) que voici: « Méfiez vous
de l’exagération en matière religieuse car rien d’autre que l’exagération n’a
entraîné la perdition pour vos devanciers.» (Rapporté par an-Nassai
(3059) et par Ibn Madja, 3029 et jugé authentique par
al-Albani dans Sahihi
an- Nassai
: « Dans ce hadith, le Messager
d’Allah met sa communauté en garde 
contre l’exagération, et indique qu’elle peut entraîner la perdition car
elle est contraire à la loi et et  a provoqué la perdition des nations
antérieures. On en déduit l’interdiction de l’exagération de deux manières. La
première consiste dans la mise en garde lancée par le Prophète, mise en garde
qui implique plus qu’une interdiction. La deuxième manière est qu’elle provoque
la perdition des nations comme elle le fit pour nos devanciers. Or tout ce qui
provoque la perdition est interdit.

En matière de pratique cultuelle, les gens se divisent en
deux extrêmes et un juste milieu car il y a ceux qui en font trop, ceux qui ne
font pas assez et ceux qui se situent entre les deux parties. La religion
d’Allah est entre les attitudes respectives 
de l’extrémiste et du laxiste. 
C’est qu’il faut c’est de nous imposer la pondération qui nous empêche
de verser dans l’un ou l’autre des extrêmes. Il n’est pas permis de tomber dans
un excès de rigueur et d’exagération ni de faire preuve de laxisme et
d’indifférence car il faut tenir le juste milieu.» Madjmou
fatawa
cheikh Ibn Outheymine
(9/367-368).

Quatrièmement, le hadith dont votre imam s’est servi
comme argument est cité par al-Boukhari (1333) et par
Mouslim (14). Il est donc d’une authenticité indiscutable.
Mais l’imam l’a mal compris. S’il en avait cerné les différentes versions et
écouté les commentaires des ulémas, il ne l’aurait pas utilisé comme argument dans
le sens qu’il lui a donné. L’une des versions d’al-Boukhari
dit: « Il lui a appris les lois de l’Islam» phrase qui englobe toutes les
prescriptions et recommandations de l’Islam.

Al –Hafizh Ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde) dit: «
Ses propos: «il se mit brusquement à l’interroger sur l’islam» signifie sur les
prescriptions  et recommandations de
l’Islam. Mais il est possible aussi que cela signifie qu’il l’a interrogé sur
le sens même de l’Islam. Si les deux professions de la foi ne figurent pas dans
le hadith, c’est parce qu’il savait que son interlocuteur les savait déjà ou
parce qu’il savait que ce dernier demandait les pratiques ou parce qu’il les a
mentionnées mais le rapporteur les a omises parce que assez connues.

Quant au pèlerinage, s’il n’est pas mentionné, c’est
parce qu’il n’était pas encore prescrit ou parce que le rapporteur a dû résumer
le hadith. Cette hypothèse est corroborée par une hadith cité par al-Boukhari dans le chapitre du jeûne par la voie d’Ismail
ibn Djaafar d’après Abou Souhayl
à propos du présent hadith quant il dit: «Le Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) lui apprit les pratiques de l’islam» ,
ce qui englobe toutes les prescriptions et recommandations.

Les propos: «Le Messager d’Allah (Bénédiction et salut
soient sur lui) a mentionné la zakat.» Dans la version d’Ismail ibn Djaafar, il est dit: «Dites moi ce qu’Allah m’a prescrit en
termes de zakat». Il dit: « Le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) lui apprit les pratiques de l’islam.» Cette version indique que dans
le récit certaines choses 
, comme les quantités à prélever au titre de zakat ,sont
résumées. Car elles ne sont pas détaillées dans les deux versions du hadith. Il
en est de même des noms des prières. Il paraît que la non mention de ces
éléments est dû , soit  au fait que tout
le monde les connaissait ou parce que le récit visait à expliquer que celui qui
observe les prescriptions dans l’ensemble sera sauvé , même s’il n’y incluait
pas les pratiques surérogatoires.

Si on rétorque en disant: « Le fait qu’il soit sauvé en ne
faisant rien de moins que c’est qu’il a appris, est clair, mais qu’en est il du
fait de ne rien y ajouter? An-Nawawi a répondu en
disant qu’on lui garanti le salut puisqu’il aura fait ce qu’il sera tenu de
faire. Or rien dans ce qu’il doit strictement faire n’implique que s’il en
faisait plus , il ne sera plus sauvé car si
l’accomplissement de ce qui est strictement obligatoire entraîne le salut , le
fait d’y ajouter le surérogatoire serait encore plus à même de lui garantir le
salut. » Fateh al-Bari (1/108).

Nous espérons que l’imam méditera sur l’expression « il
lui apprit les pratiques de l’Islam». Nous espérons qu’il méditera sur la conclusion des
propos d’al-Hafizh Ibn al-Hadjar
que nous avons cités, propos dans lesquels Ibn Hadjar
confirme les propos d’an-Nawawi selon lesquels le
salut dans l’au-delà est plus mérité par celui qui, en plus de
l’accomplissement des obligations, y ajoute des pratiques recommandées.»

Cinquièmement, nous vous recommandons l’observance des
ordres d’Allah Très Haut et des ordres de Son messager (Bénédiction et salut
soient sur lui). Nous vous conseillons encore 
d’appliquer les pratiques fortement recommandées et celles désirables
sans verser dans l’exagération et l’extrémisme. Il faut les enseigner avec
sagesse et selon un beau style. Il ne nous est pas permis de repousser les gens
à cause de l’aggravation de pratiques qui pourtant sont souples. Il ne faut pas
transformer les pratiques recommandées en obligations ni exagérer l’importance
des choses interdites aux gens, notamment à l’élite que constituent
l’imam de la mosquée, le mufti ou toute autre personne qui occupe un rang
élevé. Ecoutez tous ce conseil général qui provient d’un uléma distingué:

Cheikh Salih al-Fawzan (Puisse Allah le préserver) dit:«» vous devez
observer la Sunna du Messager d’Allah (Bénédictin et salut soient sur lui) avec
persévérance. Ne vous souciez pas des reproches ni des blâmes qu’on pourrait vous
adresser pour cela. Si vos père et mère vous reprochent votre observance de la
Sunna  et vous recommandent d’être moins
exigeant, ne leur obéissez pas à cet égard. Ne le faites surtout pas quand les sunan (pratiques) relèvent des pratiques obligatoires et
non de celles simplement recommandées, s’ils n’insistent pas trop. Si l’affaire
s’aggrave, il ne convient pas de leur obéir. Il faut plutôt résister et tenir
le juste milieu dans l’application des sunan et dans
leur pratique en évitant l’exagération, le rigorisme, le laxisme et la négligence.
Voilà ce qu’il convient de faire. Dans tous les cas, vous serez récompensé,
s’il plaît à Allah. Attachez vous à la Sunna du Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui). Essayez de convaincre celui qui vous fait des
reproches, notamment vos père et mère. Vous devez les suivre et leur faire
désirer les sunan et leur expliquer la récompense et
le bien qu’ils procurent à celui qui les observent. Peut être vont-ils alors
cesser de s’opposer à vous et de trouver votre conduite bizarre. Peut être
votre persistance sera –t- elle la cause de leur engagement à observer la
Sunna. Dans ce cas, vous aurez agi comme un prédicateur qui appelle à Allah, le
Puissant et Majestueux.

Nul doute que celui qui appelle les gens à Allah doit
commencer par ses plus proches donc ses père et mère. Quoi qu’il en soit , si votre observance de la Sunna n’est pas teintée
d’extrémisme et d’exagération, c’est alors une chose louable qui doit être
maintenue et prêchée auprès de vos père et mère et d’autres. Allah le sait
mieux.»

Al-mountaqua min fatawa Cheikh al-Fawzan (2/301-302).

Enfin, de même que le fait de transformer un acte
recommandé en un acte obligatoire ou de transformer un acte réprouvé en un acte
interdit ou vous imposer ce qu’Allah Très Haut ne vous a pas impose, de même,
c’est faire preuve d’une grande ignorance des fondements de la charia que de
négliger la grande base générale, à savoir la nécessité de faire prévaloir la
cohésion et l’affection entre musulmans, de les amener tous à s’accrocher à la
corde solide d’Allah, de mettre l’honneur de tout musulman à l’abri de
l’agression, de la nuisance et des coups. C’est encore faire preuve d’ignorance
que de négliger tout cela sous prétexte qu’il s’agit de choses recommandées
alors d’autres peuvent ne pas les voir comme telles et peuvent ne pas les
observer.

D’autre part, attaquer un musulman dans son honneur ou
dans ses droits sous prétexte qu’il a négligé ce qu’on observe soi-même (relève
aussi de l’ignorance). C’est ainsi que l’ennemi damné arrive à imposer sa
volonté aux croyants.. Comment si cela se passe dans
un pays d’immigration où l’on vit comme étranger et où l’on voit à travers nous
notre religion.

Mouslim rapport
dans son Sahih (2812) d’après Djabir (P.A.a) qu’il a entendu le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) dire: «Certes, Satan a
désespéré  de se voir adorer dans la
péninsule arabique, mais il se contente de monter des gens contre d’autres.»

Cheikh Ibn Taymiyya (Puisse
Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «S’agissant de la description de la
prière, elle englobe la question de la formule: au nom d’Allah, le Clément,
le Miséricordieux
  car une divergence
de vues oppose les gens à ce sujet; les uns affirment qu’elle est un verset à
part du Coran, et les autres excluent qu’elle le soit. Les premiers la lisent  et les autres l’omettent. Les deux groupes ont
écrit des livres dont certains laissent apparaître une sorte d’ignorance et
d’injustice alors que la question est peu importante. Faire preuve de parti
pris dans ces questions et d’autres de même nature conduit à la division et à
la discorde qui nous est interdite. La cause n’en est que le fait de favoriser
des pratiques opposées  au sein de la Umma. Autrement, cette question fait partie des questions
controversées les moins graves, n’eût été l’instigation satanique qui fait brandir
les slogans de la division.» Plus loin , il dit: « il
est recommandé d’abandonner les choses recommandées pour rapprocher les cœurs.
Car l’intérêt que représente le rapprochement des cœurs est lus
important que l’intérêt lié à cette pratique.

Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) avait
abandonné la modification de la Maison (Kaaba) parce que son maintien tel quel
était plus à même de rapprocher les cœurs . Ibn
Massoud reprocha à Outhman le non raccourcissement de
la prière en voyage. Ce qui ne l’empêcha pas de prier derrière lui et de dire
ensuite: « l’opposition (non justifiable) est mauvaise.» Madjmou
al-Fatawa
(22/405-409).

Allah le sait mieux.