L’usage du mot père pour désigner un uléma revient il à imiter les chrétiens arabes qui appellent les prêtres pères et les non arabes qui donnent le titre de Pape à leur autorité religieuses supérieure?

Louanges à Allah

Il n’ y aucun
inconvénient à utiliser  le mot père
en s’adressant à un  uléma ou un homme
très âgé puisqu’il s’agit de les assimiler au père biologique dans le respect
et l’égard qui lui sont dus et non dans la filiation.

Abou Dawoud
(8), An-Nassai (40) et Ibn Madjah
(313) ont rapporté d’après Abou Hourayrah (P.A.a) que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient
sur lui) a dit « Je suis pour vous comme un père; je vous instruits.» hadith
jugé bon par al-Albani dans Sahih
Abou Dawoud
.

On trouve dans le Coran
l’emploi du terme père  pour
désigner quelqu’un qui n’est pas le père biologique. C’est dans les propos du
Très haut: «Etiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à
ses fils: « Qu’adorerez-vous après moi? » – Ils répondirent: « Nous
adorerons ta divinité et la divinité de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac,
Divinité Unique et à laquelle nous sommes Soumis.»
(Coran,2:133). Ismail fait partie de ses oncles
paternels non de ses ascendants.

On trouve dans les
fatwas d’ibn Salah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) (1/186): «Est il
permis selon le livre saint et le hadith authentique l’emploi du mot père
pour désigner un autre que le père biologique?» Voici la réponse d’ibn Salah
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde): «Allah le Très Haut et Béni a dit: «Etiez-vous
témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à ses fils:
« Qu’adorerez-vous après moi? » – Ils répondirent: « Nous adorerons
ta divinité et la divinité de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, Divinité
Unique et à laquelle nous sommes Soumis.» (Coran,2:133)
Or Ismail fait partie de ses oncles paternels non de ses ascendants. Le
Transcendant et Très haut dit : «Il installa ses père et mère sur le trône.» Or
la mère de Josèphe était déjà décédée. Par mère on entend désigner sa tante
maternelle. L’emploi de père et mère pour désigner quelqu’un qui ne l’est pas
en réalité relève d’un style allégorique bien courant en langue arabe.

Appliquer cela au
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui), à un uléma ou à un cheikh est
acceptable aussi bien du point de vue linguistique que du point de vue
religieux. A ce propos Allah le Transcendant et Très haut a dit: «Muhammad
n’est le père d’aucun de vos hommes» alors que le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) dit dans un 
hadith  vérifié: « Je suis pour
vous comme un père; je vous instruits.»

Des ulémas soutiennent
qu’on ne dit pas que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) est le
père des croyants, même si on peut dire de ses épouses qu’elles sont les mères
de croyants, vu le hadith précédent. Dès lors on peut dire qu’il est comme un
père ou qu’il tient lieu pour nous de père mais on ne dit pas qu’il est notre
père. D’autres ulémas ont autorisé l’emploi de l’expression. La question fait
l’objet d’une vaste recherche pour les chercheurs. Il vaut mieux se prononcer
avec prudence…» Extrait remanié.

Chaffi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a précisé qu’il est permis de dire
que le Prophète est un père pour les croyants vu le respect qui lui est dû . Quant à la parole du très haut: «Muhammad n’est le père
d’aucun de vos hommes» elle renvoie à la filiation biologique.

Il n’y a aucun
inconvénient à employer le mot père pour désigner le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui). Le fait que les Chrétiens emploient le
mot n’y change rien puisqu’on interdit de s’assimiler à eux dans leurs
spécificités. Quant à cet usage, il relève de ce qui est commun aux arabes et
aux non arabes et qui prévalait avant même l’apparition des Chrétiens comme le
prouvent les propos du Très haut sur Ibrahim: « Il ne vous a imposé aucune gêne
dans la religion celle de votre père Abraham» (Coran,22:78).
Allah Très Haut l’a appelé ici le père des croyants.

Al-Qourtoubi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son Tafsir
(12/91): «Abraham est le père de tous les Arabes. On dit aussi que la parole
(votre père) est adressée à tous les musulmans, même s’ils ne descendent pas
tous de lui car le respect que les musulmans doivent à Abraham est comme celui
que le fis doit à son  père.»

Les gens ont toujours
employé cette expression dans leurs discours. Ils appellent pères
l’uléma, l’éducateur et l’homme âgé. Ceux-là disent au moins âgé qu’eux: fiston
et d’autres appellations.

An-Nawawi
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a consacré un chapitre de son livre
à la question et l’a intitulé: chapitre sur la permission, voire la
recommandation d’appeler fils quelqu’un qui n’est pas son fils biologique

Le statut de fils est
comme celui de père car l’usage traduit l’affection et la tendresse. C’est une
pratique courante, fût elle employée par les prêtres avec leurs fidèles car
cela ne leur est pas réservé, comme il est déjà dit.

Cheikh Abdourrahman al-Barak (Puisse
Allah le préserver) a été interrogé en ces termes: «il est répandu actuellement
une pratique qui consiste à employer le mot père pour désigner les
ulémas et les hommes importants en raison de leur âge, de leur savoir ou de
leur rang..Cette pratique
est elle permises quand on sait que les Chrétiens l’appliquent au Pape et à
leurs hommes jugés  grands pour leur
savoir et leurs rangs?»

Il n’
a été reçu ni du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)
ni de ses compagnons ni de leurs successeurs ni des ancêtres pieux l’emploi du
mot père pour désigner un uléma. Si quelqu’un méritait d’être appelé
père, ce serait le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui). Or
notre Maître a dit à son propos: «Muhammad n’est le père d’aucun de vos hommes
mais il est le messager d’Allah et le sceau des prophètes.» Voici sa réponse: «Louanges
à Allah. Nous ne sachions pas qu’un quelconque des ulémas  soit surnommé père. Cependant il est
courant dans certaines sociétés d’appeler l’homme âgé père, qu’il soit
uléma ou pas. On s’adresse à lui en disant: mon père ou père
. On utilise le mot encore en parlant d’un tel homme. Cela ne donne au
mot l’acception qu’il revêt chez les Chrétiens. Car ceux-ci le réservent à
leurs grands dirigeants religieux.

Quant à vos propos selon
lesquels le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) en dépit de
son importance et de son mérite et l’immense droit qu’il a sur les membres de
sa communauté n’est pas un père (pour eux) vu la parole du Très Haut: «
Muhammad n’est le père d’aucun de vos hommes» (Coran,33:40)
La filiation écartée ici est le lien biologique. Quant à celle qui traduit le
respect et la vénération, elle lui est reconnue comme l’indiquent cette
lecture: «Le Prophète a plus de droits sur les croyants qu’eux-mêmes: ses
femmes sont leurs mères et lui leur père.» (Coran,33:6).
La paternité et la maternité en question ici symbolisent respect et égard.
C’est dans ce sens que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit
: « Je suis pour vous comme un père» Il est même bien plus important car son
droit sur les membres de sa communauté est bien plus important que ceux de
leurs pères et mères  et les autres
d’après ses propos du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) «Nul ne
croira vraiment aussi long temps qu’il n’aimera pas plus que ses enfants, son
père et tous les gens.» (Rapporté par al-Bokhari, 14
et par Mouslim,44) Allah le
sait mieux.

En somme, il n’ y a
aucun inconvénient  à utiliser le mot père
en s’adressant à un uléma ou un grand cheikh, et cela ne revient pas à imiter
les Chrétiens.

Allah le sait mieux.