Pouvez-vous me donner une information concernant l’intérêt de dire « Assalamou alaykoum » ou « wa alayloum as-salam » ?

Louange
à Allah

Il
était de coutume chez les gens de se saluer par des formules de salutation
conventionnellesة
et chaque communauté s’y prenait à sa manière. C’est ainsi que les َArabes disaient en guise de salutation : « an
im saba’an
 » ou « animou saba’an » (ayez une matinée
bénéfique). Ils employaient le terme « anim » qui est une
bonne vie et le composaient avec le terme « sabah » car c’est
dans la matinée que l’on commence sa journée, et quand celle-ci se passe bien,
le reste de la journée peut se dérouler pareillement.

Après l’avènement
de la droite religion de l’Islam, Allah y a institué une manière de saluer
distinctive des musulmans et destinée à  leur usage exclusif. Il s’agit
de dire : « as-salamou alaykoum ». Cette phrase leur est
réservée à l’exclusion des autres communautés. Le terme « salam »
signifie : être à l’abri et bien protégé contre le mal et les défauts. As-salam
est aussi un grand nom d’Allah, le Puissant et Majestueux. Sur la base de
cette explication, le fait de dire « as-salamou alaykoum »
signifie « Allah vous observe et vous voit ». Ce qui implique une
belle leçon. La phrase signifie encore : la bénédiction du nom du Très Haut
vous profite.

Dans
Bada’al-Fawaid (144), Ibn al-Qayyim dit : «  Allah, le roi, le
Très saint a institué « as-salam » pour les adeptes de l’Islam
en guise de salutation. Elle leur convenait mieux que les salutations en usage
chez les autres communautés. Car elles contenaient des absurdités et des mensonges
tel que : « tu vivras mille ans ! » et des phrases ambiguës telles
que : « ayez une matinée bénéfique » et des actes indécents comme
la prosternation. Compte tenu de ces faits, la salutation utilisant le terme
« salam » convenait mieux que cela parce qu’elle contenait
le salut sans lequel aucune vie ne pourrait être menée heureusement. Le salut
préside à tout autre dessein car les desseins que le serviteur se fixe dans
la vie se réalisent grâce à deux choses : être sauvé du mal et obtenir le
bien. Le fait d’être sauvé du mal précède l’obtention du bien qui ‘y est lié.

Cela
étant, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a fait de la généralisation
du salut un signe de la présence de foi. A ce propos, Boukhari (12,28 et 6236
; et Mouslim (39) ; et Ahmad (2/169) et Abou Dawoud (5494) et Nassaï (8/107)
et Ibn Hibban (505) ont tous rapporté d’après Abd Allah ibn Omar qu’il a dit
qu’un homme avait posé au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) la
question suivante : «  Qu’est-ce qu’il y a de mieux en Islam ?


« Donner à manger et saluer ceux que l’on connaît et ceux que l’on ne
connaît pas » avait répondu le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui). Dans al-Fateh, Ibn Hadjar dit en guise de commentaire (1/56)
: « cela veut dire : ne réserve pas ton salut à une personne par orgueil
ou d’autres considérations superficielles, mais salue les gens en toute conformité
aux prescriptions de l’Islam et pour préserver la fraternité entre musulmans.

Dans al-Fateh,
(1/43), Ibn Radjab dit : « Dans le hadith, le Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) a réuni le fait de dispenser de la nourriture et la
généralisation du salut car c’est une manière de réunir la bienfaisance verbale
et celle pratique. Ce qui constitue la meilleure façon de bien faire. Cependant,
cela ne peut être considéré comme ce qu’il y a de mieux en Islam qu’une fois
les prescriptions essentielles et les obligations respectées.  

Dans
Ikmal-al-mu’allim (1/244) As-Sanoussi dit : «  Par salutation,
on entend le salut échangé entre les gens car c’est un moyen d’ancrer l’affection
et l’amour dans les cœurs comme le partage d’un repas. L’amitié peut connaître
un refroidissement et le salut peut alors y remédier. Le salut peut encore
transformer un ennemi en ami ».

Dans Ikmal
al-mu’allim
(1/276), al-Qadi dit : « C’est de la part du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) une manière d’exhorter à la réconciliation
des cœurs des croyants et d’expliquer que les meilleures mœurs islamiques
impliquent que règnent au  sein des musulmans la familiarité, l’échange
de salutations, l’affection et la consolidation de tout cela par l’acte et
la parole. Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) les y a invités
en prônant l’existence de relations d’amitié et l’usage de ce qui les favorise
comme l’échange de cadeaux,l’offre de nourriture et la généralisation du salut.
Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a aussi interdit tout ce
qui s’y oppose comme la rupture des liens, les clivages, l’espionnage, l’immixtion
dans les affaires d’autrui, le colportage et l’hypocrisie.

La familiarité
est une des prescriptions essentielles de la religion, un des piliers de la
loi et le moyen d’assurer la cohésion de l’Islam. Le fait de saluer celui
que l’on connaît et celui que l’on ne connaît pas prouve  que l’acte
est accompli pour complaire sincèrement à Allah le Très Haut et pas par simple
courtoisie ou par souci de complaire à ses connaissances. L’acte implique
encore une certaine humilité qui pousse à la diffusion du slogan de cette
communauté dont le mot clé est « as-salam ».

C’est
pourquoi le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a expliqué que
le salut entraîne l’affection, l’amitié et la fraternité comme l’ont rapporté
Mouslim (54), Ahmad, (2/391) et At-Tarmidhi (2513) d’après un hadith rapporté
par Abou Hourayra (P.A.a) qui dit : « Le Messager d’Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Vous n’entrerez pas au paradis avant
de croire et vous ne croirez pas vraiment aussi longtemps que vous ne vous
aimerez pas réellement. Voulez-vous que je vous indique une chose qui vous
permettrait de vous aimer sicèrement ? Généralisez le salut en votre sein.

Cela dit, le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) a expliqué la récompense de celui qui
dit : « as-salamou alaykoum » comme l’a rapporté An-Nassaï
dans Amal al-Yawmi wa al-Layla (368) et Al-Boukhari dans al-adab
al-moufrad
(586) et Ibn Hibban (493) d’après Abou Hourayra (P.A.a) qui
a dit qu’un homme était passé près du Messager d’Allah (bénédiction et salut
soient sur lui) qui se trouvait au sein d’une assemblée. Le passant dit :
«  as-salamou alaykoum » et le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) dit :  « dix bienfaits ». Puis un autre
passa et dit : « as-salamou alaykoum wa rahmatoullah » et
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : «  20 bienfaits ».
Puis un troisième homme passa et dit : « as-salamou alaykoum wa rahmatoullahi
wa barakatouhou
 »  et le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) dit : « 30 bienfaits ».

Le
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a donné l’ordre de rendre le
salut et en a fait un droit. A ce propos, il a été rapporté par Ahmad (2/540)
et Boukhari (1240) et Mouslim (2792) et an-Nassaï dans Al-Yawm wa allayla
(221) et Abou Dawouda (5031) d’après Abou Hourayra (P.A.a) qui a attribué
au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ce qui suit : « Le
musulman a vis-à-vis de son coreligionnaire 5 devoirs : lui rendre le salut,
s’enquérir de son état quand il est malade, participer à son cortège funèbre,
répondre à son invitation et prier pour lui quand il s’éternue ».

Il paraît que
l’ordre que véhicule ce texte revêt un caractère obligatoire et implique la
nécessité de rendre le salut. C’est parce que le musulman (qui vous salue)
vous a garanti la sécurité, et vous devez aussi la lui garantir pareillement.
C’est comme s’il vous disait : «Je vous offre la sécurité et le salut et attend
de vous le réciproque pour m’assurer que celui à qui j’ai adressé le salut ne 
pourrait pas me trahir ou se détourner de moi. » C’est pourquoi le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) a dit que le salut échangé met fin au
boycott réciproque. A ce propos, Boukhari, -(6233) a rapporté d’Abou Ayyouba
(P.A.a) que le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit
: «  Il n’est pas permis à un musulman de boycotter un frère musulman
au-delà de trois nuits de sorte que, quand ils se rencontrent, chacun se détourne
de l’autre. En fait, le meilleur des deux est celui qui prend l’initiative
de saluer ». Voilà un aperçu sur l’importance de saluer et de le rendre.
Allah le Très Haut le sait mieux.