Mon père est mort infidèle. Quelle est ma responsabilité à son égard ? Devrais-je l’enterrer et prendre en charge les frais de ses funérailles ? Devrai-je le laver et l’habiller ou pas ? A-t-il des droits sur moi à cet égard ?
Louange à Allah
D’après un hadith authentique
rapporté par Nadjiya ibn Kaab d’après Ali ibn Talib (P.A.a), ce dernier a dit : « J’ai dit au Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) : ton vieil oncle égaré (c’est-à-dire
son propre père, Abou Talib) vient de mourir. Qui
va l’enterrer ?
– va enterrer ton père.
– Je ne l’enterrerai
pas puisqu’il est mort idolâtre.
– Va l’enterrer. Et
puis ne fais rien d’autre avant de retourner auprès de moi.
–Je suis allé l’enterrer.
Ensuite je suis retourné auprès de lui avec des traces de sable sur moi. Il
me dit d’aller me laver et a fait pour moi des prières qui me sont plus précieuses
que tout ce qu’il y a sur la terre ».
As-Silsila as-Sahiha d’al-Albani, n° 161.
Al-Albani dit dans son commentaire
du hadith : « Il est institué que le musulman s’occupe de l’enterrement
de son proche idolâtre. Car cela ne l’empêche pas de détester l’idolâtrie.
Ne vois-tu pas qu’Ali a refusé au départ d’ensevelir son père en disant qu’il
était mort idolâtre. Il croyait que dans ce cas le fait pur lui de s’occuper
de son enterrement risque de l’entraîner dans l’alliance interdite dans la
parole du Très Haut : « Ne prenez pas pour alliés gens qui se sont
attirés la colère d’Allah ».
Mais quand le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a réitéré son ordre, il a vite obtempéré et abandonné
l’idée qu’il avait conçue. C’est de cette manière que l’on doit obéir :
l’on doit laisser son opinion pour se conformer à l’ordre du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui). Il me semble que l’enterrement du père ou de la
mère idolâtres est la dernière façon de faire preuve de la bonne compagnie
à leur égard. Une fois l’enterrement achevé, le fils n’a pas à implorer le
pardon pour le défunt compte tenu de la parole du Très Haut : «Il n’
appartient pas au Prophète et aux croyants d’ implorer le pardon en faveur
des associateurs, fussent- ils des parents alors
qu’ il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’ Enfer. »
(Coran, 9 : 113). S’il en est ainsi, que dire de celui qui implore le
pardon divin pour certains infidèles sur les pages des journaux et revues
dans le cadre des annonces de décès publiés pour empocher quelques sous ?
Que craigne Allah celui qui s’intéresse à son sort dans l’au-delà.
2/ La loi n’autorise pas un
musulman à faire la toilette mortuaire à un mécréant ni à l’habiller à lui
faire la prière des morts, fût il son proche parent parce que le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) n’en a pas donné l’ordre à Ali. Or si
cela était permis, il l’aurait expliqué compte tenu du principe bien établi
selon lequel il n’est pas permis de retarder une explication par rapport au
moment où l’on en a besoin. Ceci est l’enseignement de l’école hanbalite et
d’autres.
3/ la loi ne permet pas aux
proches parents du défunt de participer au convoi funèbre puisque le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) ne l’avait pas fait pour son oncle.
Pourtant il était le plus bienveillant à son égard et le plus compatissant.
Il avait invoqué Allah pour que le châtiment infligé à son oncle en enfer
soit le plus atténué.
Voilà qui doit faire réfléchir
ceux qui exagèrent l’importance de leur naissance et n’œuvrent pas pour préparer
leur séjour dans l’au-delà auprès de leur Maître. Allah l’Incompréhensible
a dit vrai quand Il a dit : «Puis quand on soufflera dans la Trompe,
il n’ y aura plus de parenté entre eux ce jour là, et ils ne se poseront pas
de questions. » (Coran, 23 : 101 ). As-Silsila As-Sahiha
d’al-Albani, p. 94.
