La Sunna comprend-elle des éléments d’information concernant la manière dont le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) entretenait sa santé, notamment sa peau et ses cheveux? Qu’en est il de penser à ce sujet? Que faisait-il pour mener une vie saine avec Aicha (P.A.a) ou une autre à titre d’exemple comme Khadidja (P.A.a) ou Fatima (P.A.a)? Comment menaient ils une vie saine?

Louanges à Allah

Allah Très-haut envoya Son
Messager Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) pour apporter la bonne
nouvelle et avertir et faire sortir les gens des ténèbres vers la lumière et
pour les guider dans la droit chemin. Il n’était pas un médecin chargé de
soigner les maladies physiques. Il avait reçu l’ordre de construire des
mosquées et non des hôpitaux. Il incitait les gens à employer le remède
spirituel que constitue le Coran. En effet, celui-ci soigne les cœurs et y
substitue la croyance à la mécréance, y fait remplacer la désobéissance par
l’obéissance et l’égarement par la bonne orientation.

Le Coran ne fut pas révélé
pour décrire des maux et douleurs, bien qu’il soit apte à  apporter la guérison aux cœurs et aux corps
selon les propos d’Allah Très-haut:« Pour ceux qui croient, il est une guidée
et une guérison.» (Coran,41:44) et :« Nous faisons descendre du Coran, ce qui
est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait
qu’accroître la perdition des injustes.» (Coran,17:82).

Chawkaani (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) dit:« Une divergence a opposé les ulémas au sujet de
la vertu thérapeutique du Coran. Deux avis s’en dégagent. Selon le premier, le
Coran guérit les cœurs en ce sens qu’il les débarrasse de l’ignorance, y efface
le doute et enlève le voile qui leur cache les signes d’Allah le Transcendant.
Selon le second avis, le Coran guérit les maladies apparentes grâce au recours
à l’exorcisme, à la recherche de la protection mystique, etc. Rien n’empêche
que la guérison coranique englobe les deux explications.» Extrait de Fateh al-Qadir
(3/362).Nul doute que cela fait partie de la bénédiction du Coran et de la
perfection de ses vertus.

Le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui) utilisait le Coran pour se soigner et exorcisait à
l’aide de formules religieuses et les recommandait aux souffrants. A ce propos,
al-Bokhari (5016) et Mouslim (2192) ont rapporté
d’après Aicha (P.A.a):«Quand le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) souffrait, il récitait les deux
Protectrices (sourates 113 et 114 du Coran) et soufflait (sur son corps). Quand
sa souffrance s’intensifia (au point qu’il devint incapable de le faire) je les
récitais à sa place et utilisait sa main 
pour lui masser le corps dans l’espoir qu’il profitât de la bénédiction
de la main.

Al-Bokhari (3371) a
rapporté qu’Ibn Abbas (P.A.a) a dit: «Le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) employait des incantations protectrices
au profit d’al-Hassan et Hossein et leur disait: «Il est vrai que votre père (l’ancêtre,
Abraham) les employait pour faire protéger Ismail et Isaac: «Je sollicite la protection
à l’aide des parfaits mots d’Allah contre tout démon, contre tout être
malfaisant et contre le mauvais œil.» Il demandait très souvent le bien-être
complet et en recommandait la demande. Il s’agit du bien-être qui affecte la
vie religieuse et la vie profane.

Abdourrahman ibn Abi Bakra dit à son père:

-« Je t’entend chaque
matin dire: monseigneur! Accorde – moi le bien-être physique. Accorde le moi
dans mon ouïe et dans ma vue. Il n’ y a point de divinité en dehors de Toi. Tu
le répètes trois fois au matin comme au soir. Puis tu dis: monseigneur! Je
sollicite Ta protection contre la mécréance et la pauvreté. Monseigneur! Je
sollicite Ta protection contre le châtiment de la tombe. Il n’y a pas de
divinité  en dehors de Toi. Tu le répètes
trois fois au matin et au soir?»

-«Oui, fiston! C’est parce
que j’ai entendu le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) les employer
et j’aime perpétuer sa pratique.» (Rapporté par Ahmad (19917) et par Abou Dawoud (5090) et jugé bon par al-Albani dans Sahihi Abi Dawoud.

Il arrivait au Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) de diagnostiquer une maladie et décrire
le traitement approprié sans utiliser le Coran ni recourir à l’exorcisme. Il
exhortait (les gens) à adopter un comportement (hygiéniquement) salutaire et à
éviter le contraire. A ce propos, Mouslim (1204) a
rapporté d’après Outhman (P.A.a)
que le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) disait à propos
du cas du pèlerin qui souffre d’un mal aux yeux: «Qu’il emploie la patience
comme bandage!»

Al-Hakim (7438) a rapporté
d’après Anas ibn Malick (P.A.a)
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) disait:« Quand l’un
d’entre vous souffre d’une fièvre, qu’il se douche trois nuits successives à
l’aube avec de l’eau fraiche.» (Jugé authentique par al-Albani dans asSahih (1310).

Al-Bokhari (5680) a
rapporté d’après Ibn Abbas (P.A.a) que le Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui) disait:« La guérison provient de trois
choses: une gorgée de miel, un coup de canif d’un guérisseur (traditionnel qui
évacue le sang vicié du corps) et la cautérisation. Mais j’interdits aux membre
de ma communauté cette dernière thérapie.

Fait partie des bonnes
règles qui concourent à la préservation de la santé et à la protection contre
les maladies, l’abandon de l’excès dans le manger poussé jusqu’ au gaspillage.
At-Tirmidhi (2380) a rapporté d’après Miqdam ibn Maadi Karib qu’il
avait entendu le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)
dire: «Le fils d’Adam (l’être humain) ne remplit pas un récipient pire que son
ventre. Il lui suffit quelques bouffées pour tenir debout. A défaut de pouvoir
s’en arrêter là, qu’il réserve un tiers de son ventre aux aliments, un autre
tiers aux boissons et laisse un troisième pour pouvoir respirer.» (Jugé
authentique par al-Albani dans Sahihi Tirmidhi.

Ibn al-Qayyim
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit: «Voilà un des traitements les
plus utiles au cœur et au corps. En effet, quand on a trop mangé, on a du mal à
boire. Si on boit malgré tout, on a du mal à respirer. Puis on est exposé à des
soucis et à la fatigue comme si on portait un lourd fardeau, en plus de ce que
cet état produit en terme d’ effets néfastes sur le cœur et de paresse
empêchant les organes de se livrer aux actes de piété et d’excitation des
plaisirs qui découlent de la satiété. Manger de manière à remplir son ventre
porte atteinte aussi bien au cœur qu’au reste du corps.» Extrait de Zad al-Maad (4/17).

Il s’agit d’affirmer que
le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) veillait à protéger sa santé
à travers quatre pratiques:

La première consistait à
s’exorciser grâce au Coran et à l’usage de formules de protection religieuses.

La deuxième consistait
dans le recours à l’invocation d’Allah notamment la demande du bien-être
complet.

La troisième le recours à
la prévention qui est préférable au traitement.

La quatrième l’emploi de
ce qu’Allah lui révélait en termes de méthodes thérapeutiques  et remèdes conformes à Sa volonté.

Quant à ses cheveux, il
veillait régulièrement  à les laver, à
les peigner, à les adoucir et les teinter. Il disait:« Que celui qui possède
une chevelure veille à bien la soigner.» (Rapporté par Abou Dawoud
(4163) et jugé authentique par al-Albani).

At-Trimidhi
(1851) a rapporté d’après Omar ibn al-Khattab que le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) disait :«Consommez de
l’huile d’olive car elle provient d’un arbre béni.» (Jugé authentique par
al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi).

Quant à son œil, il est
prouvé que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) y appliquait du
Kohl; trois fois à l’œil droit et deux fois à l’œil gauche. Ceci est rapporté
par Ibn Saad dans at-Tabaqaat al-koubra (1/376) et jugé authentique dans as-Sahiha (633).

At-Tirmidhi
(1757)  a rapporté encore d’après Ibn
Abbas que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «Usez du
kohol car il éclaire la vue et fait pousser les cheveux.» (Jugé authentique par
al-Albani dans Sahih at-Tirmidhi).

Pour connaitre les détails
(des pratiques thérapeutiques) du Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) nous vous recommandons de vous référer 
à l’ouvrage utile d’Ibn al-Qayyim intitulé Zaad al-Maad fii hady khayril
ibaad
, notamment le quatrième tome consacré à la
médecine prophétique. Nous vous recommandons encore de vous référer aux
chapitres consacrés à ce sujet dans le livre intitulé al-Aadaab
ach-chariyya wal minah al-mari’yya
du
hanbalite, Chamseddine ibn Mouflih.

Toutefois, Il ne convient pas
de s’occuper excessivement de ces choses car il faut faire de la vie future sa
préoccupation majeure car c’est ce qui est apte à nous sauver auprès d’Allah
l’Auguste le Majestueux.

Ibn Madja
(257) a rapporté d’après Abdoullah ibn Massoud (P.A.a)
que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit:« Allah s’occupe de
la vie présente de celui qui ne se soucie que de sa vie future. Celui qui se
laisse emporter par les soucis liés aux conditions de la vie d’ici bas, Allah le laissera périr dans l’un quelconque de
ses vallées.»  (Jugé bon par al-Albani
dans Sahihi Ibn Madja
(207).

Allah Très-haut le sait
mieux.