Quels sont le vêtements que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) portait habituellement? J’espère que vous apporterez un argument et nous citerez sa source.
Louanges à Allah
La Sunna et des
traditions mentionnent de nombreux vêtements que le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) portait. Elles indiquent en substance qu’il portait en
fait d’habits ce qui était jugé décent par son peuple. Il ne rejetait aucun
vêtement disponible et ne se donnait pas la peine de chercher ce qui ne l’était
pas. Il ne cherchait pas à se procurer des vêtements qui n’étaient pas à la
portée du commun et ne s’imposait pas un seul vêtement car il portait
différents types de tissus, à l’exception de la soie. Il préférait parmi les
types de tissu ce qui était joli et couvrait correctement (le corps).
L’érudit, Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a
rassemblé l’essentiel des hadiths qui décrivent les vêtements du Prophète
(Bénédiction et salut soient sur lui). Nous allons les citer succinctement car
nous ne voulons pas être longs en citant tous les hadiths relatifs au sujet
qu’il faut aller trouver dans les livres traitant de la Sunna, notamment les
chapitres consacrés à l’habillement et à la parure.
Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:
«Il (le Prophète) possédait un turban] morceau de tissu dont on
s’enveloppe la tête conformément à une pratique populaire répandue aujourd’hui
dans certains pays comme le Yémen et le Soudan[ On l’appelle sahab
(nuage). Il (le Prophète) en dota Ali. Il le portait sur un bonnet et se contentait
parfois de ce dernier comme il se contentait parfois du premier. Parfois encore , il laissait des pans de son turban descendre sur
ses épaules. C’est ce que Mouslim a rapporté dans son
Sahih d’après Amer ibn Harith
en ces termes: «J’ai vu le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur
lui) sur la chaire coiffée d’un turban noir dont des franges pendaient sur ses
épaules.»
D’après Mouslim encore, Djaber ibn Abdoullah a rapporté que le Messager d’Allah (Bénédiction
et salut soient sur lui) entra dans La Mecque coiffé d’un turban noir. Ce
hadith ne mentionne pas de pans. Ce qui
indique que le turban ne laissait pas descendre des pans sur les épaules tous
le temps. On peut dire encore qu’il (le Prophète) entra dans La Mecque en tenue
de combat donc porteur d’un casque. Aussi portait il à chaque endroit la tenue
appropriée.
Le Prophète
portait encore une tunique ] comparable à ce qui est appelé ainsi de
nos jours, ce qu’on appelle djellaba ou djilbab dans
certains pays.[ C’était son habit préféré qui était
doté de manches longues arrivant jusqu’aux poignés. Il portait encore un
vêtement long , ample dotés de larges manches et d’une
fente du côté supérieur. On le porte (habituellement) sur d’autres vêtements.
Il ressemble à nos jours à la toge que porte
le personnel enseignant de l’université al-Azhar.
Voir al-mou’djam al-wassit
(1/104[
Il portait
encore un vêtement dit al-farroudj manteau à porter sur d’autres vêtements et
sur lequel on porte une ceinture. Voir al-mou’djam
al-wassit
(2/713). Il portait en voyage une chemise aux manches serrées. Il
portait al-fardjiyya, Voir al-mou’djam al-wassit (2/679), c’est l’ample vêtement doté de longues manches que
portent les ulémas de la religion. Il s’habillait encore de deux pagnes à l’instar des pèlerins
de nos jours. Selon al-Waquidi, ses pagnes étaient
d’une longueur de six coudées X trois coudées et un empans.
Son pagne inférieur était un tissu d’Oman d’une longueur de quatre coudées et un empan X deux coudées
et un empan et d’une largeur de deux coudées X un empan. Il portait un costume
rouge composé de deux pièces. Le terme hulla
n’est usité que pour désigner un vêtement composé de deux pièces. Certains ont
commis l’erreur de croire que le costume était complètement rouge. Il ne
s’agissait que d’un costume composé de deux pièces yéménites tissés avec l’emploi de fils rouges et noirs,
comme les autres tissus yéménites. Le vêtement conserve encore ce nom à cause
de ces lignes rouges. En matière vestimentaire, Le rouge pur est frappé d’une interdiction aggravée. Il
portait un vêtement coloré et un vêtement simple et portait un habit noir et un
habit en fourrure doté de manches aux extrémités cousues avec des fils de soie
légers.
Abou Dawoud et imam Ahmad ont rapporté, chacun selon sa chaîne
de transmission des hadiths, d’après Anas ibn Malick
que le souverain byzantin offrit au Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) une dalmatique confectionnée avec de la soie légère et il le portait.
C’est comme si je voyais encore ses deux mains trembler. Selon al-Asma’i les habits dits massatiq
sont en fourrure et dotés de longues manches. Selon al-Khattabi,
il semble que l’habit en question avait des manches cousues avec des fils de
soie légères car la fourrure à elle seule n’est pas de la soie.
Il acheta des
pantalons apparemment pour les porter . On a rapporté
plusieurs hadiths indiquant qu’il en a porté et autorisa les gens à le faire.
Il portait des bottes et des sandales dit taasouma,
et une bague tantôt à sa main droite, tantôt à sa main gauche selon des
versions toutes authentiques. Il portait un casque dit khoudha
et un bouclier dit zadiya et porta le jour ( de la bataille ) d’Ouhoud deux
boucliers.
Selon le Sahih de Mouslim, Asma fille d’Abou Baker dit: «Voici le manteau du Messager
d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) elle sortit un manteau de type
persan aux bordures et ouvertures parées. Elle ajouta: ce manteau fut conservé
par Aicha jusqu’à sa mort après quoi je l’ai récupéré. Le Prophète (Bénédiction
et salut soient sur lui ) le portait et nous, nous le lavons et donnons l’eau ayant
servi au lavage aux malades afin de les guérir.»
Il possédait
deux écharpes vertes ] la
bourda est un vêtement marqué de traits et ouvert du côté supérieur, qu’on se
met sur les épaules . Il ressemble à un manteau rayé
même s’il est plus petit. On le porte sur
ses vêtements où le met sur ses épaules. Il ressemble encore à l’habit
dit Kisaa[.
Il possédait un
habit noir, un riche habit rouge et un habit de poils. Il possédait une courte chemise en coton de manches courtes.
Quant aux vêtements dotés de longues et larges manches, il n’en portait pas.
Ses compagnons, non plus , n’en portaient jamais. Leur
port est donc contraire à la Sunna, et sa licéité est discutable car il est un
signe d’orgueil.
Il préférait en
matière d’habillement la chemise et un habit dit habra,
une sorte de manteau rayé tirant sur le rouge. Le blanc était sa couleur
préférée. Il disait à ce propos:« Ils (les vêtements blancs) sont vos meilleurs
vêtements. Portez les et utilisez les pour habiller vos morts.» Selon le Sahih, Aicha sortit un habit épais et un pagne grossier en
disant: voilà les habits dans lesquels le Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) rendit l’âme.»
Quant aux
écharpes dont on se couvre la tête et les épaules ou les épaules seules que bon
nombre de prêtres et rabbins portent aujourd’hui ( Voir
al-mou’djamal-wassit (2/553), il n’est pas
rapporté que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) ou l’un
quelconque de ses Compagnons les portaient. Bien au contraire, il est rapporté
de façon sûre dans le Sahih de Mouslim
à travers un hadith d’Anas ibn Malick selon lequel ,
évoquant l’anti-christ, le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui ) dit:
« Soixante-dix mille juifs d’Ispahan habillés de soutanes l’accompagneront.»
Quand Anas vit un groupe de gens porteurs de soutanes, il dit: qu’ils
ressemblent aux juifs de Khaybar! C’est là que réside la réprobation par un
groupe des anciens et des contemporains du port de cette robe.
La plupart des
habits qu’ils (le Prophète et ses compagnons)
portait étaient de coton. Il lui arrivait parfois de porter des habits en laine
ou de lin. Abou Isaac d’Ispahan a rapporté grâce à une chaîne vérifiée un
hadith reçu de Djaber ibn Ayyoub
selon lequel as-Salt ibn Rachid arriva auprès de
Muhammad ibn Sirine
porteur d’un habit en laine, d’un pagne en laine et d’un turban en
laine. Ceci inspira le dégoût à Muhammad et le fit dire: je crois qu’il y a des
gens qui s’habillent en laine et se disent que Jésus fils de Marie le portait.
Quelqu’un que je prends pour sûr m’a raconté que le Prophète (Bénédiction et
salut soient sur lui) portait des habits en lin, en laine et de coton. Or c’est
sa pratique vestimentaire qui mérite mieux que toute autre d’être adoptée.
Muhammad ibn Sirine entendait dire par là que des gens croyaient le port
systématique de vêtements en laine préférable ,
veillaient à le faire et interdisaient aux autres de faire le contraire. Ils
s’imposaient aussi une tenue unique et préféraient se soumettre à un rituel, à
des gestes et mouvements dont la violation était jugée condamnable selon eux.
Pourtant, c’est leur observance, leur perpétuation et leur non violation qui
étaient condamnable.
Ce qui est juste
c’est que la meilleure voie est celle que le Messager d’Allah (Bénédiction et
salut soient sur lui) a tracée, donné l’ordre de la suivre et exhorté les gens
à le faire et l’a lui-même suivie strictement. En d’autres termes, son
enseignement en matière vestimentaire consistait à se contenter du disponible
parfois en termes de vêtement en laine parfois de coton, parfois de lin. Il
portait des manteaux yéménites, et des manteaux verts. Il portait un vêtement
dit djoubba, une robe dite qaba,
une chemise, des pantalons, des pagnes, des bottes et des sandales. Parfois, il
laissait un pan de son turban descendre derrière parfois il s’en passait. Parfois il passait
une partie de son turban sous son menton .
Quand il
acquérait un nouveau habit, il en citait le nom en disant: Monseigneur, puisque
tu m’a fourni cette chemise ou pagne ou turban, je Te demande ce qu’il comporte
en bien et le meilleur de ce pourquoi il a été fabriqué. Et je te demande de me
protéger contre le mal qu’il comporte et qui pourrait découler de sa
fabrication. Quand il mettait un vêtement, il commençait par la droite.
Il portait du
velours noir, d’après ce que Mouslim a rapporté dans
son Sahih d’Aicha selon laquelle le Messager d’Allah
(Bénédiction et salut soient sur lui) sortit habillé d’un tissu fin de velours
noir. Les deux Sahih citent un hadith rapporté par Qatada qui a dit à Anas:
-« Quel était le
habit préféré du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui)?
-«Al-hibara: un habit importé du Yémen. La plupart de leurs
tissus était fabriqué au Yémen, un pays tout proche
d’eux. Ils portaient encore des tissus importés de la Syrie et de l’Egypte
comme le copte, un tissu en lin fabriqué par les coptes.»
Dans Sahih an-Nassai, il est rapporté
qu’Aicha avait confectionné pour le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) un habit en laine. Quand il le porta, il transpira, sentit l’odeur de
laine et l’ôta. Il aimait les bonnes
odeurs.
Selon les Sunan d’Abou Dawoud, il est
rapporté qu’Abdoullah ibn Abbas a dit:«J’ai vu le
Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) prier parfaitement
habillé.»
Dans les
Sunan d’an-Nassai, Abou Rimtha dit: «J’ai vu
le Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) prononcer un sermon
alors qu’il est vêtu de deux pièces vertes. Le manteau vert est celui qui porte
des trais verts comme la robe rouge (qualifié ainsi à cause de ses traits rouges).
Quiconque comprend que la qualification
de rouge signifie d’une rougeur pure, peut aussi se dire que le manteau
qualifié de vert l’était purement, ce que personne n’a dit.» Voir Zaad al-Maad
(1/135-145). Voir un résumé sur les dispositions régissant le habillement dans
notre présent site dans la réponse
donnée à la question n° 36891.
Celui
qui voudrait voir les photos et les noms des habits susmentionnés peut se
référer au live intitulé: habillement et parure selon la Sunna purifiée
par Muhammad Abdoul Karim al-Qadi. Pour avoir une
connaissance détaillée des habits en question, il est possible de se
référer au livre intitulé al-mou’djam al-arabi li
asmaa’ al-malabis par Radjab Ibrahaim et le live
intitulé al-mou’djamal-moufassal bi asmaa al-malabis indalarabe par l’orientaliste Douzi
Reinhardt. Nous nous y sommes référé pour reproduire
par écrit des éléments permettant d’illustrer la forme authentique des
vêtements.
Allah le sait mieux.
